Carême 2010 : Nous sommes invités à la conversion
- Details
- Hits: 2484
Le carême a commencé le 17 février. Le CCFD-Terre Solidaire, Christnet.ch et d'autres organisations chrétiennes nous invitent à répondre à ce Dieu qui nous demande de vivre en Lui et de donner de nous-mêmes.Le carême n'a pas forcément une bonne image. Hélas. Cette période de quarante jours qui précède Pâques et qui commence le mercredi des Cendres est diversement observée et comprise chez les catholiques, les orthodoxes et certains courants protestants. Encore aujourd'hui, certains chrétiens pratiquent l'austérité et même l'ascèse et évitent notamment l'excès alimentaire pendant le carême. D'autres n'hésitent pas à faire la fête, mais réflechissent à leur façon de se comporter vis-à-vis de Dieu et des autres. Nous en connaissons qui évitent la télé pendant quarante jours. Ce qui laisse beaucoup de temps aux relations avec les autres et du temps avec soi-même... Beaucoup font ainsi des efforts pour se rapprocher de Dieu. C'est une façon de croître spirituellement. Le sens de cette période de jeûne est justement de répondre à l'appel à la conversion personnelle. Nous sommes invités à réfléchir sur le sens de la croix. Chez les évangéliques, on observe rarement le carême traditionnel, mais on pratique souvent le jeûne. Sur le sens précis du carême, nous vous recommandons cet article sur le site de la Fédération protestante.
Chez certains protestants réformés français en particulier (lire cet article surprenant dans La Croix), on reste encore trop remonté contre tout ce qui est perçu - à tort - comme une théologie du mérite dans le catholicisme pour pouvoir saisir le sens du carême. Ainsi, l'heureux enseignement traditionnel protestant sur la grâce est transformé en une tradition pesante où l'on répète machinalement des mots bibliques qui n'aboutissent pas nécessairement à une mise en cause de nos comportements et nos discours afin de changer. Or il faut se convertir à Dieu, non à une théologie ou à une identité religieuse. On peut le faire à n'importe quel moment. Lisez l'article que nous avons consacré au Carême l'année dernière à l'occasion d'un numéro d'Horizons évangéliques consacré à ce sujet. Le carême n'est ni plus ni moins une bonne occasion d'entamer cette démarche en s'inspirant de la Bible. Le fait de penser aux 40 jours que Jésus a passés dans le désert pourrait nous y aider. Et contrairement à ce que suggèrent certains protestants, aucun catholique sérieux en phase avec l'enseignement de son Eglise ne pense que la grâce de Dieu se mérite. Dieu nous a aimés le premier. Vous pouvez suivre les bons enseignements de base du protestantisme dimanche de 16h à 16h30 sur France Culture dans "les Conférences de carême" (cliquer ici). Mais n'oubliez pas que ces enseignements ne diffèrent généralement pas de la doctrine catholique. Pour vérifier, méditez en profondeur ce message de carême, si évangélique et si fidèle à l'Ecriture, de Benoît XVI. Il est question de justice, thème cher au Comité catholique contre la faim et pour le développement (voir plus bas). Et écoutez ou lisez les Conférences de carême (catholiques) à Notre-Dame à Paris en cliquant ici. Il nous semble qu'on ne rend service ni à soi-même, ni à son Eglise (en l'occurrence protestante) et encore moins à Dieu en refusant de renouveler son regard sur les autres. Surtout quand ces derniers changent. Dans la plupart des pays nordiques, tous historiquement et très majoritairement protestants, on conserve soigneusement le sens du carême.
Plusieurs Eglises et des organisations chrétiennes nous invitent à faire du carême une période de conversion à travers des actes conformes à la volonté de Dieu. Ainsi Christnet.ch, une association suisse qui rassemble des chrétiens intéressés par la société qui les entoure. Elle propose des thèmes de prière durent ces semaines. Les organisateurs expliquent : « Avec 'carême 2010' et au travers de sept méditations hebdomadaires, nous voulons connecter ce temps de jeûne à quelques grands thèmes de la société actuelle : justice, santé, économie, écologie, société, simplicité. Ainsi, nous désirons élargir l’horizon de notre foi et de nos actions et proposons une application pratique de la Parole pour les aspects concrets de notre quotidien. » Nous vous recommandons vivement ce document (cliquez ici). Il pourra vous aider à prier tout au long des quarante jours, et qui sait, ainsi changer votre vie.
