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Marche pour Jésus 2009 | La nécéssité de cheminer avec Dieu PDF Imprimer Envoyer

Sample ImagePlusieurs milliers de personnes ont participé à la Marche pour Jésus le 27 juin dans différentes villes françaises. A Paris, l’ambiance était festive, comme d’habitude, avec une participation importante de jeunes des banlieues. Mais à quelques encablures de là, une autre marche à rassemblé peut-être trente fois plus de participants : celle pour « les fiertés homosexuelles » (la "Gay Pride"). Ce jour-là, marcher pour Jésus était un acte à contre-courant. Cela nous a-t-il permis de cheminer avec Dieu ? Avons-nous été compris ? Découvrez notre analyse et nos photos.

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Les organisateurs avaient annoncé « 25000 chrétiens de 70 Eglises attendus dans les rues de la capitale ». Les journalistes ont même reçu ce message par SMS. Mais nous n’avons guère dépassé les 5 000. Alors qu’il faisait beau et que le parcours était parfait pour une agréable balade en ville, beaucoup de chrétiens ont préféré rester à la maison. Les 70 Eglises évangéliques si dynamiques ont-elles vraiment toutes joué le jeu ? Ou se posent-elles des questions par rapport à l'organisation de la marche, qui est loin d'être consensuelle ? A titre d'exemple, il y avait une organisation intitulée « la marche pour Jésus » à Strasbourg, une autre pour le reste de la France. Une division certes humaine, mais peu compréhensible pour ceux qui sont à l'extérieur, et même à l’intérieur, du petit monde évangélique français ! On sait par ailleurs que beaucoup de chrétiens, y compris certains évangéliques, n'aiment pas le côté exubérant des marches pour Jésus et ce type d’activisme qui ne correspond pas à leur façon d'évangéliser. Ce n’est pas un problème de fond, mais de forme.
Sample ImageOr, ce jour-là, les absents, qui ont toujours tort, se sont particulièrement trompés ! Les danseurs, les chanteurs et les musiciens ont fait de la marche un moment festif et positivement intriguant, voire séduisant, pour les curieux. Nous avons entonné des chants de louange « standard », mais il y avait aussi des musiques d’inspiration africaine et israélienne. La présence des jeunes de banlieues, essentiellement des noirs, a été impressionnante mais rassurante pour la façon naturelle et spontanée dont ils montrent et proclament leur foi. En marchant avec eux, nous n'avons pas eu l'impression de troubler les passants sur les trottoirs, bien au contraire. Après tout, ce n’est pas tous les jours que le message de l’évangile – LA bonne nouvelle ! - est exprimé sur un ton aussi joyeux et serein.

Sample ImageLes mots d'ordre lisibles étaient spirituels et non politiques. Nous Sample Imagen’avons pas vu de paroles qui témoigneraient d’une quelconque intolérance (contrairement à l’année dernière où certains tenaient à ridiculiser les athées). Les organisateurs avaient notamment misé sur « Le Roi vient », un message qu'on pouvait lire sur des t-shirts, des camions et des casquettes. On a vu également « le Roi revient». Souvent ces mots étaient accompagnés par une image d'une tête de lion en feu. Ce message est biblique. Mais est-il vraiment compréhensible pour ceux qui n'ont pas de culture biblique ? « Dieu est Sample Imageamour », autre vérité biblique que nous avons vue sur une banderole, semble autrement claire pour tout le monde, quoique très générale.
En tête de la marche, plusieurs personnes se servaient du shofar, un instrument à vent que l'on utilise toujours à la Marche Sample Imagepour Jésus. Et  comme chaque année, les sons et l'aspect de l'instrument ont pu donner une coloration folklorique à l'événement, du moins pour ceux qui ne connaissent pas la tradition. Pourquoi pas ? Mais ceux qui connaissent la Bible et les Sample Imagetraditions israéliennes se sont efforcés de comprendre le lien entre les Hébreux qui font tomber les murailles de Jéricho – car c'est de là que vient la tradition du shofar - et des chrétiens qui disent leur foi en Jésus dans les rues de Paris en 2009. Etions-nous donc en campagne pour conquérir la France, un peu comme Josué qui investit le pays de Canaan d’une façon sanglante ? Si nous avons effectivement envie d’évangéliser, nous nous interrogerions sur l’utilisation de ce parallèle. Jésus n’a conquis aucun pays, aucun territoire, mais il a enseigné l’amour du Père. Or l'attitude bon enfant et manifestement bienveillante des marcheurs tranchait singulièrement – et heureusement – avec une certaine lecture vétérotestamentaire. Sauf si on tient absolument à faire peur aux gens et à tous ces journalistes incultes qui voudraient qu'on corresponde à l'image qu'ils se font de nous, il convient, à notre avis, de faire attention à l’utilisation des symboles et des récits bibliques, surtout ceux qui exigent d’être interprétés.

