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L'Eglise catholique, l'avortement et l'excommunication PDF Imprimer Envoyer

Sample ImageEn crise, l’Eglise catholique donne des raisons regrettables de s’inquiéter pour elle en ce moment. Même les évangéliques s’en préoccupent. Après l’affaire en février d’un intégriste antisémite, dont le Pape a levé l’excommunication, voici celle de l’archevêque d’Olinda et de Recife au Brésil. Celui-ci a excommunié une équipe de médecins et une mère qui a demandé que sa fille de neuf ans se fasse avorter à la suite d’un viol. Cette excommunication, qui est une caricature du légalisme dénoncé par Jésus, a finalement été critiquée par une partie de la curie au Vatican le 15 mars. Voici notre explication, puis une mise en perspective par Bernard Rivière, prêtre catholique.

 

Dieu est amour. C’est la Bible qui le dit. Lisez par exemple la première lettre de Jean chapitre 4. Le Dieu amour, c’est ce que s’évertuent à expliquer des prêtres et pasteurs comme un seul homme tous les dimanches. Tous les chrétiens, qui confessent Jésus dans leur vie, savent que la personne de Dieu est amour.
Mais voici qu’au nom de la Bible sont prises des décisions qui expriment tout sauf l’amour de Dieu. Le 5 mars, Monseigneur José Cardoso Sobrinho, archevêque d’Olinda et de Recife au Brésil, a prononcé l’excommunication de la mère d’une fille de neuf ans qui a bénéficié d'un avortement après avoir été violée par son beau-père de 23 ans. Sobrinho, alias « Dom Dedé », a aussi Sample Imageexcommunié toute l’équipe médicale qui a pratiqué l’avortement. Pour lui, cet avortement est « contre la loi de Dieu ».
Or il y a deux problèmes. Cette interruption volontaire de grossesse est légale aux yeux du législateur brésilien, pourtant très strict, pour deux raisons : la fille a été violée et la grossesse mettait en danger la vie de cette fille. L’autre problème est celui, médical, qui concerne directement le principe biblique du devoir de sauver des vies : si la fille avait accouché, elle aurait pu mourir, elle et les jumeaux qu’elle portait. Si on suivait le conseil de « Dom Dédé », on prendrait ce risque-là. Au nom de l’Eglise instituée par Saint Pierre, une fille de 33 kilos et qui mesure 1,36 mètre et dont les organes ne sont pas développés devait être soumise à d’atroces souffrances et probablement mourir. Ce serait la volonté de Dieu, d’après l’archevêque. Le cardinal Battisti Re, préfet de la congrégation pour les évêques, grand ami du pape Benoît XVI, a soutenu l’archevêque comme un brave combattant dans la lutte "pour la vie". A titre de comparaison, le Comité protestant pour la dignité humaine, qui est hostile à l'avortement entre autres, a indiqué le 12 mars qu'il préférait qu'on sauve une vie plutôt que de prendre le risque que trois personnes meurent.
Si on voulait une illustration précise de ce qu’est le fameux « fondamentalisme » dont parlent souvent les médias, on pourrait se servir de ce cas du Brésil. C’est l’interprétation littérale et stupide d’un texte biblique qu’on n’a pas compris. La preuve en est que l’on utilise le nom de Dieu non pas pour répandre la bonté, l’amour, la justice, l’intelligence, la sagesse de Dieu, mais au contraire la cruauté. C’est une perversion.

