|
Ce week-end du 12 au 13 septembre, nous surfons sur la vague qui déferle. Impossible de ne pas s’interroger sur les propos ambigus, peut-être xénophobes, de Brice Hortefeux. Que le ministre de l’Intérieur présente ses excuses pour qu'on mette un terme à un débat hystérique ! Il est alimenté par des leaders d'un Parti socialiste accusés de fraude électorale. Par ailleurs, nos « grands » médias se sont illustrés par leur sens de la hiérarchie des informations : merci au Monde qui a mis en ligne une vidéo digne de la presse de caniveau... Et si on se préoccupait plutôt des vrais problèmes de ce pays ? Ainsi le Secours catholique, qui appelle aux dons les 19 au 20 septembre face à une situation sociale dramatique.
Bien sûr, c’est grave quand un ministre de l’Intérieur joue ainsi avec les mots. Les propos qu’il a tenus lors de l’université d’été de l’UMP sur la fameuse vidéo publiée le 10 septembre par Le Monde laissent planer le doute : Hortefeux est-il xénophobe ? Le fait qu’il refuse de présenter ses excuses, soi-disant parce qu’il n’a rien fait de mal, est assez ahurissant. S’il retirait ses mots malheureux, prétextant un coup de fatigue, on oublierait tout. Là, il offre sur un plateau un répit non négligeable à l’opposition du Parti socialiste, qui devra bientôt faire face à une enquête sur des fraudes électorales. Celles-ci auraient permis à Martine Aubry de le remporter en interne face à Ségolène Royal.
Mais, et les militants antiracistes et gauchisants nous le pardonneront peut-être, la droite et la gauche devraient dépasser toutes ces polémiques somme toute ridicules. La droite est – au total - de moins en moins xénophobe, voire presque pas du tout (en témoigne indirectement l’indignation suscitée par les propos de Hortefeux). Et la gauche gouvernementale est de plus en plus transparente, malgré une lamentable guerre des chefs. D’ailleurs, Jack Lang, dont l’antiracisme ne fait aucun doute, a apporté son soutien à Hortefeux.
Mais si on s’intéressait maintenant aux vrais problèmes ? Le chômage, la pauvreté, le surendettement, l’exclusion, ce genre de choses quoi…
Nous avons été alertés par un communiqué du Secours catholique du 9 septembre. La plus importante association en France par le nombre de ses adhérents tire la sonnette d’alarme face à une « hausse inquiétante des demandes d’aide ». Caritas France y a répondu par une augmentation de 15 % des aides accordées pendant les sept premiers mois en 2009 par rapport à 2008. Parallèlement, les bénévoles en charge de l’accueil des personnes en difficulté souffrent d’une « baisse du moral ». Ils sont eux-mêmes touchés par la crise.
Les 1,6 million de personnes accueillies et aidées chaque année par le Secours Catholique forment un des groupes les plus vulnérables qui soient. Leur demande va très probablement augmenter. Alors que les capacités des bénévoles ne suivront pas la même courbe.
Que faire ? D’emblée une chose. Donner. De l’argent. Tout de suite. Le Secours Catholique organise les 19 et 20 septembre une opération de collecte financière exceptionnelle : « Face à la crise, tous solidaires ». Combien lui faut-il ? Deux millions d’euros. Une somme ridicule dans d’autres circonstances. Mais là, c’est vital.
Cette même association attire aussi notre attention sur l’augmentation du chômage. Elle est générale, mais elle touche particulièrement les moins de 25 ans. Pour ces derniers, le chômage a augmenté de 40% en un an. C’est énorme et c’est très inquiétant.
Franchement, en avez-vous entendu parler ? Tant mieux si c’est le cas. La politique devrait être consacrée à la résolution de ces problèmes. Elle ne l’est pas forcément. Mais sachez qu’il est possible de dépasser les polémiques médiatiques du moment, où les uns accusent les autres de tout et n’importe quoi. Laissons ceux de droite se victimiser parce qu’ils sont taxés de « racisme ». Laissons hurler ceux de gauche, du reste accusés de « totalitarisme » par un conseiller célèbre du président de République. On n’est pas obligé de faire comme eux quand on s’intéresse à la politique. On peut tout simplement militer dans une association chrétienne où l’on s’intéresse au bien commun et au nécessaire partage. On peut faire évoluer la réflexion des uns et des autres. Changer les pratiques. Discrètement. Et il n’y a rien de plus politique. C’est même réaliste. Rendez-vous donc les 19 et 20 septembre !
HL
La photo provient du Secours catholique
Cet article a été publié le 12 septembre 2009.
|