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Haïti | Au secours ! PDF Imprimer Envoyer
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Haïti | Au secours !
Prière pour Haïti
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Le chaos, les témoignages et l'aide internationale après le tremblement de terre. La Fédération protestante appelle à la mobilisation. Article réactualisé jusqu'au 28 janvier.


Peu de pays au monde
souffrent autant qu'Haïti de la pauvreté, des injustices, des régimes irresponsables, des crises économiques et catastrophes naturelles à répétition. Et voici le tremblement terre du 12 janvier qui atteint magnitude 7,3 sur l’échelle de Richter. La capitale Port-au-Prince est en partie détruite. Symbole du pays, le Palais national, siège de la présidence, s'est affaissé. Des ministères, le parlement et des églises, dont la cathédrale, sont détruits. Plus grave : la plupart des hopitaux se sont effondrés. Le port ne fonctionne plus (réouvert en partie le 23 janvier) et la seule piste d'atterrissage pour les avions est encombrée (une deuxième ouvrira bientôt). Les équipes de secours travaillent dans des conditions d'autant plus difficiles que l'insécurité est devenue très forte, la violence et les pillages se multipliant dans un contexte de crise alimentaire et sanitaire extrême. Dix jours après le séisme, on avait réussi à extraire 133 personnes vivantes des décombres. Des milliers de corps resteront problablement enterrés pour toujours. Médecins sans Frontières, ONG médicale urgentiste de référence, déclare n'avoir jamais vu autant de blessés graves au même endroit. Selon l’Institut américain de géophysique, Haïti n'avait pas connu une secousse d'une telle violence depuis au moins un siècle.

Le bilan toujours incertain


Selon le secrétaire général de l'ONU de Ban Ki-Moon, arrivé dimanche 17 janvier en Haïti, le séisme est  "la plus grave crise humanitaire depuis des décennies
". Le 22 janvier, l'Onu a même affirmé qu'il s'agit du pire désastre auquel l'organisation a été confrontée de toute son histoire. Le 22 janvier, les autorités haïtiennes ont donné ce bilan : 111.499 morts, 190.000 blessés et 1 million de sans-abri. Mais le 24 janvier, le gouvernement haïtien parlait de 120 000 morts. La moitié des bâtiments dans la région de Port-au-Prince ont été détruits. Dans certaines villes près de l'épicentre, jusqu'à 90 % des bâtiments sont détruits.
Le Secours catholique a déclaré le 26 janvier que le nombre de morts s'élèvait à 150 000. L'ONG catholique de référence explique aussi ceci : "Chez les survivants, la faim se fait toujours sentir. Les vivres arrivent en Haïti mais personne ne sait où sont les points de distribution d’eau et de nourriture. L’ONU dénombre environ 800 camps de fortune dans les rues et les jardins publics. Ces installations précaires sont dans la plupart des cas dépourvues d’eau potable et de toilettes. Face à la pénurie de rations alimentaires prêtes à manger, le Programme alimentaire mondial lance un appel aux surplus des forces armées présentes en Haïti. Le logement est la seconde grande préoccupation des autorités. Près de 30 000 tentes familiales pouvant accueillir 150 000 personnes devaient être distribuées mardi 26 janvier et mercredi par l’Office international des migrations. 100 000 autres abris sont en cours d’acheminement. Une course contre la montre est engagée à l’approche de la saison des pluies et des tempêtes tropicales, prévues à partir d’avril."

Or, on demeure dans une incertitude relativement importante. Certaines sources militaires américaines pensent que le séisme a fait 200 000 morts. En tout cas, les chiffres les plus bas dépassent le nombre de morts de sept des dix tremblements de terre les plus meurtriers depuis 1980. Le nombre de personnes gravement blessées et les dégâts matériels dépassent probablement ceux provoqués par le tsunami (qui avait fait 220 000 morts le 26 décembre 2004).
Ce n'est donc pas une "crise humanitaire" comme les autres. Elle a frappé le pays le plus pauvre de l'hémisphère nord.

Parmi les victimes, plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre de la Justice, et aussi le Tunisien Hedi Annabi, chef de la mission de l'ONU sur place. Plusieurs centaines de personnes de cette force (Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti) sont mortes quand le bâtiment de l'Onu s'est écroulé. L'archevêque Serge Miot est décédé quand son archevêché s'est effondré. De très nombreux prêtres et religieux sont également décédés. On déplore la mort de 22 Français et ce chiffre risque très fortement d'évoluer. Une trentaine de Français sont portés disparus.

Parmi les vivants, on peut citer le président de la République, René Préval, qui a survécu à l'effondrement de son palais. Autre survivant : Sylvain Exantus, président de la Fédération protestante d'Haïti (photo à droite et son témoignage plus bas). Nous vous recommandons très vivement de lire le témoignage de l'écrivain haïtien Dany Laferrière dans Le Monde daté du 16 janvier. Il a échappé de justesse et raconte au Monde, avec précision et retenue, ce cataclysme. Et il nous demande de "cesser de parler de malédiction" de ce pays.

