




| Pâques 2010 | Réunis au nom du Christ |
|
|
|
Que faites-vous le dimanche 4 avril ? Le matin de Pâques, à 7h30, vous êtes invités à un rassemblement œcuménique à La Défense (92) avec des milliers d’autres chrétiens. Voici ce qu’il faut savoir.Cela s’appelle Pâques 2010. Et les organisateurs attendent entre cinq et dix mille participants. C’est une initiative œcuménique lancée dans les Hauts-de-Seine il y a trois ans. En 2007, quelque 2500 chrétiens du diocèse catholique de Nanterre et d’autres Eglises du département s’étaient alors rassemblés sur l’esplanade de la Défense pour proclamer ensemble la résurrection du Christ. Cette année, l’expérience sera élargie à toute l’Ile de France. Catholiques, protestants et orthodoxes se retrouveront le 4 avril, à 7h30 (!) pour dire ce qui les unit. Il se trouve que cette année, les chrétiens occidentaux et orientaux (orthodoxes) fêteront Pâques le même jour, ce qui n’est pas toujours le cas. Aux côtés du diocèse de Nanterre, avec l’évêque Gérard Daucourt, très engagé dans le dialogue avec les autres Eglises, les sept autres diocèses catholiques de la région participeront activement au rassemblement. Les Eglises protestantes dites "historiques" sont également très engagées, ainsi que les Eglises orthodoxes. Quant aux évangéliques, c’est surtout les baptistes qui s’investissement dans l’aventure. Le pasteur Georges Mary, délégué de la Fédération des Eglises évangéliques baptistes de France, est un des piliers du groupe de coordination de Pâques 2010. Il a notamment supervisé le livret qui sera donné aux participants. On y trouve une série de rencontres avec Jésus inspirées de l’évangile de Jean. Celui-ci sera distribué le samedi 3 avril à La Défense. Pourquoi cet engagement de la part d’un évangélique comme Georges Mary ? « Il est important aujourd’hui de dire ce que nous avons en commun entre chrétiens, nous dit-il. C’est plus important que de montrer ce qui sépare les protestants des catholiques et des orthodoxes. Le monde nous voit, ne l’oublions pas. » Même constat chez la principale coordinatrice à Pâques 2010 : Christine Roberge, déléguée à l’œcuménisme du diocèse de Nanterre. Elle ajoute : « L’époque est finie où nous nous traitions d’hérétiques ». Pour cette professeure d’histoire-géographie récemment retraitée, titulaire d’une licence en théologie, « c’est une façon d’être fidèle à l’enseignement du concile Vatican II : l’œcuménisme n’est plus une simple option. Nous devons avoir un regard positif sur les autres chrétiens. » Que fera-t-on concrètement le matin de Pâques ? On prononcera par exemple une sorte de profession de foi, inspirée de la veillée pascale catholique. L’assemblée dira « Nous croyons » à l’évocation des trois personnes du Père, du Fils et du Saint-Esprit, ainsi qu’« à la sainte Église universelle [au lieu de « catholique », N.D.L.R.], à la communion des saints, au pardon des péchés, à la résurrection de la chair, et à la Vie éternelle ». (Vous trouverez l’intégralité de cette profession de foi plus bas). L’assemblée écoutera aussi plusieurs lectures autour du thème « Jésus nous rencontre ». Gérard Daucourt, évêque de Nanterre, prononcera les mots d’accueil et André Vingt-Trois, archevêque de Paris, fera l’envoi. Plusieurs protestants et orthodoxes prendront la parole, tels la pasteure Marie-France Robert, responsable de l’Église luthérienne de Paris, et Mgr Emmanuel, métropolite grec-orthodoxe de France. Laurent Grzybowski, chanteur-compositeur et par ailleurs journaliste à La Vie, dirigera les chants, parmi lesquels « Il est vraiment ressuscité », « Je louerai l’Eternel », « À toi la gloire », « Jésus sort de la tombe » et le gospel « Oh, Happy Day ». Pâques, c’est Le moment où les chrétiens disent la résurrection de Jésus et sa victoire sur la mort. « Oui, il est vraiment ressuscité ! », comme le proclament d’une seule voix les orthodoxes. Cette affirmation est centrale pour nous. Sans résurrection du Christ, la foi est vaine, disait l’apôtre Paul. C’est aussi un article de foi destiné à être communiqué au monde qui nous entoure. « À Pâques, nous disons que le Christ est ressuscité. Nous allons donc vers les autres », comme le résume Georges Mary. Pour cet évangélique, Pâques 2010 est donc une occasion