




| Sarkozy et religion |
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Une fois de plus, Sarkozy a mis les pieds dans le plat. Cette fois-ci, il s’en est pris à la vache sacrée française : le laïcisme. Et il n’est pas sûr que tout cela relève seulement de la communication politicienne. Rappel des faits : à l’occasion d’une visite à Rome, le 20 décembre, à la Basilique Saint-Jean-de-Latran, devant des cardinaux, il a prononcé un discours visant à défendre le rôle du spirituel et du religieux dans la société. Il a notamment affirmé que « la laïcité ne saurait être la négation du passé » allant jusqu’à cette formule forte : « une nation qui ignore l’héritage éthique, spirituel, religieux de son histoire commet un crime contre sa culturel ». Le président a mis l’accent sur l’apport positif du croyant : « Un homme qui croit est un homme qui espère. Et l’intérêt de la République, c’est qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes qui espèrent. La désaffection progressive des paroisses rurales, le désert spirituel des banlieues, la disparition des patronages, la pénurie des prêtres n’ont pas rendu les Français plus heureux. » Sarkozy a surtout appelé de ses vœux « une laïcité positive » qui « ne considère pas les religions comme une danger, mais comme un atout ». Il est question de « faciliter la vie quotidienne des grands courants spirituels plutôt que de chercher à la leur compliquer ».
Face à une telle avalanche de propos favorable aux religions, l’opposition n’a pas tardé à réagir très négativement. Pour François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste, il « s’agit d’une vraie confusion entre le religieux et le politique ». Ailleurs, dans des forums de discussion sur Internet comme par exemple sur le site du quotidien Le Monde, le discours de Sarkozy provoque des réactions extrêmement hostiles. Mais certains internautes sont positifs. Plusieurs universitaires chrétiens, comme Sébastien Fath et Jean Baubérot, ont exprimé leur critique, très négative, à l'égard du texte présidentiel. Il contiendrait plusieurs erreurs factuelles sur la nature des liens entre la France et l'Eglise catholique. Qu'en penser ? Que des mots sont des mots. Sur la religion en général, Sarkozy, alias Henri Guaino, son nègre préféré, a dit vrai. Il se trompe sur les banlieues, où le « désert spirituel » est souvent moins important que dans les villes. Il fait à tort du catholicisme une culture chrétienne unique en France. Mais il a objectivement crevé l'abcès en disant tout haut ce que des gens civilisés pensent tout bas : le monde a besoin des croyants. Nous sommes sortis de la période où l’Eglise catholique pouvait dicter la loi. Aujourd’hui, les Eglises chrétiennes méritent d’être défendues pour l’espérance qu’elles portent.
Sarkozy est-il allé trop loin dans son affirmation de l’héritage chrétien en France ? Ecoutons Paul Valadier, un théologien jésuite qu’il est impossible de soupçonner de sarkozysme. Dans une assez remarquable interview au Monde le 22 décembre faite par Stéphanie Le Bars et Henri Tinq, il a notamment répondu à la question « Comment faut-il interpréter la revendication en faveur d'une "visibilité" plus grande de la foi chrétienne ? »
Mais aujourd'hui, quelles sont les forces auxquelles sont confrontés les chrétiens ? Ce sont soit les tenants d'une idéologie libertaire permissive, qui approuvent toute forme de soi-disant "progrès" - procréation médicalement assistée, divorce toujours plus facile, clonage, utérus artificiel. Soit les "apocalypticiens" nihilistes qui nous annoncent que demain sera pire qu'aujourd'hui, que le monde court à sa perte, que nos océans sont pollués, que nous respirons un air irrespirable, que nous mangeons une nourriture contaminée. Henrik Lindell
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