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Qu’en dit la Bible au juste ? Pas grand-chose. A l'époque où les livres composant la Bible ont été écrits, on ne théorisait pas beaucoup sur l'avortement, probablement parce que les moyens étaient plus limités qu'aujourd'hui. Une règle de base est évidemment la parole : « tu ne dois pas tuer ». Mais à partir de quand, combien de mois, "tue"-t-on lorsqu'on pratique l'avortement ? Un des passages les plus fréquemment mis en avant est le psaume 139, versets 13 à 16. On peut en retenir que la relation avec Dieu commence bien avant la naissance. Et dans le psaume 51.7, il est question de notre nature de pécheur dès l’instant de la conception, ce qui signifierait que notre vie commence donc bien à cet instant. Par ailleurs, on aime utiliser le début de l’évangile de Luc, notamment Lc 1.15 et 1.41-44. On y apprend que Jean-Baptiste est rempli du Saint-Esprit avant sa naissance. Mais où exactement est-il écrit qu’il faut être prêt à risquer la vie de la mère, voire l'obliger à mourir au nom du combat "pour la vie" ? Que dit la Bible du cas présent ? Rien.  Tout ce que l'on peut dire est que la Bible considère toute la vie d'un être humain. Cette vie ne se termine pas à la naissance.
Quant à l’excommunication, il faut savoir que la Bible n’est pas très prolixe, là non plus. Dans Matthieu 18.15-18, on trouve à peu près tout l’enseignement qui nous concerne. Jésus y explique, en gros, ceci : si un frère refuse d’écouter alors qu’il a péché, il faudrait l’annoncer à l’Eglise. Et s’il refuse toujours, « qu’il soit pour toi comme un non-Juif et un collecteur des taxes ». (Lc 18.17) L’interprétation de cette idée n’est pas forcément évidente.

Dans l’Eglise catholique, une excommunication concerne uniquement les catholiques baptisés. Elle signifie en principe qu’on est exclu non pas de l'Eglise mais de tout sacrement. Le lien avec Jésus qui ne jugea pas la femme adultère dans l'évangile de Jean (Jean 8.1-11) n'est pas clair. Il s'agit de la punition la plus lourde qui puisse être infligée à un catholique. Pour l'avortement, elle est en principe automatique. Idem pour pour les "hérétiques" (c'est-à-dire surtout les protestants aux yeux de l'Eglise catholique...). Alors que ni les violeurs catholiques, ni les antisémites catholiques, ne sont excommuniés. Le droit canonique offre quand même des nuances et des marges d'interprétation. Et, puis, rappelons que l'excommunication est une décision révocable ; elle invite à la repentance.

Dieu merci, la décision de l’archevêque brésilien a suscité un tel émoi dans l’opinion publique et chez le président Lula lui-même, catholique pratiquant, ainsi que chez d’autres évêques, que le Vatican a fini par intervenir. Il faut dire que la situation devenait intenable. « Dom Dedé » a notamment déclaré que « le viol est moins grave que l’avortement ». Et si le beau-père de 23 ans était certes un violeur, « Dom Dedé » a sérieusement invoqué le fait que ce jeune homme était quand même « contre l’avortement ». La Conférence des évêques brésiliens a désavoué l'archevêque le 12 mars en déclarant que la mère avait été manipulée et n'était donc pas excommuniée. Puis, le 15 mars, la décision de l’archevêque a été dénoncée par l’Académie pontificale de la vie. Ni la mère, ni les médecins (sauf ceux qui pratiquent régulièrement l’avortement quand ce n’est pas absolument nécessaire) ne seraient donc plus excommuniés. Dans une tribune à Osservatore Romano, Monseigneur Rino Fisichella, président de ladite académie, adresse ces mots à la fille de neuf ans : « Nous partageons avec toi la souffrance que tu as éprouvée, nous voudrions tout faire pour te rendre la dignité dont tu as été privée et l'amour dont tu auras encore plus besoin. Ce sont d'autres personnes qui méritent l'excommunication et notre pardon, pas ceux qui t'ont permis de vivre et t'aideront à retrouver l'espoir et la confiance. Malgré la présence du mal et la méchanceté de beaucoup. »
On peut être ému par ces paroles. Nous le sommes. Mais c’est aussi parce que nous sommes agréablement surpris d’entendre justement des mots d’amour, sains et pleins de bon sens qui sortent de la bouche d’un responsable du Vatican. Enfin un discours humain, audible ! Lorsqu’il s’agit d’avortement et de sexualité vus par les vieux monsieurs à Rome, on s’attend à tout sauf à la compréhension des réalités concrètes. Hélas. Alors que l’on sait que des prêtres catholiques en France sont très souvent sollicités pour accompagner spirituellement celles qui avortent. Des femmes, en détresse, qui ne sont généralement pas excommuniées pour autant. Ces prêtres et évêques ne sont pas là pour juger les autres, mais pour les aider, les servir même. C'est ce qu'ils font et c’est cela que Jésus voulait nous apprendre à faire.

