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800 marcheurs pour Jésus à Strasbourg PDF Imprimer Envoyer
Le 29 mai, la 11ème « Marche pour Jésus » a réuni un petit millier de personnes à Strasbourg. Des chrétiens français et allemands ont joyeusement témoigné de leur foi en Dieu. Sans prosélytisme.


En 2009, ils étaient 600
à marcher pour Jésus à Strasbourg. Cette année, ils étaient 800, selon les organisateurs (voir photo). C’est un chiffre qui correspond aux attentes formulées par Daniel Rivaud, principal responsable, interviewé par téléphone par nos soins avant la marche. Avec quatre camions sonorisés, dont un venant d’outre-Rhin, des groupes de musique, les marcheurs ont pu communiquer leur joie de croire en Jésus. Des évangéliques de différentes Eglises, des luthéro-réformés et des catholiques ont défilé avec des bannières aux messages évangéliques : « Jésus donne la paix » et « Jésus est vivant ! ». Soit un « témoignage non communautariste et sans revendication », d’après Daniel Rivaud. Qui tient par ailleurs à rejeter l’idée selon laquelle les marcheurs feraient du prosélytisme.
Il s’agit d’être « ouvrier de paix » avec Jésus et de le dire. « Il est important de montrer un évangile joyeux, pas austère », nous dit Daniel Rivaud. Qui considère aussi que « trop de personnes ont une image fausse, légaliste, de Jésus Christ et de l’évangile ».
De fait, cette manifestation pour Jésus à Strasbourg suscite très rarement des réactions hostiles ou même négatives. « Que revendiquons-nous ? Rien. On est là pour dire notre foi, c’est tout. Je crois que cela touche les cœurs », dit Daniel Rivaud.
Ce pasteur évangélique, par ailleurs responsable du Comité protestant évangélique pour la dignité humaine, se souvient de ses parents, officiers de l’Armée du Salut. « Quand l’Armée du Salut est venue en France, les gens recevaient parfois ces chrétiens avec des pots de chambres, des œufs pourris et des tomates. Mais ils n’avaient pas peur. Nous, nous avons une totale liberté. Et l’opposition n’est pas violente. Donc, tant qu’on peut organiser des marches pour Jésus, il faut le faire. »
Daniel Rivaud ajoute : « Le témoignage au cœur de la vie des hommes fait partie de notre responsabilité de chrétien. Et dans ce témoignage, il y a le désir de montrer que l’évangile change la vie. » Des mots que nous partageons sur ce site.

Les ambiguïtés de la Marche pour Jésus à Paris

Daniel Rivaud et d’autres chrétiens qui n’ont pas peur d’afficher leur foi, dont nous-mêmes, seraient moins à l’aise dans des marches où l’on parle le « patois de Canaan » (des termes bibliques incompréhensibles pour les non chrétiens) et où l’on utilise des symboles ambigus, comme par exemple un instrument de musique associé à la guerre de conquête de Josué quand il est entré dans la Terre promise.
A ce titre, il convient de rappeler que la Marche pour Jésus à Paris, qui aura lieu le 5 juin prochain, regroupe essentiellement des évangéliques charismatiques des Eglises issues de l’immigration. C’est joyeux et dansant, ce qui est a priori magnifique. Mais l’organisation est très différente et peu démocratique, par rapport à celle de Strasbourg. Et comme d’habitude, cette marche pour Jésus à Paris risque de susciter des grincements de dents chez tous ces chrétiens qui ne sont pas à l’aise avec un mode d’expression jugé trop triomphal et trop bruyant. L’année dernière, nous étions quelques milliers à marcher et à nous sentir plus ou moins à l’aise. Une réussite ? Non, quelques milliers de marcheurs pour des centaines de milliers d’évangéliques sur Paris n’est pas une réussite ! Malgré la bonne musique et les bons danseurs, il y a là un vrai manque de représentativité.
De fait, il n’y a pas une organisation unique des marches pour Jésus en France. Il y en a deux. Celle de Strasbourg, qui fonctionne sur un modèle transparent et qui intègre différentes sensibilités et spiritualités. Et celle de Paris (avec Lille, Nantes et Bordeaux) qui ignore le fonctionnement fédératif et démocratique (2 note introduite le 24 juin 2010).
Entre évangéliques, on appelle ce phénomène « un problème de concertation ». Mais citons plutôt un responsable d’une grande organisation évangélique de référence : il s’agit d’ « un contre-témoignage ». La Marche pour Jésus de Strasbourg réclame une fédération nationale et au moins une réunion annuelle avec la possibilité d’avoir une présidence tournante. Les organisateurs de la Marche pour Jésus à Paris veulent faire les choses à leur façon et souvent à la dernière minute. D’où les manifestations très charismatiques que nous connaissons. Avec un certain patois de Canaan en prime. L’année dernière, la Marche à Paris a eu lieu le même jour que la Gay Pride, une énorme manifestation pour les droits des homo-, bi- et transsexuels. Daniel Rivaud, lui, serait opposé à l’organisation de la Marche pour Jésus le même jour que la Gay Pride.