d’évangéliser. Faut-il évangéliser ? Evangéliser ? C’est probablement la vraie originalité de ce rassemblement. Le but n’est pas de faire une énième réunion bien-pensante « œcuménique » entre chrétiens de différentes Eglises. L’idée, telle que nous l’avons comprise, est de se décentrer de nous-mêmes et de nos petites histoires afin de tourner nos regards vers le Christ et de demander aux autres de nous suivre. Donc évangéliser. Ce terme fait souvent peur aux catholiques, aux orthodoxes et aux protestants "historiques". Au delà de l’embarras suscité par des nouveaux convertis et certains évangéliques très militants (l’auteur de ce site par exemple…), il évoque de mauvais souvenirs – historiques - chez ces chrétiens. Des catholiques et des protestants, dans le passé, ont cru pouvoir « convertir » des populations entières en prononçant des paroles magiques tout en bafouant les valeurs évangéliques les plus élémentaires (la liberté de conscience, par exemple). Or le fait d’évangéliser vraiment – donc proclamer la bonne nouvelle, dire sa foi, « faire des disciples », se préoccuper pour l’autre – n’est peut-être pas politiquement correcte, mais ce n’est ni plus ni moins un devoir chrétien (selon l’évangile de Matthieu 28.18-20). Et c’est un devoir qui nous unit entre chrétiens. Vos prêtres et pasteurs ne vous le diront peut-être pas, mais sachez-le (il suffit d’ouvrir la Bible pour le voir) : l’évangélisation n’est pas une activité réservée aux évangéliques, à quelques pasteurs ou prêtres charismatiques ou à des personnalités extraordinaires évoquées dans les cours de patristique dans les facultés de théologie. Nous devons tous faire des efforts de décentrement de nous-mêmes et nous devons tous réfléchir à la façon dont nous communiquons notre foi. Pâques 2010 est une invitation à dire publiquement, d'une façon collective, notre foi en Celui qui nous dépasse. C'est pourquoi ce rassemblement pourrait avoir des retombées intéressantes. Un livret expliquant les fondements de la foi a été tiré à 70 000 exemplaires. 20 000 exemplaires de l’évangile de Jean pourraient être distribués.« Distribuer des évangiles dans la rue ? Je n’y aurais pas pensé, c’est certain, concède Christine Roberge. C’est le truc des baptistes, me disais-je. Mais je le ferai. Pourquoi ne pas partager la bonne nouvelle du Christ ? » Le rassemblement permettra aussi à tout le monde, et donc aux chrétiens eux-mêmes, de réfléchir au noyau dur commun. A La Défense le 4 avril, on sort des rites et vocabulaires particuliers. Combien de catholiques savent que les protestants ne font pas (en général) le signe de la croix ? Combien savent que les évangéliques ne font jamais – mais alors jamais – des prières pour la Vierge Marie ? Combien de protestants savent que les catholiques ne communient pas comme eux et que le Christ, pour les catholiques, est réellement présent lors de l’eucharistie ? Les uns et les autres pourront débattre de ces choses-là autant qu’ils veulent – il y a beaucoup de forums pour cela – mais le 4 avril, on s’intéresse à ce qui nous unit. Et on s’intéresse au monde qui nous entoure et qui nous regarde. Le débat sur Marie, l’eucharistie, le magistère, les ministères, les sacrements… attendra. Pause. Le Christ est ressuscité. Voila ce qui nous unit. Tout le reste est secondaire.Bien entendu, tout le monde ne partage pas cette vision des choses. Les intégristes des différentes Eglises ne viendront pas. Par définition. Et chez les évangéliques, beaucoup ont peur de se mêler avec ceux qui n’interprètent pas la Bible de la même façon qu’eux. C’est presqu’une tradition chez eux : « ne soyons pas comme les catholiques, qui nous ont tant fait souffrir… » Certains évangéliques dits "fondamentalistes" ne seront pas au rendez-vous (puisqu’ils y verraient des personnes qui ne pensent pas comme eux). D’autres n’y verront tout simplement pas l’intérêt : l’œcuménisme pour eux est un projet douteux et même dangereux. Ils ont la vérité et les autres n’ont qu’à l’adopter. Or, la tendance très nette aujourd’hui chez les évangéliques est justement à l’ouverture à l’autre. Ce qui est tout à fait normal, après tout. Un évangélique accorde un rôle prépondérant à la Bible et se méfie naturellement de la tradition. Quant à la pratique, les évangéliques