




| Sommet de Copenhague | La vie sur la Terre, une question secondaire ? |
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Cent-vingt chefs d’Etat, réunis au sommet de Copenhague du 7 au 18 décembre, n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur des engagements précis. Les Eglises demandent le respect de la Création.Chers amis, d’ici quelques décennies, plusieurs millions d’habitants dans le monde, aux Maldives, au Bangladesh et ailleurs, verront leurs villages disparaître sous les flots. Ils deviendront des réfugiés climatiques. Ailleurs, d’autres devront fuir la sécheresse, les inondations, les tempêtes… Faudrait-il agir pour éviter cette perspective ? Pas beaucoup et surtout pas maintenant. C’est en résumé la conclusion du sommet sur le climat à Copenhague du 7 au 18 décembre. Contrairement à ce qu’espéraient toutes les grandes Eglises au monde, à commencer par la catholique, celles représentées au Conseil œcuménique des Eglises et celles parmi les évangéliques qui mènent une véritable réflexion sur le climat, les 120 chefs d’Etat et de gouvernement réunis à Copenhague ont adopté un texte flou qui ne permet pas une limitation suffisante du réchauffement planétaire. Ils n’ont même pas prévu la suite du protocole de Kyoto, qui engage les pays signataires à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’au moins 5% entre 2008-2012 par rapport au niveau en 1990. Les optimistes rétorqueront que les chefs d’Etat et de gouvernement ont quand même affirmé la nécessité de limiter le réchauffement à 2°C en 2050 par rapport à l’époque préindustrielle. Ils disent leur volonté de coopérer et mobiliser 100 milliards de dollars par an en 2020 pour aider les pays pauvres. Mais force est de constater que le texte autorise chacun de faire ce qu’il voudra, sans aucune sanction. Et toujours aujourd’hui (le 19 décembre), le texte n’a même pas été signé par tous les Etats participants, car ce n’est pas un traité. En fait, le statut n’est pas clair et on ne sait pas quel pays est en faveur dudit « accord ». De toute façon, la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques, qui était déjà en vigueur avant Copenhague … devrait être respectée. La Conférence des Nations-Unies a cependant dit de « prendre note » dudit « accord ». D’ici quelques semaines, on y verra sans doute plus clair. Pour le moment, on peut dresser trois constats : 1. Le sommet de Copenhague, grâce aux médias, a contribué à rendre la cause de l’environnement et du climat plus populaire. Et les politiques, dont Sarkozy quoi qu’il en dise, ont gravement déçu les aspirations populaires en Europe occidentale. 2. A Copenhague, on a enregistré la participation la plus forte jamais vue à des manifestations pour « sauver le climat » (un jour, 50 000 personnes ont marché à Copenhague). 3. Les voix prépondérantes dans ces négociations internationales ne sont plus en Europe, mais aux Etats-Unis, en Chine, en Inde et au Brésil. C’est surtout la Chine qui a bloqué toute idée de contrainte au nom de « la souveraineté nationale ». Cela dit, il y aura d’autres occasions de prendre de meilleures décisions. Dès l’année prochaine, les Etats sont invités à adopter des objectifs contraignants. Et les 27 Etats de l’Union européenne affichent l’intention de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 80% d’ici 2050. Quant aux Etats-Unis, que les Européens aiment tant critiquer (par projection ?), ils se sont engagés à verser 3,6 milliards de dollars sous forme d’aide aux pays les plus fragiles d’ici 2012. L’Union européenne avait déjà promis de verser 10,6 milliards sur les années 2010, 2011 et 2012. Le Japon a promis 11 milliards de dollars sur les trois ans. Les Etats se sont donnés rendez-vous à Mexico fin 2010. Espérons que les chefs d’Etats s’inspireront, d’ici là, de différents documents émis par les experts onusiens et aussi par des responsables ecclésiastiques. Il faut associer notre devoir de respecter cette terre qui nous a été donnée par le Créateur et le devoir d’établir Sa justice et de combattre la misère que Dieu n’a pas voulue. Qu’on soit de gauche ou de droite, théologiquement libéral ou conservateur, protestant ou catholique ou orthodoxe, on ne peut pas enlever ce message-là de la Bible. Et un des textes contemporains qui en parlent le mieux, qu’on le veuille ou non, c’est la dernière encyclique du pape Benoît XVI : Caritas in Veritate. Nous réitérons nos recommandations très vives de lire ce document majeur. Une aide stimulante est de vous rendre sur un de nos blogs préférés, celui de Patrice de Plunkett, qui développe la thématique environnementale et sociale de son Eglise catholique. Nous avons là des références qui concernent tous les chrétiens. Et in extenso tous les humains. HL Cet article a été mis en ligne le 19 décembre.
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