Plus près de chez nous, un autre acteur de taille : le Comité catholique contre la faim et pour le développement - Terre solidaire, qui est la principale ONG catholique de développement en France. Chaque année, le CCFD propose un thème pour le carême. Pour 2010, il nous invite à réfléchir au partage des richesses financières, un enjeu qui ne manque pas d'actualité. Voici un texte écrit par Guy Aurenche, président du CCFD :
« Le CCFD-Terre Solidaire nous entraîne sur les chemins du monde, entre richesses et partage. Le fossé entre riches et pauvres se creuse tandis que plus d'un milliard d'êtres humains souffrent gravement de la faim. Les crises alimentaires, financières, sociales et spirituelles se multiplient au point d'ébranler les certitudes qui faisaient du profit l'unique but de l'activité humaine.
Au cœur de ces réalités, le carême invite non à la lamentation mais à la conversion. Il ne s'agit pas d'opposer ceux qui sont riches à ceux qui partagent. Tous détiennent des richesses et tous sont appelés au partage.
Le carême nous invite à nous mettre en route pour convertir l'usage que le monde fait de ses richesses, en les mettant au service de tous comme nous y engage la pensée sociale de l'Église.
En route pour convertir l'esprit de nos relations en faisant du partage un véritable échange de savoir, d'avoir, de culture et d'espoir.
En route pour convertir notre participation à la construction du monde, en faisant de la mondialisation une chance de survie pour tous. Le pape Benoît XVI dans l'encyclique La Charité dans la Vérité, nous y invite : "Donner à manger aux affamés est un impératif éthique pour l'Église universelle" (§ 27).
En route pour convertir nos pratiques ecclésiales en faisant de notre communauté un lieu d'accueil et d'ouverture, modèle de partage et de fraternité. Pour vivre cette tension permanente entre richesses et partage, le CCFD-Terre Solidaire invite à rencontrer des partenaires venus de loin, témoins vivants de ce que la crise peut être surmontée.
Chacun aura à cœur d'associer ses amis et voisins, des curieux et des sceptiques, à la rencontre, la réflexion, le jeûne et la prière.
Nous voici convoqués par Jésus à un triple rendez-vous : rencontrer celui qui manque de tout. Partager, en communauté, en Église, en Humanité rassemblée. Enfin au cœur de cette relation faite de richesses, de don, de communion, accueillir Jésus le Ressuscité. Il nous interroge : "De quoi, parliez-vous en chemin ?". De la désespérance du monde ou des actions de relèvement dont chacun est capable ?
Nous sommes tous invités au festin ! Au festin de ceux et celles qui se risquent à vivre le partage comme un chemin de résurrection. »
Quant à www.christnet.ch, nous retenons ces mots qui concluent son calendrier de prière :
« Questions
Quand, dans quelle situation, la semaine passée, ai-je « renié la résurrection » ?
Quel aurait été un comportement conforme à mon espérance de la résurrection ?
Comment me préparer à mieux réagir une prochaine fois et à « rechercher les réalités d’en haut » (la prière, un changement d’attitude, chercher conseil…) ?
Renoncement et engagement
Pour commencer, nous te recommandons de te limiter à un renoncement et un engagement et de les appliquer pendant une semaine.
Je renonce à...
aux pensées « qui appartiennent à la terre »
aux peurs qui me manipulent (peur de l’avenir, de manquer, de me faire avoir…)
à endurcir mon coeur face à mon prochain miséreux (matériellement, émotionnellement, spirituellement).
Je m’engage à...
à vivre quotidiennement une vie en phase avec la résurrection et le Royaume à venir ;
à démontrer par mes actions qu’un autre monde se prépare, un royaume de justice et de paix ;
à vivre la vie du ressuscité, être un agent de réconciliation ;
à ouvrir mes yeux face à des situations d’injustice et de misère ;
à poursuivre cette habitude de renoncer, prier et donner que j’ai prise pendant ce
temps de Carême. »
Et, pour finir, nous ne pouvons que vous recommander ce texte sur le consumérisme écrit par notre ami Alain Ledain, un évangélique français. Cliquez sur ce lien et lisez.
Henrik Lindell
Cet article a été mis en ligne le 14 février 2010. Il a été réactualisé le 17 février 2010.

