




| People | Le cabinet spirituel d’Obama |
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Contrairement au fils et au père Bush et à Clinton, Obama est difficile à placer sur la carte confessionnelle. Pour voir clair, voici une liste de ses pasteurs et autres « conseillers spirituels ».Le président Obama fréquente différentes Eglises et il prie régulièrement en public. Mais l’homme le plus puissant de la planète se rend moins systématiquement au culte que ses trois derniers prédécesseurs. D’où certaines questions qui intéressent beaucoup les chrétiens américains, surtout les évangéliques : de quelle communauté Obama est-il proche ? Avec qui préfère-t-il prier ? Quels sont ses conseillers spirituels ? On pourrait tenter une réponse à ces questions grâce à une enquête publiée le 10 mars 2010 dans Christianity Today, le magazine évangélique de référence. Selon nos grands confrères américains, Barack Obama n’a toujours pas rejoint une communauté religieuse particulière à Washington. Il avait quitté sa communauté d’origine en 2008, une Eglise protestante réformée dirigée par le révérend très libéral Jeremiah Wright. Ce dernier a prononcé des discours et des prédications virulemment critiques à l’égard des Etats-Unis. Le candidat Obama a préféré prendre sa distance avec Wright et avec son Eglise. Apparemment, cette expérience douloureuse l’a durablement convaincu qu’il vaut mieux rester discret sur sa spiritualité. C’est en tout cas ce que pense l’évêque Charles Blake de l’Eglise Church of God in Christ, cité par Christianity Today. Blake fait partie de ceux qu’Obama appelle parfois au téléphone pour un conseil spirituel ou une prière. Car il prie, le président. Beaucoup. Il a aussi, comme ses prédécesseurs, des « conseillers religieux » qui le conseillent pour des décisions importantes concernant, par exemple, sa politique en Irak, la réforme de la santé et l’économie. Il s’agit de Jim Wallis, un pasteur évangélique et théologien, fondateur du mouvement pacifiste Sojourners. Il est également conseillé par le cardinal catholique retraité Theodore McCarrick et par le rabbin libéral David Saperstein. En dehors de ce trio, Obama s’est choisi sept personnes pour gérer les questions religieuses dans son administration. Certaines le soutiennent dans la prière, d’autres en le conseillant pour ses relations avec les groupes confessionnels, notamment les musulmans, et pour les différents programmes sociaux et sanitaires « fondés sur la foi » (faith-based initiatives). Voici une liste de ces sept personnes, qui forment ce que l’on pourrait appeler le "cabinet spirituel" d’Obama : Joshua DuBois Ce « petit jeune » de 27 ans, directeur du bureau de la Maison blanche qui gère les partenariats « fondés sur la foi » (1), conseille Obama pour pratiquement toutes les questions religieuses. Il répond aussi aux questions des médias sur la foi d’Obama. DuBois (photo à droite) était auparavant un pasteur pentecôtiste dans l’Etat de Massachusetts. Il envoie tous les jours des versets bibliques ou des méditations spirituelles sur le Blackberry personnel du président. Ce dernier reçoit aussi des petits extraits des travaux de Richard et Reinhold Niebuhr, ses théologiens préférés.Denis McDonough Ce catholique de 40 ans de l’Etat du Minnesota, marié et père de famille, n’est pas connu pour ses conseils spirituels, mais pour son job : conseiller de la sécurité nationale (National Security Council), un des postes lourds de l’administration Obama. McDonough (photo à droite) aide particulièrement le président à engager un meilleur dialogue avec les musulmans, à travailler avec le Vatican et comme l’explique Christianity Today, « à restaurer l’autorité morale du pays ». C’est lui qui a aidé Obama à faire le discours du Caire l’année dernière, un événement qui pourrait marquer positivement les relations entre les Etats-Unis et les pays à majorité musulmane. McDonough maîtrise parfaitement la doctrine sociale de son Eglise. Il considère qu’une des clés de la politique étrangère actuelle des Etats-Unis est la défense du l’idée du bien commun, au sens chrétien. Une