Haïti n'est pas maudit

A Dieu-et-moi.com, nous tenons particulièrement à cette idée. Haïti n'est pas "maudit". Cela a été souligné par un Haïtien évangélique en discutant avec l'auteur de cet article. Certes, beaucoup de chrétiens haïtiens croient que cette épreuve vient d'un Dieu qui serait fâché, mais ils ne partagent pas tous cette idée. Un téléévangéliste américain, Pat Robertson, a affirmé qu'Haïti était puni par Dieu à cause d'un pacte avec le diable et, bien sûr, à cause du vaudou présent dans le pays. Ce qui a évidemment suscité beaucoup d'articles autour d'un personnage qui croit sérieusement qu'il connaît la volonté de Dieu. Que Dieu lui pardonne ! Haïti est touché une énième fois par une catastrophe naturelle. Beaucoup de chrétiens sont morts. Beaucoup d'enfants sont morts. Le séisme tue sans distinction. C'est atroce. Et il n'y a pas d'explication théologique à ça. Mais ceux qui survivent ont besoin d'aide. Maintenant. Même les Pat Robertson donnent de l'argent aux Haïtiens. Et il en faut. Haïti est beaucoup plus pauvre que les pays touchés par le tsunami en 2004. On peut difficilement lui donner trop.

D’emblée, en grande partie grâce aux médias,
il y a une mobilisation à l’échelle mondiale. L’Union européenne a débloqué immédiatement des fonds pour les premières dépenses. Au total 430 millions d'euros devront être versés pour Haïti. Des équipes de secours, françaises notamment, sont parties le 14 janvier. Mais elles ne sont pas les seules. Signe des temps : les premiers secouristes sur place étaient ... chinois.
Le 17 janvier, les Nations Unies ont déclaré avoir reçu 268,5 millions de dollars de promesses d'aide, et en espèrent 562 millions au total. Actuellement, environ 11 000 casques bleus sont sur place pour la Mission de l'Onu en Haïti (Minustah). Le Conseil de sécurité a décidé de l'envoi de 3500 soldats onusiens supplémentaires. L'envoyé spécial de l'Onu pour Haïti s'appelle Bill Clinton. L'ancien président américain avait envoyé 20 000 soldats américains en Haïti pour remettre au pouvoir le père Aristide en 1994. A priori, cette fois aussi, la principale aide viendra des Etats-Unis, distants de seulement 1000 kilomètres. Barack Obama a promis 100 millions de dollars, autant que le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. Pas moins de 12 000 soldats américains ont été envoyés sur place. Cette implication militaire, impressionnante et forcément l'objet de critiques (surtout en France...), est organisée en concertation avec le gouvernement haïtien. Pour les Etats-Unis, si on se place dans une perspective de "realpolitik", il ne s'agit pas seulement de confirmer le leadership du principal gendarme dans la région et sans doute de donner plus de crédit à Obama, mais aussi d'empêcher l'exode des Haïtiens vers la Floride.
Les grandes ONG de l’aide d'urgence se préparent à passer
de longues semaines à secourir des Haïtiens. Dans ce genre de situations, les gouvernements et les ONG réagissent et débloqueront des fonds généralement en fonction des médias et de l'attention qu'ils suscitent dans l'opinion publique.
Alors restons très mobilisés. A en croire plusieurs Haïtiens à qui nous avons parlé, les efforts faits par la communauté internationale et les ONG sont pris au sérieux par la population. Celle-ci croit vraiment que, cette fois-ci, l'aide pourrait servir à quelque chose de durable pour tout le monde.
Un des principaux problèmes pour tout le monde - Haïtiens, secouristes, gouvernements étrangers - est qu'il n'y a pratiquement plus d'Etat en Haïti.