A ce sujet, voici une lettre ouverte du 12 mars de Monseigneur Gérard Daucourt, évêque de Nanterre (92), à son collègue à Recife. Elle contient une étonnante et très juste référence à la proximité avec les chrétiens évangéliques à ce sujet.

Monseigneur,

Vous avez récemment tenu à déclarer publiquement l'excommunication d'une mère de famille qui avait fait avorter sa fillette de neuf ans, enceinte de quatre mois, après avoir été violée depuis l'âge de six ans par son beau-père. Vous avez décidé aussi publiquement l'excommunication des médecins qui ont pratiqué cet avortement. Je réagis donc publiquement à votre intervention par cette lettre ouverte.

Je vous rassure tout de suite : pour moi, l'avortement est la suppression d'une vie. J'y suis donc fermement opposé.

La mère de cette fillette a peut-être pensé qu'il valait mieux sauver une vie que de risquer d'en perdre trois… Peut-être les médecins lui avaient-ils dit qu'un petit utérus de neuf ans ne se dilate pas indéfiniment… Je ne sais pas. Ce que je sais, c'est que dans cette tragédie, vous avez ajouté de la douleur à la douleur et vous avez provoqué de la souffrance et du scandale chez beaucoup de personnes à travers le monde. Dans une situation si dramatique, je crois fermement que nous, évêques, pasteurs dans l'Eglise, nous avons d'abord à manifester la bonté du Christ Jésus, le seul vrai Bon Pasteur. Je suis sûr qu'Il aime cette mère et qu'Il cherche des hommes et des femmes pour l'aider à continuer la route en étant soutenue amicalement, spirituellement et, si nécessaire, matériellement. Je suis sûr qu'Il demande d'apporter de l'amour à cette fillette marquée à vie et à sa sœur aînée handicapée, elle aussi violée. Je suis sûr qu'Il demande à l'aumônerie de la prison de s'approcher du beau-père violeur pour qu'il se repente, se convertisse et redevienne un jour un homme véritable. Je suis sûr que le Christ estime aussi que, si vous le pouvez, vous parliez avec les médecins qui ont pratiqué cet avortement parce que, comme les quarante gynécologues et obstétriciens que j'ai rencontrés il y a quelques mois et dont je n'ai pas partagé nécessairement toutes les positions, la plupart d'entre eux apprécient d'être écoutés et d'entendre divers points de vue alors qu'ils vivent souvent des drames de conscience.

Monseigneur, aidons-nous les uns les autres pour être avant tout des hommes d'espérance en Dieu et en tout être humain !

Je suis en relation d'amitié et de collaboration avec beaucoup d'évangéliques qui sont tout aussi opposés que vous et moi à l'avortement. Ils ne proclament pas cependant de condamnation publique. Peut-être est-ce une des raisons pour lesquelles les communautés évangéliques attirent tant de catholiques aujourd'hui, en particulier au Brésil. Je constate que l'opinion publique ne comprend rien à l'excommunication. Elle la perçoit comme une condamnation des personnes et non une proposition de guérison et de conversion. J'estime donc que nous devons trouver d'autres moyens pour dire à nos communautés que le comportement ou les paroles de tel catholique ne sont pas en accord avec ce que l'Eglise comprend et croit de la volonté de Dieu.

Je ne vous cache pas non plus que je me demande aussi comment on peut dire que le viol est moins grave que l'avortement qui supprime la vie dans le sein d'une mère. Des femmes violées se sont confiées à moi. Certaines ont pu se redresser et avancer dans la vie avec le souvenir de leurs blessures qui ne disparaît jamais complètement. Mais d'autres, tout en étant physiquement vivantes, ont été tuées au plus profond de leur être et n'arrivent pas à revivre. La vie n'est pas que physique, vous le savez bien.

Je n'ai pas pu obtenir le texte complet de ce qu'a dit le Cardinal Re, mais le soutien que – selon les médias – il vous a apporté ne change rien à ma réaction pastorale. Pour la clarté des relations entre évêques, j'envoie un double de cette lettre à Monsieur le Cardinal Re.