Sample ImageCes interrogations sur le langage utilisé sont compatibles avec la course légitime à une bonne image médiatique. Si on veut influencer l'opinion publique dans un sens chrétien, il faut s'en donner les moyens.
Mais cette course aux médias, déjà réelle dans le monde évangélique, peut aussi devenir un but en soi, ce qui est embêtant à plus d'un titre. Sur plusieurs sites d'informations évangéliques, on s'intéresse davantage aux retombées médiatiques plutôt qu'aux rencontres faites lors la marche. La grande question de nos pasteurs et de nos journalistes engagés dans l’organisation de la marche n'est pas toujours celle de la pertinence des témoignages mis en avant pour les gens, mais l'impact médiatique. C'est un peu comme si les grands quotidiens disaient du bien de nous, alors tout irait bien. La question prioritaire ne devrait-elle pas être d’abord celle du témoignage adéquat ? « Marcher pour Jésus », c'est perçu comme une sorte de manifestation, à lire certains médias, y compris chrétiens. Mais cette marche qui évoque donc la foi n'aurait aucun sens, ni pour les marcheurs ni Sample Imagepour les autres, si elle n'était pas cheminement avec Dieu.

Questions utiles

Comment les marcheurs cheminent-ils ? Où vont-ils ? Veulent-ils porter témoignage de la présence de Dieu ou de la qualité de leur propre expression artistique ? Comment ? Est-on obligé de chanter et scander « Jésus t'aime » si on participe à cette marche ou a-t-on le droit de marcher simplement comme si on était en pèlerinage ? Y a-t-il de la place pour une expression plus discrète ? Peut-on simplement avoir pour but d’accueillir la présence de Celui qui accorde sa grâce selon son plan ? Telles sont les questions que les organisateurs doivent  se poser s’ils souhaitent vraiment donner à cette marche l'ampleur qu'elle devrait avoir.

