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« Comment donner de bonnes réponses à de mauvaises questions ? » Ainsi est intitulé le message de vœux pour 2010 du pasteur Claude Baty. Il critique fortement le débat sur l’identité nationale voulu par le gouvernement français.
Message de vœux de Claude Baty pour 2010
Minarets ! Ce simple mot suffit en ce moment pour lancer un débat passionné. Il fonctionne comme un détonateur. Dans quelques années (quelques mois peut-être) un lecteur de ce texte se demandera de quoi il est question ici. Pour prendre un peu de recul, permettez-moi de vous signaler que cette fameuse votation suisse, était double, l’autre question ne manquait pas d’intérêt. Jugez-en plutôt. Le même jour en effet, les Suisses ont voté à 68,2 % pour refuser d’interdire l’exportation de matériel de guerre. Décision qui, vous l’avouerez, n’est pas sans conséquence… elle n’a pourtant suscité aucune controverse. Incontestablement la votation sur les minarets est tombée sur un terreau fertile et a été immédiatement instrumentalisée.
Les mauvaises questions ne peuvent donner lieu à de bonnes réponses. La question de l’identité nationale me semble faire partie de celles-là. Je me réfère en la matière à une situation qui me paraît exemplaire, celle de la Nouvelle Calédonie et de ce que disait le Kanak Jean-Marie Tjibaou dans un contexte particulièrement tendu : « Le retour à la tradition est un mythe. Aucun peuple ne l’a jamais vécu. La recherche d’identité, le modèle, pour moi, il est devant soi, jamais en arrière. C’est une reformulation permanente. L’identité elle est devant nous. » Ce qui m’amène à dire que la seule question qui vaille aujourd’hui est celle-ci : Quelle société, quel pays, quelle France voulons-nous vraiment construire ensemble ? Quel projet de société nous rassemble ?
Après ces considérations, mes vœux pour 2010 sont faciles à deviner. Je souhaite que dans notre pays, ce soient l’espérance partagée et la confiance retrouvée qui nous fassent avancer. Pour être plus précis encore, et mieux à ma place sans doute, mon vœu est que les protestants montrent l’exemple en sachant encore se rassembler pour être témoins du Christ Jésus qui a su, lui, poser les bonnes questions.
Pasteur Claude Baty
16 décembre, 2009
Notre commentaire : Le message de Claude Baty forme une ébauche de réponse à la question que nous avons posée sur le silence des organisations protestantes françaises après la votation suisse le 29 novembre dernier. Contrairement à plusieurs évêques français et au grand rabbin de France, qui ont tenu à souligner leurs craintes du résultat de la votation suisse, Claude Baty suggère que l’affaire n’est pas si importante et il regrette qu’elle ait été instrumentalisée. Il montre qu’un autre sujet de votation, pourtant très important (sur l’exportation de matériel de guerre), a été totalement ignoré dans les débats, effectivement trop passionnels.
Quant au débat sur l’identité nationale, le président de la Fédération protestante met en cause l’idée qu’on puisse envisager une sorte de retour à la tradition. Il serait au contraire important de se projeter dans l’avenir pour des projets fédérateurs. Il exhorte les protestants à se rassembler « pour être témoins du Christ ». En cette matière précise, Claude Baty est lui-même une référence, en étant un des responsables de « Protestants en fête » qui a rassemblé 15 000 protestants réformés, luthériens, évangéliques à Strasbourg fin octobre. Or l’année prochaine naîtra le Conseil national des évangéliques de France (CNEF), qui rassemblera théoriquement tous les évangéliques du pays, dont ceux qui font actuellement partie de la Fédération protestante. Claude Baty exprime publiquement son regard critique sur le CNEF, car il n'en voit pas l'utilité.
HL
Cet article a été mis en ligne le 16 décembre 2009.
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Commentaires
Pourtant je continue à croire à l'identité de chrétien. Sauf que c'est Dieu qui nous forme et nous transforme - nous divinise.
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