notion qui prend en compte l’idée, également chrétienne, du mal qu’il faudrait combattre. Cet expert des relations internationales aide aussi le président à comprendre la politique du Vatican. Un de ses frères a été vicaire général de l’archidiocèse de Saint Paul et Minneapolis. Un autre frère est prêtre et théologien.Rashad Hussain Cet avocat musulman de 31 ans aide Obama à restaurer les liens avec le monde musulman. Il l’a conseillé pour les discours au Caire (voir plus haut) et à Ankara en Turquie. Hussain a voyagé avec Hillary Clinton au Proche-Orient et il a organisé un repas de fin de Ramadan à la Maison blanche. Il est l’observateur des Etats-Unis à l’Organisation de la conférence islamique. Melissa Rogers A 43 ans, elle préside le Conseil des partenariats fondés sur la foi et travaille avec Joshua DuBois (voir plus haut). Formée en droit, elle est directrice du Centre des affaires religieuses et publiques à la Wake Forest University School of Divinity, une grande faculté de théologie. Parmi ses qualités, d’après Christianity Today : elle serait respectée à la fois par des libéraux et des conservateurs. Elle est baptiste. Joel Hunter et Sharon Watkins Quand le président a besoin de prier, il téléphone souvent à Joel Hunter, un pasteur de la megachurch Northland en Floride. Il téléphone aussi au pasteur Sharon Watkins, présidente de la Christian Church (Disciples of Christ). Hunter, 61 ans, a longtemps été républicain. Il est surtout connu pour son « centrisme » et appelle souvent à la fin de la guerre culturelle entre chrétiens de gauche et chrétiens de droite aux Etats-Unis. Moins à gauche que Jim Wallis, il fait néanmoins partie de ces évangéliques qui considèrent que l’ordre du jour des évangéliques doit aussi inclure des enjeux comme la pauvreté, l’immigration, l’environnement et pas seulement l'avortement et le mariage gay. Son église à 12 000 membres. Un conseil : lisez son histoire personnelle dans wikipedia. Watkins, elle, a 55 ans et est libérale. Elle est aussi connue pour ses capacités de dialoguer avec des personnes d’origine et de culture différentes. Christianity Today suggère qu'elle passe plutôt bien auprès d'un public évangélique conservateur. Elle a prononcé une des principales prédications à la National Day of Prayer (Journée nationale de la prière) en mai l'année dernière devant Obama.Ni Hunter ni Watkins n’ont révélé aux médias ce qui est dit dans les conversations privées avec le président. Carey Cash C’est le pasteur qui prêche le plus souvent pour le président. L’explication est simple : il est aumônier à la chapelle de Camp David qui sert de retraite de week-end pour le président et sa famille de temps en temps. Obama a dit apprécier les « prédications puissantes » de Cash. Culturellement parlant, tout semble séparer les deux : Carey Cash est militaire, blanc, originaire de Memphis (Tennessee) et baptiste de la Convention du Sud (donc conservateur sur le plan théologique). Avant de travailler à Camp David, Carey Cash a notamment joué au football américain. Il a aussi été combattant et aumônier chez les Marines lors de l’invasion en Irak en 2003. Il a alors baptisé 59 soldats, dont un à l’intérieur du palais présidentiel de Saddam Hussein à Bagdad. Il est par ailleurs connu pour sa méfiance à l’égard de l’islam, qui pour lui est une religion violente. D’après Christianity Today, le pasteur et le président ne se parlent pas beaucoup en dehors des cultes. Ecoutez et regardez un témoignage étonnant de ce pasteur militaire dans cette vidéo. Il dit commet Dieu lui a sauvé la vie lors d’une bataille. C’est quelque chose que vous ne verrez probablement jamais en France. Si le nom vous semble familier, c’est peut-être parce que Carey Cash a un oncle très célèbre : Johnny Cash, le plus grand chanteur-compositeur de country de tous les temps (selon notre humble avis). Henrik Lindell (avec Christianity Today) 1. Le nom de ce bureau est “White House Office of Faith-based and Neighborhood Partnerships”. http://www.christianitytoday.com/ct/2010/marchweb-only/20-31.0.html
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