Marche pour les "Fiertés" lesbiennes, gaies, bi et trans
Puis, il y a une autre question. Le même jour de la Marche pour Jésus a lieu la Marche des Fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans (LGBT). Ce n’est pas un hasard. Les organisateurs de la Marche pour Jésus ont décidé de faire concurrence à la Gay Pride qu’ils n’aiment pas. A un moment, cette année, près de Montparnasse, quelques centaines de mètres séparaient les deux cortèges. Ceux qui marchaient pour Jésus allaient vers l'Ouest. Les autres vers l'Est. S’il y avait à peu près autant de ballons par participant dans chacune de ces marches, il y avait une différence notable : ceux qui marchaient pour la « fierté » homosexuelle étaient vingt, trente, quarante fois plus nombreux que les marcheurs pour Jésus. 200 000 selon la police, un demi-million selon des médias de référence. Cette marée humaine de jeunes et de moins jeunes, essentiellement des blancs, souvent « branchés », parfois d'un goût vestimentaire discutable, avait l'air joyeuse, souriante. Nous avons été impressionnés, mais pas positivement, par des couples qui tenaient à exposer leur homosexualité, comme si c'était une valeur positive en soi. Nous avons dû rater l’argument.
Cette marche était par ailleurs revendicative au sens politique. Les organisateurs de la Marche LGBT exigent « l'égalité réelle ». Ils veulent notamment que les couples homosexuels aient les mêmes droits au mariage et à l'adoption d'enfants que les hétérosexuels. Ils sont soutenus par d’innombrables stars médiatiques, plusieurs ministres et par le maire de Paris, lui-même homosexuel. Ce sont des « victimes » étrangement puissantes.
Sample ImageBeaucoup de chrétiens – mais pas tous – critiquent leurs revendications. C’est notre cas. Nous pensons que le mariage est une institution que la société doit réserver aux couples hétérosexuels. Nous pensons aussi qu'un enfant doit idéalement être élevé par une maman et un papa (pas nécessairement biologiques). D’après nous, une société qui relativise l'altérité homme-femme et les « rôles » des papas et des mamans est en très mauvaise posture. Pourquoi ? Parce que l’altérité en question est un fondement capital de notre civilisation. Elle permet à l’individu de s’ouvrir à l’autre, notamment au conjoint, puis à l’enfant, donc à tout ce qui le dépasse. Un couple hétérosexuel peut être fécond et il peut toujours accueillir un enfant. Les couples homosexuels ne peuvent pas être féconds et il nous semble pour le moins problématique d’accepter le principe, qui serait même inscrit dans la loi, qu’un enfant puisse avoir deux papas ou deux mamans (dans la réalité, grise, il y aura toujours des exceptions, comme aujourd’hui). Le problème est éthique. Si on revendique son « droit » au mariage et à aux enfants au nom de sa propre sexualité (que personne n’aurait désormais le droit de critiquer), il y a au moins ce gigantesque dilemme de fond : on considère de facto qu’il existe un « droit à l’enfant ». Ce raisonnement, qui concerne aussi des couples hétérosexuels qui aimeraient pouvoir choisir un enfant parfait, si possible sur commande, est profondément malsain, car il remet en cause la nécessité – et le devoir sacré pour ceux qui croient en Dieu – d’accueillir tout enfant et toute vie inconditionnellement en respectant l’individualité de cette vie. A partir du moment où l’on choisit un enfant pour se réaliser soi-même, non pour se donner soi-même, on remet en question le principe même de la vie, qui est un don et qui ne vient pas de nous. Quant au choix délibéré de priver un enfant d’une maman ou d’un papa, comme si les rôles des mamans et des papas étaient tout relatifs et discutables, et en préparant sciemment dans certains cas la séparation avec la mère biologique qui doit accepter une indemnisation pour avoir prêté son utérus, il nous semble qu’il s’agit là d’une forme de perversion propre à notre temps.
Sample ImageMais devrions-nous donc faire de la Marche pour Jésus une sorte de manifestation contre les droits des homos ?! Ce serait affligeant, à notre avis. Il y a d'autres forums pour cela. A la rigueur, les chrétiens pourraient – et devraient ! – soutenir certaines revendications de ceux qui participent à la marche des fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans. Si on ne voit pas en quoi ces gens devraient forcément être « fiers » de leur sexualité, il faut dire à haute voix qu’ils sont parfois victimes du regard des autres et aussi d’une certaine discrimination au travail. Cette violence psychologique est intolérable. Mais surtout, sortons ces gens, et nous-mêmes si nous en sommes obsédés, de la prison de « l’identité » sexuelle et apprenons à nous intéresser aux choses importantes dans la vie ! Dieu ne nous a pas donné une « identité » sexuelle. Il nous a donné une sexualité, qui peut évoluer. Les nombreuses personnes qui se croient homosexuelles – ou hétérosexuelles ! - à tout jamais mais qui refusent de reconnaître l’évolutivité de la sexualité se trompent cruellement et trompent les autres. Le souci de dire tout cela, de protéger l’intégrité des homosexuels quand ils sont victimes de l’injustice et d’accepter aussi le dialogue plutôt que la confrontation stérile devrait être plus important que le projet d’exprimer tacitement, le temps d’une manifestation, le désaccord de fond que l’on peut avoir - et que nous avons - avec les militants du lobby homosexuel.

Sample ImageUn autre jour que la Gay Pride
Une solution permettrait de sortir de ce dilemme : organiser la marche pour Jésus un autre jour que la « Gay Pride ». Les chrétiens sont généralement mauvais dans la réaction et la revendication politique. Mais ils sont forts quand ils travaillent avec leurs propres défauts pour accueillir l’amour de Dieu et pour s’ouvrir aux autres. L’idée de cheminer ainsi, vraiment, avec Dieu, en marchant et en chantant, renouvellerait le sens de l’action. L’intériorité aidant, il y aurait probablement plus de participants.
Henrik Lindell

Les photos ont été prises par H.L. sauf la dernière, portrait de l'auteur, prise par Moussa Soro.

Pour lire notre article qui annonce l'événement, cliquez ici. Il contient de nombreux liens.

Cet artice a été mis en ligne le 1er juillet 2009.

 

 

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