




| Les Français se disent de moins en moins catholiques |
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Si 64% des Français se disent encore catholiques, seulement 4,5% vont à la messe le dimanche. Parallèlement, selon l’Ifop, le nombre de protestants (3%) progresse.Le grand quotidien catholique La Croix a publié le 29 décembre des données synthétiques d’une grande enquête de l’Ifop commencée il y a plusieurs années. Ces données confirment ce que d’autres chiffres montraient depuis longtemps : le catholicisme français est toujours en déclin ; de moins en moins de Français vont à la messe ; les catholiques dits « pratiquants » sont beaucoup plus âgés que les Français en moyenne. Pas moins de 131 141 personnes ont été interrogées. 4,5% d’entre elles disent aller à la messe tous les dimanches. A titre de comparaison, pas moins de 27% des Français se rendaient à la messe tous les dimanches en 1965. Quant au nombre de ceux qui se disent catholiques, il ne cesse de baisser également. En 2009, 64% des Français s’affichent catholiques. Ils étaient 87% à le faire en 1972. Quant à l’âge des « pratiquants », pas moins de 43% d’entre eux ont 65 ans et plus, contre 21% des Français dans leur ensemble. Dans l’article de La Croix qui présente les résultats de cette vaste enquête, on apprend aussi que la France serait « le pays catholique » où la pratique dominicale est la plus basse. Il est expliqué que les pratiquants votent plus à droite que la moyenne des Français et qu’ils sont surreprésentés « au sein des classes sociales les plus hautes » (cadres et professions libérales). On peut également noter que les catholiques non pratiquants sont très difficiles à distinguer des Français en général quand il s’agit des questions politiques et de société. Seule exception importante : ils se disent attachés aux « racines chrétiennes » de la France à 54%. C’est plus que la moyenne des Français. Autre information de cette enquête : le nombre de personnes qui ne sont ni catholiques ni sans religion augmente nettement depuis le milieu des années 80. Aujourd’hui, 8% des Français disent appartenir à une autre confession que le catholicisme. Il y aurait 5% de musulmans et 3% de protestants. Ce dernier chiffre est historique. Selon l’excellente journaliste de La Croix, Isabelle de Gaulmyn, « la progression des nouvelles formes de protestantisme (évangéliques, baptistes) commence à devenir perceptible dans les sondages ». A cette dernière phrase, qui constitue la chute de l’article, il faudrait quand même apporter une petite correction : les baptistes sont évangéliques et ils existent depuis 1609. Dire que c’est une « nouvelle forme de protestantisme » est donc discutable. Et il faudrait également se demander s’il n’y aurait pas parmi les « sans religion », voire chez les « catholiques », des évangéliques. Ces derniers n’aiment pas trop raisonner en termes de « religion ». Et certains chrétiens qui fréquentent une Eglise évangélique se disent toujours « catholiques » alors qu’ils ne le sont plus vraiment. Il faudrait enfin que l’Ifop explique un jour pourquoi ce grand institut de sondage ne prend pas en compte les DOM-TOM. Dans les départements et les territoires d’Outre Mer, il y a une proportion de protestants évangéliques bien plus élevée qu’en France métropolitaine. Et, dernière remarque critique, nous restons sur notre faim quant à la définition du mot "pratiquant". Peut-on la limiter au fait de fréquenter l'église le dimanche ? Quant à l’analyse de ces chiffres, nous vous invitons à lire les documents commentés par l’Ifop en cliquant ici. Puis nous nous référons, comme c’est souvent le cas, à notre confrère catholique Patrice de Plunkett. Dans son article du 29 décembre sur le sujet, il a le courage de dire l’évidence : les catholiques souffrent d’une « relative évaporation du contenu de la foi chrétienne ». Que faire ? Au lieu d’espérer que nous serions en face de nouvelles formes de catholicisme qui se situeraient en dehors de la pratique dominicale, Patrice de Plunkett, qui attache une importance capitale à l’eucharistie, dit ceci : « L'urgence est d'ouvrir le catéchisme et de l'étudier crayon en main. Il n'y a pas de christianisme sans foi, ni de foi sans connaissance ! » Nous partageons cette conviction-là et nous nous étonnons qu’il y ait encore des personnes qui pensent que le fait d'être chrétien peut être un vague sentiment identitaire qui ne nécessite aucune réflexion profonde et personnelle et encore moins une véritable foi en Jésus. Les chrétiens dits "sociologiques" sont certainement des gens respectables, souvent cultivés, mais beaucoup d'entre eux ne sont pas chrétiens, car ils ne croient pas en Christ ressuscité. Et à quoi cela sert-il de dire de quelqu'un qu'il est catholique s'il ne croit pas en Christ ? Cela sert essentiellement à entretenir un certain flou sur ce qu'est un croyant. Ce relativisme en matière de foi - qui s'inspire d'une théologie libérale plus proche de l'agnosticisme que du christianisme - a fait des ravages au sein de toutes les Eglises institutionnelles, notamment la catholique. Si l’Eglise catholique veut survivre en France et ne plus « parler » uniquement aux initiés, qui se renouvellent trop peu, elle a intérêt à s’inspirer beaucoup plus de l’esprit créatif des évangéliques (quand ils sont vraiment créatifs...) que de l’esprit critique et blasé des agnostiques et aussi des athées. Cela paraît peut-être bête aux yeux de certaines personnes bien éduquées, mais c'est néanmoins vrai : une communauté chaleureuse où les gens se saluent, partagent leurs soucis et parfois leurs biens, parlent de Dieu et étudient sérieusement la Bible, et spontanément, cela parle infiniment plus de Jésus aux personnes éloignées de l'Eglise que des messes cérébrales et coincées et des conférences aux thèmes abstraits. HL Cet article a été mis en ligne le 29 décembre 2009. Pour lire notre premier article (août 2009) consacré à la droitisation et au vieillissement des catholiques dits pratiquants, cliquez ici.
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