Quant aux Eglises en France,
plusieurs viennent en aide aux Haïtiens et d'une façon considérable. Comme en 2008, lors du passage des cyclones et ouragan dévastateurs, la Fédération protestante de France (FPF) invite ses membres à alimenter le fonds d’aide de la Fondation du protestantisme. La FPF précise que « les dons recueillis contribueront à apporter un secours aux Haïtiens par l’intermédiaire de la Fédération protestante d’Haïti (FPH) et de ses Églises et institutions membres. » Elle précisera bientôt les modalités d’actions dès qu’elle pourra entrer en contact avec la FPH. Mais d’ores et déjà, nous sommes fortement invités à envoyer des chèques ou faire des virements au nom de la solidarité protestante (1).
Côté protestant évangélique, nous vous recommandons vivement le Service d'entraide et de liaison (SEL), qui a ouvert un fonds d'urgence pour les victimes.
L’Eglise catholique s'engage tout autant. Benoît XVI a appelé à « la générosité de tous afin que notre solidarité concrète et le soutien efficace de la communauté internationale envers ces frères et soeurs qui vivent un moment de nécessité et de douleur ne viennent pas à manquer ». D’emblée, on peut donner de l’argent à Caritas qui est très présente à Haïti. Le Secours catholique français a reçu 1,4 million d'euros six jours après le séisme. Plus généralement, les Français ont donné plus à Haïti (15 millions d'euros) qu'aux pays touchés par le tsunami en 2004 (10 milllions) six jours après la catastrophe. Internet joue un rôle important dans cette solidarité très émotionnelle. Par ailleurs, les liens entre la France et Haïti sont très importants, à la fois à cause de l'histoire, mais aussi grâce aux très nombreux Haïtiens qui vivent en France.
Benoît XVI a invité les chrétiens à s’unir à sa prière « pour les victimes et ceux qui en pleurent la perte ». Il a aussi demandé à Dieu d’apporter consolation et réconfort aux Haïtiens.
Une demande partagée sans aucun doute par les protestants en France. Combien d’Haïtiens membres de nos Eglises protestantes en France qui pleurent aujourd’hui la perte d’un proche, qui sont dans l’attente de nouvelles cruciales, qui ont besoin de réconfort et de solidarité concrète. Une souffrance indicible.
Nous pensons à nos sœurs et frères haïtiens dans la foi, à leurs proches et à tous les Haïtiens sans distinction. Nous demandons à Dieu de les aider. Nous demandons aussi à Dieu de nous aider à trouver la manière juste d’agir pour eux (2). Et nous savons que notre aide matérielle compte.
HL
Pour mieux comprendre ce pays, lisez surtout Haïti n'existe pas par Christophe Wargny, Editions Autrement, 2004. Il a été publié à l'occasion du bicentenaire de cette première république noire au monde.

Voici le témoignage de Sylvain Exantus, président de la Fédération protestante d'Haïti :
« Je suis vivant avec toute ma famille. Gloire à Dieu !
L’école dont je suis le directeur (El Shaddai College) s’est effondrée vint minutes après que je l’ai quittée.
Je suis resté bloqué dans le centre ville de Port-au-Prince, mardi âpres le séisme, ne trouvant pas d'issue pour rentrer chez moi. Nous avons dû dormir à la belle étoile au champs de Mars. Ce n'est que mercredi dans l'après-midi que j'ai pu atteindre ma maison. J'ai tenté en vain d’entrer en contact par téléphone avec les autres membres du comité exécutif de la Fédération protestante d’Haïti.

Le bilan est très lourd, c'est le chaos à Port-au-Prince. Plus de 100000 morts, des milliers de maisons effondrées, mais aussi des écoles, des ministères, le palais national, les palais de justice, des églises, la cathédrale, le parlement, le ministère de l'éducation nationale, des hôpitaux. Le personnel des nations Unies est sévèrement touché dont le représentant du Secrétaire général, une cinquantaine de Français sont portés disparus, etc. C'est un bilan provisoire qui tend à s'alourdir.

La Fédération protestante d’Haïti lance un appel à la solidarité nationale et internationale pour faire face aux besoins pressants tels que : eau, nourriture, soins médicaux, kits de survie, tentes, etc.
»

Cet article a été mis en ligne la première fois le 13 janvier. Il est réactualisé en permanence.
La photo provient de twitter via Le Monde.

1. Les chèques ou virements doivent être libellés au nom de « Solidarité protestante » et envoyés à la Fondation du Protestantisme, 47 rue de Clichy – 75 311 Paris cedex 09. Les chèques doivent porter la mention « Fonds d’urgence Haïti » au verso. Pour les virements bancaires, voici ce qu’il faut savoir : IBAN : FR76 3078 80010010 2078 2350 030 - Banque Neuflize OBC Paris 8°.

2. Parmi les moments de prière pour les Haïtiens :
La Fédération protestante de France, avec la plateforme Haïti de la FPF, et la Communauté haïtienne protestante de France, ont organisé un temps de prière le dimanche 17 janvier 15h au temple de l'Oratoire du Louvre à Paris. Ce temps de prière était présidé par le pasteur Rodrigue Valentin, président de la plateforme Haïti de la FPF, avec la présence du pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France.
Le pasteur Simon Kéglo de l'Eglise baptiste évangélique de Massy (Essonne), dont font partie plusieurs intervenants sur Dieu-et-moi.com, nous a demandé de dire la solidarité de cette communauté francilienne avec les Haïtiens. Une soirée de prières et d'intercession pour Haïti a été organisée à Massy ce vendredi soir 15 janvier en présence de plusieurs Haïtiens sans nouvelles de leurs parents.


Pour lire la prière pour Haïti du Défap (Service protestant de mission), cliquez sur 'page suivante'


 

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