Je vous prie de croire, Monseigneur, à mes sentiments attristés, mais aussi respectueusement fraternels, ainsi qu'à l'assurance de ma prière pour vous-même et ceux et celles qui, de loin ou de près, sont concernés par le drame de cette fillette.

 

Gérard DAUCOURT
Evêque de Nanterre

Le 12 mars 2009

 

Plusieurs évêques ont protesté ainsi. Ce qui montre deux choses : 1. Leur sens de la responsabilité. 2. La profonde crise de l’Eglise catholique. Car depuis quand les évêques catholiques dénoncent-ils leurs collègues avec des lettres ouvertes distribuées à la presse ?

Puisqu’il est très difficile pour un protestant, a fortiori évangélique, de comprendre et d’émettre des jugements sur cette crise, nous avons demandé à notre ami Bernard Rivière, prêtre catholique et bibliste à l’hebdomadaire Témoignage chrétien, de nous aider à mieux nous situer.

Voici son texte :

« Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise » (Mt 16, 18-19)

Cette Ecclesia dont les membres « se montraient assidus à l’enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières » (Ac 2, 42) fut l’œuvre de l’Esprit Saint, 50 jours après la Résurrection du Christ, à la Pentecôte, d’après le récit de Luc (Ac  2, 1).
A la pierre première ont succédé au cours des siècles de nombreux édifices qui nous enchantent encore aujourd’hui, cathédrales prestigieuses comme Chartres, Laon ou Paris, et surtout les innombrables églises et chapelles romanes ou gothiques de nos régions. Des bâtiments modernes, d’architecture plus ou moins heureuse, généralement faits de béton, sont nés ces dernières décennies dans nos villes et « cités ».
Ces édifices, pour l’immense majorité d’entre eux, ont traversé les siècles, sans fissures, sans drames, sans destruction. Ils sont offerts à notre contemplation…. et à notre espérance.

Je vois en nos cathédrales l’image de la foi d’un peuple, de la solidité de son espérance en un Dieu « qui est, qui était et qui vient ». Ces églises faites de pierre sont pour moi signe de la permanence éternelle de Dieu et de sa présence au cœur des hommes.

Signe, ô combien indispensable en ces temps où l’Eglise, celle qui n’est plus faite seulement de pierres, est plus belle encore parce que faite des hommes d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Et cette Eglise-là, ces Ecclesia, ces communautés, sont soumises à de rudes épreuves de nos jours. La tempête que traverse l’Eglise catholique romaine depuis quelques années n’est pas la première de son histoire : des oppositions entre Pierre, Jacques et Paul (cf les Actes des Apôtres) aux crises dites de l’Action Française dans les années 1920-30, des conflits, des drames ont émaillé les siècles, (les séparations diverses entre les « orthodoxes », les « protestants », les querelles théologiques, les Croisades et l’Inquisition…).

Les sociétés occidentales ont connu et connaissent encore des turbulences et des tempêtes de force 5 au cours des millénaires : inutile de les énumérer, tant elles furent diverses, violentes et souvent sanglantes. Ce qui caractérise notre époque contemporaine, au cours des 30 ou 40 dernières années, c’est d’une part la fréquence des crises, lesquelles ont affecté ou bouleversent encore la majeure partie des fondements mêmes de nos sociétés et d’autre part leur permanence.
L’armée, puissance ô combien respectée et forte, connaît en France, depuis la seconde guerre mondiale, une sorte de désamour causé par les échecs de la guerre d’Indochine, puis d’Algérie. Depuis la fin de la conscription à la fin du siècle dernier, la Grande Muette semble totalement inexistante ou à tout le moins étrangère à la vie des Français, à l’exception de quelques crises ou drames internes.

L’Ecole et l’Université, victimes de x plans de restructuration depuis Mai 68, ne répond plus à l’attente des usagers ni de l’ensemble de la société française : de son sein sortent des diplômés-chômeurs ou des chômeurs-diplômés. Les professeurs et instituteurs ne bénéficient plus d’aucune aura dans la population ; ils sont considérés comme responsables de l’ignorance présumée des jeunes.

La « finance », l’économie, l’entreprise sont affublées de tous les péchés capitaux ayant conduit à la crise mondiale.