s’inspirent surtout des Evangiles et des Actes, donc du comportement et de la foi des premières communautés chrétiennes. A la Défense, le 4 avril, où l’on s’intéressera aux fondements de la foi chrétienne, les évangéliques n’auront donc aucun problème à se sentir à l’aise. « Nous avons le même Seigneur que les autres chrétiens. Ce sont nos frères. Voila ce qui est important », résume Georges Mary. Chez certains chrétiens, l’initiative Pâques 2010 est certes un pas dans la bonne direction, mais elle ne va pas assez loin. Ils regrettent qu'on ne puisse rendre le même culte au même Seigneur et au même moment. Et ils suggèrent qu’on pourrait passer toute la matinée ensemble en allant jusqu’au bout d'une certaine logique œcuménique : une célébration commune « avec le pain et vin ». Pour les organisateurs, le temps n’est pas mûr. « Nous ne sommes pas dans une communion pleine et entière », rappelle Christine Roberge, du diocèse de Nanterre. « On serait moins nombreux si on passait toute la matinée ensemble. Ce serait contre-productif », estime Georges Mary, pragmatique. Cette question est énorme. Il est clair que les divisions entre frères chrétiens est une blessure infligée au corps du Christ. Mais qui a raison ? Qui a tort ? Nous pensons qu’il y a un temps pour tout. L’histoire n’est pas finie. Et, si on admet l’idée que Dieu aime la diversité (« il y a plusieurs demeures dans la maison du Père », comme le rappelle Jean dans son évangile), alors les différentes communautés et même nos différentes théologies respectueuses des Ecritures pourraient être voulues par Dieu. Tant que les uns et les autres se respectent et s’apprécient. Une chose est sûre : l’Esprit saint nous guide. Et unis nous le sommes seulement en Christ. Henrik Lindell Dimanche 4 avril 2010 à 7 h 30 à la Grande Arche. PROFESSION DE FOI Introduction : Vingt siècles nous séparent des premiers chrétiens. A cette époque, on ne parlait ni de catholiques romains, ni d’orthodoxes, ni de luthériens, réformés, baptistes, pentecôtistes, ni de l’Armée du Salut .... Ces appellations, et bien d’autres encore, ont été données à certains d’entre nous au cours de l’histoire, pour nous distinguer, nous diviser et parfois même nous affronter, nous qui nous réclamons pourtant du même Sauveur et Seigneur. En nous réunissant en ce matin de Pâques 2007 pour proclamer ensemble la bonne nouvelle du Christ, mort et ressuscité, nous ne voulons pas ignorer nos différences mais nous voulons avant tout témoigner joyeusement et fermement que l’essentiel de notre foi nous est commun. Je vous invite à goûter cela comme un privilège bienfaisant, mais aussi comme un devoir à rendre au monde. Celui-ci nous observe et il a le droit de voir que ceux qui se réclament du même Christ sont capables de confesser ensemble leur foi, dans l’amour et le respect de leurs différences. Je vous invite en conséquence à répondre par un vibrant et joyeux « Nous croyons » aux trois questions que je vais nous poser en notre nom à tous. Elles ne disent pas toute notre foi mais elles en expriment l’essentiel. --------------------------- Croyez-vous en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre ? L’assemblée : nous croyons Croyez-vous en Jésus- Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui par amour pour nous s’est fait homme, est né, a souffert la passion, a été enseveli, est ressuscité d'entre les morts, et qui est assis à la droite du Père d’où il reviendra ? L’assemblée : nous croyons Croyez-vous en l'Esprit Saint, à la sainte Église Universelle, à la communion des saints, au pardon des péchés, à la résurrection de la chair, et à la Vie éternelle ? L’assemblée : nous croyons Conclusion : Que Dieu tout-puissant, Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a fait renaître par l’Esprit Saint, et qui nous a accordé le pardon de tout péché, nous garde encore par sa grâce dans le Christ Jésus notre Seigneur pour la vie éternelle. Cet article a été mis en ligne le 29 mars 2010. Les photos sont de Georges Mary. Elles ont été prises en 2007 à La Défense lors du premier rassemblement oecuménique à Pâques.
|

Y a-t-il une église en France pour moi ?
Oui, pour consulter la liste des communautés accueillantes, cliquez ici. Lisez aussi notre article introductif.