Contre l'antisémitisme

A Strasbourg, il n’y avait pas de thèmes politiques ou de revendication particulière. Mais, selon la volonté des organisateurs, l’antisémitisme a été clairement dénoncé. Ainsi, devant la Grande synagogue de Strasbourg, le cortège s'est arrêté. Pendant que les marcheurs priaient en silence, une délégation interdénominationnelle franco-allemande a rencontré une délégation de la communauté juive de Strasbourg et de la région conduite par le Grand rabbin René Gutman. Une déclaration (cliquez ici) (1) contre l’antisémitisme a été remise au Grand rabbin.
Lors d’un deuxième arrêt, place de la République, deux chrétiens allemands et deux Français ont prié pour la paix en faveur de la communauté juive et pour le développement des relations franco-allemandes entre chrétiens.
La marche s'est terminée place de l'Université avec une danse et un dernier chant. Ce fut un moment émouvant où la grâce de Dieu était perceptible, selon plusieurs participants.
HL
Cet article a été mis en ligne le 30 mai 2010.

1. Ces chrétiens à Strasbourg ont jugé important, à juste titre, de manifester leur solidarité avec le peuple juif et de dire leur condamnation de l’antisémitisme. Dans leur déclaration, ils font aussi un lien entre antisionisme et antisémitisme. Ce lien est curieux dans la mesure où certains juifs orthodoxes sont eux-mêmes antisionistes. Sans doute faut-il rappeler que les fondateurs du sionisme proprement dit visaient simplement l’établissement d’un foyer national pour le peuple juif. Pour certains juifs religieux, le projet de Dieu était autre. Or en histoire moderne, le sionisme est tout simplement une idéologie nationaliste qui a pratiquement atteint son but. Israël est une réalité depuis 1948. Comme tant d’autres citoyens lambda, l’auteur de cet article en est très content et il est franchement « sioniste » en ce sens.
Hélas, ce terme a été trop exploité par certains Israéliens et par certains militants pro-palestiniens. Aujourd’hui, beaucoup d’Israéliens, beaucoup de juifs, surtout en France, et nombre de chrétiens évangéliques considèrent que le sionisme autorise une domination de type colonialiste, moralement et bibliquement indéfendable, sur le peuple palestinien et les terres qui lui appartiennent. C’est un fait tragique que nous ne cessons de dénoncer sur ce site en nous référant aux prophètes dans l’Ancien Testament. Juridiquement parlant, Israël bafoue tous les jours le droit international et les Droits de l’homme dans des territoires qu’il occupe illégalement depuis 1967 en Cisjordanie et à Jérusalem. Il s’agit là d’un fait historique vérifiable, pas d’une interprétation. Ne pas vouloir comprendre les souffrances du peuple palestinien, c’est ne pas vouloir comprendre la souffrance humaine en général. C’est une façon de nier Dieu et la souffrance de Jésus. Si vous avez un doute, faites un tour dans les territoires occupés. Ce phénomène ne devrait pas nous surprendre. Comme le démontre la Bible, Israël qui est « le peuple élu » n’a pas toujours raison. Combien de fois ce peuple – auquel nous pouvons nous associer – s’est-il éloigné de Dieu et de sa loi ? Combien de fois s’est-il livré à l’idolâtrie ? Quel est systématiquement l’objet de la colère des prophètes dans la Bible ? L’éloignement de Dieu et de la loi, qui est compassion, amour, justice, ordre.
Cette mise en cause de la politique israélienne actuelle, qui pose donc des vrais problèmes, ne justifie d’aucune manière un certain « antisionisme » agressif qui se veut pro-palestinien. De toute évidence, certains « antisionistes » n’avouent pas leur antisémitisme. Ce dernier constitue un délit condamnable. L'antisémitisme existe hélas dans différents milieux et même chez certains chrétiens. On ne le dénoncera jamais assez.


2. Dans cet article, nous évoquons une critique souvent entendue à l'égard de la Marche pour Jésus à Paris. Nous la partageons en tant que militant chrétien, d'où un ton effectivement engagé. Le fait de l'écrire ainsi noir sur blanc ne fait pas plaisir à tout le monde, évidemment. Mais nous espérons que cette critique sera entendue. Notre objectif sur ce site n'est pas de critiquer ou de dénoncer des frères, mais de témoigner du Christ.
 

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