La Justice, objet de toutes les attentes et de toutes les craintes des Français depuis Saint Louis, se trouve clouée au pilori dans toutes les couches de la société. Toute décision des tribunaux est contestée et se voit remise en cause en Appel, voire en Cassation. Même si les Français vont en prison pour un oui ou pour un non, « la Justice de notre pays » n’est plus ni intangible ni crainte.
La famille, dite « cellule de base de la société » pendant des siècles est soit déstructurée, soit  refondée ou recomposée, soit inefficace : elle perd aujourd’hui ses « bases » fondamentales.

La presse qui était réputée sérieuse, libre, audacieuse, se voit jour après jour l’objet des convoitises du pouvoir politique comme du pouvoir économique ; elle est discréditée auprès d’un large public.

Et que dire de ce qui devrait être dans nos démocraties le garant de l’ordre dans la société moderne, le Bien Commun incarné par le Politique ? Bafoués, ridiculisés, soupçonnés de corruption, qualifiés d’inefficaces, de profiteurs, d’incapables, de menteurs, de girouettes, les hommes et les femmes politiques sont rejetés et voués aux gémonies par une grande majorité des citoyens.

La parole de ceux qui ont en charge les grands corps qui fondent la société (président, ministres, responsables etc…) est inaudible, creuse, inefficace voire contre productive :  nul ne l’entend ni ne la respecte, parce que systématiquement rejetée !

Et voilà que depuis 3 ou 4 ans, ce qui paraissait encore être le dernier rempart solide dans le monde occidental, l’Eglise romaine, est à son tour très violemment secouée. Les bévues commises par son chef, le pape Benoît XVI depuis son élection sur le trône de Pierre, à la tête de l’Eglise, ont commencé à lézarder la barque (l’Eglise est souvent représentée dans les peintures par une barque) :
- l’élection inattendue et peu appréciée par bon nombre de catholiques;
- le fameux discours de Ratisbonne au sujet du rôle de l’islam dans l’histoire ; 
- l’affaire dite du Bon Pasteur à Bordeaux (réintégration de prêtres très proches de la tendance intégriste) ;
- la nomination malencontreuse et démission du nouvel évêque de Linz en Autriche à la suite de propos désastreux de celui-ci ;
- la relève de l’excommunication des 4 évêques intégristes, dont le fameux Williamson, conduisant à une remise en cause probable des heureux effets du Concile Vatican II ;
- les paroles et sentences insupportables de l’évêque de Récife approuvées par un cardinal de Curie au Vatican, concernant cette petite fille de 9 ans violée, ayant provoqué des réactions d’indignation dans tous les milieux religieux comme civils à travers le monde ;
- la lettre du pape lui-même aux évêques du monde entier qui, reconnaissant des erreurs et des disfonctionnements dans les services du Vatican, s’estimant pris comme bouc émissaire, en vient à chercher à se disculper avec une certaine maladresse.

Cette crise de l’Eglise revêt un caractère très particulier d’une part du fait que son chef lui-même est atteint, donc l’Eglise institution dans son cœur même, atteignant tous les chrétiens, les catholiques au premier chef.  Pour nos sociétés occidentales d’autre part, qui découvrent avec stupéfaction que toutes les grandes institutions y compris celle qui semblait la plus vaillante d’entre elles (malgré les problèmes qu’elle connaissait avant même le pontificat actuel) ont fait faillite, ou subissent des soubresauts tels, qu’elles ne peuvent sortir que profondément blessées, voire défaites.

Il est certain que la situation dans nos sociétés occidentales se débattant tant bien que mal au creux des vagues provoquées par la crise dite des subprimes n’avait pas besoin de celle-ci au sein de l’Eglise de Rome. Lors des débats attendus sur la question du capitalisme mondial à  la rencontre du G20 en avril prochain, planeront sûrement dans l’esprit des politiques la crise de l’Eglise romaine et de ses conséquences.

Bernard Rivière

Les photos proviennent toutes de flickr.com Creative commons. Elles ont été prises par creacomstuckincustoms, creacom, impactmatt.

Cet article a été mis en ligne le 16 mars 2009.

 

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