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Beaucoup de nos amis musulmans suivent actuellement le ramadan (jusqu’aux alentours du 20 septembre). A cette occasion, nous qui croyons en Jésus, nous pouvons apprendre des musulmans un certain sens du jeûne, du partage avec les pauvres, et l’importance de l’effort personnel. Le ramadan, loi religieuse et quatrième pilier de l’islam, ne doit pas pour autant être mis sur le même plan que le jeûne chrétien qui n’a de sens que s’il est un chemin de conversion personnelle au Christ.
Pas moins de 70% des cinq millions de musulmans en France disent pratiquer le ramadan. Ce chiffre, qui ne cesse d’augmenter, surtout chez les jeunes, est plus important que la proportion de musulmans qui vont à la mosquée. Ce phénomène propre aux musulmans, surtout en France, nous inspire beaucoup de remarques.
D’abord, nous devons, en tant que chrétiens et au nom de la liberté religieuse, respecter toutes ces personnes dans leur choix difficile et être très attentifs à leur santé. Le ramadan, qui a commencé le 22 août, dure 29 à 30 jours, donc jusqu’aux alentours du 20 septembre. Pendant ce temps, toutes ces personnes ne mangent et ne boivent rien ou presque entre le lever et le coucher du soleil. Imaginez une personne qui a un travail nécessitant des efforts physiques, au soleil, sans boire de l’eau entre sept heures du matin et neuf heures du soir. On peut penser, et c’est notre cas, que c’est un bel exploit qui mérite une certaine admiration. On peut aussi penser que cela peut être dangereux pour la personne comme pour son entourage. Au nom de quoi une religion comporte-t-elle des règles qui exposent la personne à des risques sanitaires importants ?
L’autre remarque concerne justement la loi qu’est l’observance du Ramadan. Nous chrétiens n’avons-nous pas des choses à apprendre des musulmans sur ce point ? De toute évidence, oui. Si on fait abstraction des dangers que comportent le ramadan, et si on oublie les facteurs sociologiques et non spirituels qui expliqueraient en partie la forte popularité du ramadan chez les jeunes (certains veulent maigrir…), il reste l’idée même du jeûne conventionnel et collectif, qui est abandon et renoncement de soi et de ses propres désirs. Cela est sain. Les chrétiens ne jeûnent pas souvent et la pratique du carême a tellement évolué qu’elle n’est plus qu’une occasion, souvent oubliée, de s’approcher un peu de Dieu et des autres. Aucune Eglise chrétienne ne cherche à imposer le jeûne à personne, à aucun moment. Mais un musulman qui entend suivre sa religion ne se pose même pas la question s’il faut ou non observer le ramadan. C’est une obligation, un des cinq « piliers » de l’islam. Ainsi, beaucoup de personnes vont découvrir le jeûne – et ses effets bénéfiques – alors que jamais ils n’auraient pris cette décision par elles-mêmes. Pendant le ramadan, on prie avec le Coran, comme toute l’année, cinq fois par jour la tête tournée vers la Mecque. D’ailleurs, le ramadan est le mois pendant lequel le Prophète reçut le Coran du ciel, selon la tradition. Il a été institué en 624 après Jésus-Christ, soit l'an deux et neuvième mois du calendrier musulman (hégire).
Quant au sens de cette loi, nous sommes frappés par l’accent que les musulmans mettent sur … le partage. En effet, si la journée est faite d’une longue privation (ni manger, ni boire et pas de relations sexuelles), qui devrait faire penser à ceux qui souffrent involontairement, le soir est consacré à des rencontres souvent festives autour d’un repas (ou « iftar »). Les imams conseillent les fidèles à inviter des pauvres au repas et aussi … des non musulmans. Oui, en France, le dialogue avec les chrétiens est grandement encouragé pendant le ramadan. Et les chrétiens sont invités à suivre le ramadan avec les musulmans. Pendant le ramadan, les musulmans prient beaucoup leur Dieu pour tous ceux qui souffrent dans le monde. C’est donc une formidable occasion pour nous de dialoguer.
Et c’est aussi un moment, bien sûr, de prier pour les musulmans.
Or un jeûne chrétien ne peut pas être une loi religieuse et très difficilement un rite. Jésus n’a jamais recommandé une chose pareille, mais il a bien évoqué l’idée de jeûner. En L’attendant justement. Lisez l’évangile Matthieu 9.14-15 et vous verrez. Certains semblent pourtant penser que le carême des catholiques est comme le ramadan. C’est faux. Le carême catholique est pensé comme une préparation à la victoire du Dieu fait homme sur le mal. Ce n’est pas seulement une période de pénitence, mais une période durant laquelle on cherche la conversion. Les protestants qui sont hermétiques à la tradition catholique en cette matière reconnaissent généralement l’intérêt de jeûner en vue d’une conversion (c’est un exercice à faire tous les jours pour certains d’entre nous). Et tous les chrétiens signent cette idée : c’est le cœur qui doit changer. Le cœur doit changer pour donner plus d’espace à Dieu et aux autres. Alors jeûnons et prions comme des chrétiens.
HL
Cet article a été mis en ligne le 28 août 2009.
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