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Société | Le nouveau travail dominical PDF Imprimer Envoyer

Quoique très controversée, la toute nouvelle loi sur le travail dominical est entrée en vigueur le dimanche 16 août. En pleine période de vacances. Ils ne chôment pas au gouvernement ! Finie l'époque où la droite libérale respectait des traditions ancestrales et sociales. Elle n’écoute plus les Eglises. Là, c’est la gauche qui fait figure de force conservatrice.

Nicolas Sarkozy en particulier et son mouvement politique en général peuvent se targuer d’avoir tenu tête aux Eglises, aux syndicats et à la gauche pour réaliser une réforme qui montre son attachement à l’idéologie libérale. Le droit du travail dominical, déjà autorisé dans certains secteurs et selon des règles strictes, vient d’être élargi à de nouveaux secteurs, dans des nouvelles zones et selon des règles moins strictes qu’avant. Ainsi des commerces qui ne sont ni récréatifs ni culturels pourront ouvrir leurs portes le dimanche, par exemple sur les Champs-Elysées à Paris. Mais aussi dans des zones touristiques bien moins emblématiques. Et à l’intérieur des nouveaux « périmètres d'usage de consommation exceptionnel » (PUCE) que l’on trouvera prochainement dans les agglomérations de Paris, Aix-Marseille et Lille. Certaines mesures sont entrées en vigueur dès le 16 août.
Vive le progrès ?
Comme nous l’avons déjà écrit dans notre premier article consacré au nouveau dispositif, les Eglises, notamment la catholique, sont très hostiles à cet élargissement du droit. Elles considèrent qu’il est bon de se reposer un jour par semaine, si possible le dimanche, idéalement consacré « au Seigneur », mais aussi aux autres, à la famille et à soi-même. Les Eglises, ainsi que les syndicats et toute l’opposition, craignent par ailleurs que la nouvelle réforme concerne surtout les travailleurs précaires, ceux qui ne peuvent pas dire non. Ce que le gouvernement conteste, en estimant que la nouvelle loi créé des nouveaux droits. Il y aura notamment des contreparties salariales qui seront encadrées par des négociations conventionnelles.
Le Conseil constitutionnel a donné raison au gouvernement sur ce point et a validé pratiquement toute la réforme le 6 août. Le texte avait été élaboré par le député (UMP) de Marseille, Richard Mallié. Il avait été voté par 282 voix contre 238 à l'assemblée nationale le 15 juillet. Au Sénat, il est passé in extremis le 23 juillet avec 165 voix contre 159.
Plusieurs syndicats, comme le CFTC et Force ouvrière, ont annoncé leur intention de porter plainte devant des juridictions européennes et internationales. Pour eux, les dérogations déjà prévues du repos hebdomadaire sont suffisantes. Les hôpitaux, les restaurants, les cafés, etc, doivent évidemment pouvoir fonctionner le dimanche, selon les syndicats. « Mais ce n'est quand même pas vital d'aller acheter des meubles un dimanche », comme l’a résumé Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, qui a saisi le Bureau international du travail (BIT).
Mais pour le gouvernement de droite, nous devons impérativement avoir un « droit » élargi aux commerces le dimanche. Ce serait bon pour nous, pour les commerces, pour l’emploi et donc pour la France. La consommation va augmenter ! C’est une logique productiviste implacable qui va surtout permettre l’enrichissement des actionnaires des entreprises de la grande distribution. Du libéralisme économique jusqu’à la caricature. C’est à ce titre que la réforme a été dénoncée par la gauche. Qui apparaît ainsi comme la grande force conservatrice de la société : celle qui maintient des traditions qui protègent les salariés.
Quant à l’argument des Eglises – sur le nécessaire repos – le gouvernement n’a rien dit du tout. Ce n’est pas son problème. Ce que pensent les Eglises, ce n’est plus le problème des politiques, même de droite. Ce qui compte, c’est les chiffres, le commerce, la consommation, l’espoir (mais pas la réalité) du fameux « travailler-plus-pour-gagner-plus ». C’est de l’économie pour l’économie. Du fric pour le fric. L’homme n’a pas grand-chose à gagner dans cette logique-là. L’homme a besoin d’équilibre.
HL

La photo provient de flickr.com Creative commons, Steve Crane.

Cet article a été mis en ligne le 18 août 2009

 

 

 

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