




| La Fédération protestante dénonce les atteintes à la liberté religieuse au Maroc |
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Dans une déclaration du 21 juin, le Conseil de la Fédération protestante de France déplore les atteintes portées à la liberté de religion dans le monde, dont l’expulsion de chrétiens du Maroc.Dans les grandes organisations chrétiennes représentatives, il est de bon ton de montrer une indignation de principe à l’égard du manque de liberté religieuse dans certains pays. Mais le fait de préciser l’identité des victimes et le nom de l’Etat concerné relève parfois d’un certain courage. La Fédération protestante de France, quoique prudente (heureusement), a une saine habitude d’appeler un chat un chat. Son président Claude Baty a toujours tenu à dire son refus des décisions gouvernementales absurdes à l'encontre de chrétiens évangéliques en Algérie ou ailleurs. Le 21 juin, le Conseil de la FPF (lire ici) a tenu à élever sa voix contre les atteintes « portées à la liberté de religion qu’il constate dans le monde et qui ont parfois des répercussions dans notre pays ». Est affirmé « la liberté de conscience – liberté de croire ou de ne pas croire, de pratiquer ou de ne pas pratiquer une religion, de changer de religion ». Ce qui pour la FPF constitue « un droit fondamental qui ne peut être remis en question, même pour des raisons de cohésion sociale ». Soit une façon élégante de dénoncer l’interdit de la conversion décrété par des responsables religieux et des hommes politiques dans certaines religions, surtout l’islam. Quant aux responsables religieux, selon la FPF, « leur responsabilité est toujours et partout de contribuer à la recherche de la paix, de la justice, sans jamais inféoder leur liberté de parole et d’action à des intérêts particuliers ». Dans la deuxième partie de la déclaration, la FPF donne une précision importante : « Alertée par l’Église évangélique au Maroc, elle proteste avec elle contre les expulsions récentes de nombreux chrétiens du Maroc. » Pour finir, « elle appelle l'attention des opinions publiques française et marocaine sur cette situation, et demande au gouvernement français de prendre en compte cette inquiétude dans le dialogue qu'il entretient avec ce pays ». On peut noter que la FPF ne dénonce pas le « prosélytisme » dont sont soupçonnés certains chrétiens évangéliques au Maroc. Elle n’évoque pas non plus les réelles divergences entre l’Eglise évangélique du Maroc et certains évangéliques étrangers, par exemple les responsables d’un orphelinat expulsés en mars dernier. La très officielle Eglise évangélique du Maroc, la seule communauté évangélique autorisée, a en effet peur d’être impliquée dans des activités de chrétiens qui répandent l’évangile dans des milieux musulmans d’une façon pouvant être jugée illégale par les autorités (1). Mais plus généralement au Maroc, comme en Algérie et dans d’autres pays majoritairement musulmans, le premier réflexe de certains chrétiens « historiques » et/ou étrangers est de dénoncer les évangéliques étrangers qui viennent évangéliser. Et les agences de presse sur place aiment relayer la réaction offusquée de ces chrétiens « historiques ». Ils s’empressent de dire leur reconnaissance à l’égard des gouvernements des Etats concernés, engagés à chasser ces dangereux « prosélytes ». La FPF refuse de participer à ce jeu de dupes. Comme l'association Portes ouvertes (2), elle se préoccupe au contraire pour les libertés fondamentales. Et dans cette affaire, l’Eglise évangélique du Maroc cherche à marcher sur un chemin étroit, risqué : elle doit à la fois respecter des lois anti-conversion contraires au droit de l’homme, à la fois aider les frères chrétiens dont beaucoup sont engagés dans un travail social et sanitaire pour le plus grand bien de la population marocaine. Un témoignage chrétien pas évident à assumer. Et si les touristes français au Maroc faisaient davantage savoir combien ils aiment les droits de l'homme ? Henrik Lindell La photo vient de Portes ouvertes. L'homme est un chrétien expulsé du Maroc. Cet article a été mis en ligne le 23 juin 2010 1. La Fédération protestante avait déjà le 24 mars fait part de son étonnement face à une première vague d’expulsions de chrétiens évangéliques. Nous avons alors évoqué des sources de malentendu entre protestants évangéliques au Maroc et ailleurs (lire notre article en cliquant ici). 2. Nous vous invitons à lire ce communiqué du 25 mai dernier de Portes ouvertes, l’organisation spécialisée sur la défense des chrétiens persécutés. Nous avons souligné des phrases qui nous interpellent particulièrement. "MAROC : Nouvelle vague d’expulsions de chrétiens expatriés En l'espace d'une semaine, depuis le lundi 10 mai, au moins 28 personnes originaires d'Europe ou d'Amérique latine sont sous le coup d'un arrêté d'expulsion. Toutes se disent persuadées que cette expulsion est due à leurs convictions chrétiennes. Toutes nient avoir exercé une quelconque activité pouvant être qualifiée de prosélytisme. Dans la plupart des cas, elles ont 48 heures pour liquider leurs affaires et quitter le territoire, ce délai étant parfois ramené à 24, voire 12 heures. Ressortissants français aussi touchés De très nombreuses nationalités sont touchées, dans au moins 10 villes du Royaume du Maroc. A notre connaissance, un couple de Français et un couple binational français-néozélandais établis à Agadir et Oujda sont également concernés. Tous étaient connus pour être des chrétiens pratiquants dans des églises officiellement reconnues, mais se gardaient bien de tout prosélytisme. Dans l'optique des autorités, le fait que les Marocains qui les côtoient sachent qu'ils sont chrétiens est de nature à ébranler leur foi musulmane. Par l'ampleur de cette nouvelle vague d'expulsion, il est clair que les autorités marocaines se plient au jeu des islamistes qui font tout pour éliminer ce qu'ils considèrent être une menace pour l'Islam, une fitna. Fitna La fitna dans la religion musulmane est tout ce qui constitue une tentation qui pourrait détourner le croyant de la foi islamique. Elle doit être combattue par le Jihad avec la dernière énergie. Dans cette optique, le prosélytisme de l'islam chiite et du christianisme doit être éliminé par tous les moyens possibles. La présence de personnes disposant d'une liberté de pensée ou pratiquant des actes humanitaires généreux est également considérée comme une fitna. Elle risque de montrer à un musulman qu'il existe une autre voie, et qu'on peut être épanoui hors de l'Islam sunnite dont le Roi est le garant, étant un descendant direct de Mahomet. C'est apparemment cette menace qui incite les autorités marocaines à expulser du Royaume du Maroc tout chrétien représentant une fitna. Chrétiens marocains inquiets De nombreux chrétiens marocains se disent inquiets pour leur avenir. Les vagues précédentes d'expulsions de mars dernier n'ayant recueilli que très peu d'écho dans les médias occidentaux, ils sont convaincus d'être les prochaines victimes de la «campagne de lutte des autorités marocaines pour empêcher la diffusion du credo évangélique, visant à ébranler la foi des musulmans». D'autre part, des employés d'entreprises dont les dirigeants ont été expulsés, éprouvent d'énormes difficultés à poursuivre les activités et craignent de se retrouver rapidement au chômage." Source : http://www.portesouvertes.fr/informer/cp_details.php?id=86
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