Appel chrétien pour défendre les étrangers
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Face à un nouveau projet de loi qui réduirait les droits des étrangers, cinq grandes organisations chrétiennes – dont la Cimade - tirent la sonnette d’alarme afin d’éveiller les consciences. L’appel est intitulé « Ne laissons pas fragiliser le droit des étrangers ». Il a été signé et lancé par cinq organismes chrétiens catholiques et protestants de référence : ACAT-France, CCFD-Terre Solidaire, Fédération de l’Entraide Protestante, Cimade et Secours Catholique. L’objectif est « d’éveiller les consciences face au nouvel et inquiétant projet de loi sur l’immigration », en l’occurrence celui du 31 mars dernier. Une vingtaine d’autres associations, mouvements et services chrétiens soutiennent l’initiative. Certaines Eglises y souscrivent aussi, dont l’Eglise réformée de France. D’après les signataires, ce projet de loi, qui sera examiné à l’Assemblée nationale à partir du 27 septembre, « réduit encore les droits des étrangers en France et augmente le pouvoir discrétionnaire de l’administration à leur encontre ».
Comme l’écrit AFP dans une dépêche du 29 juin, ce projet de loi ‘relatif à l'immigration, à l'intégration et à la nationalité’ durcit les conditions de séjour en France en facilitant l'éloignement des sans-papiers. Il prévoit la mise en place de « zones d'attentes temporaires pour les étrangers ayant franchi la frontière en dehors d'un point de contrôle, l'allongement de la durée de rétention des étrangers expulsables, l'éventuelle interdiction de retour pour une durée de 3 ans, etc. Il prévoit aussi la mise en place du premier titre de séjour européen au bénéfice des travailleurs « hautement qualifiés » (minimum bac+3), valable dans les 27 pays de l'UE. Ce projet de loi constitue d'ailleurs en grande partie une application à la France de législations européennes. »
Pour en savoir plus, lisez l’appel ici.
Ensuite, cliquez ici pour lire l’argumentaire et une proposition de lettres à envoyer à vos députés et autres élus. Il est notamment question de « pillage de cerveaux » (c’est-à-dire « immigration choisie » ou « utile » en langage politique) et de « délit de solidarité » si on protège ceux qui sont menacés d’expulsion.
Citons un extrait de cet argumentaire (c'est nous qui soulignons) :
« Au tour de M. Besson. Ce projet de loi décidé le 31 mars dernier, sous couvert de transposer dans le droit français trois directives européennes, poursuit la réforme du régime de l’entrée et du séjour des étrangers en France : c’est une étape supplémentaire dans la fragilisation d’hommes, de femmes, d’enfants et de familles déjà fortement ébranlés par les difficultés de l’exil.
L’idéologie de l’immigration « choisie » engendre la fragilisation des droits de ceux qui, selon l’Etat, seraient « subis ». Pourtant, les droits de ces migrants sont garantis par les conventions internationales sur les Réfugiés, les droits de l’Enfant, la sauvegarde des droits de l’Homme, etc.
Les migrants « subis », jugés moins rentables pour l’économie, sont déjà dissuadés de venir en France ; s’ils y restent sans papiers, ils risquent alors une double peine : expulsés et interdits d’Europe jusqu’à trois ans (avec 2 ans supplémentaires s’ils se maintiennent néanmoins en France, par exemple pour solliciter une régularisation au regard de leur situation personnelle : santé…)
Quant à ceux qui sont choisis pour leurs "talents ou compétences", le renouvellement de leur carte de séjour de 3 ans n'exigera plus de contribuer au développement de leur pays d’origine : le projet de loi abandonne cette exigence votée en 2006 pour lutter contre le pillage des cerveaux des pays les plus pauvres. L'utilitarisme de cette modification est éclairant : le renouvellement des premières cartes, attribuées en 2007, commence … en 2010 !
Ainsi les uns seraient prometteurs, les autres moins utiles. Pour nous, chrétiens, le but de la vie n’est pas d’amasser puissance et richesse mais de partager pour le Bien commun. Inviter ceux qui semblent les plus prometteurs en amoindrissant les droits des autres et en leur refusant une place à notre table procède d’un choix contraire à nos valeurs. »
Quant à nous, rappelons simplement l'appel chrétien à accueillir l'étranger tel qu'il est attribué à Jésus lui-même dans l'évangile de Matthieu chapitre 25, versets 31 à 46. C'est au sujet du jugement dernier. La recommandation d'accueillir et d'aider matériellement l'étranger est une constante dans la Bible, comme nous essayons souvent de l'expliquer sur ce site (lisez cet article, par exemple). Il ne s'agit pas de faire dans le simplisme activiste ou dans la charité chrétienne bien-pensante, il s'agit de garder les pieds sur terre et d'être fidèle à ce Dieu qui nous parle à travers la Bible. Nous souscrivons, évidemment, à cet appel lancé par des associations chrétiennes. Que Dieu nous aide à mieux accueillir ceux qui cherchent un refuge chez nous !
Henrik Lindell

