Dieu et Moi

Des hommes et des dieux contre le fanatisme

Comment éviter le pessimisme face aux mauvais exemples donnés au nom de différentes religions ? On peut s’inspirer des bons exemples, dont celui des moines de Tibhirine.

 
Fanatisme, faux pasteurs dangereux, débats hystériques sur le projet de construction d’un centre communautaire islamique près de Ground Zéro, islamophobie grandissante, désinformation, inculture, appels à la vengeance… Que faire quand des chrétiens donnent de très mauvais exemples ?

Nous avons trouvé quatre types de solutions :
1. Lire la Bible, encore et encore. L’égarement des frères et sœurs est un phénomène bien connu et abondamment traité dans le Nouveau Testament, particulièrement le livre des Actes et les lettres de Paul aux Corinthiens et aux Galates. Il nous est demandé de méditer et d’imiter l’exemple du Christ (1). Lui qui nous demandait d’aimer nos ennemis. Aujourd’hui, certains évangéliques devraient manifestement (ré)apprendre à aimer les musulmans. Et s’ils voyaient en eux d’abord des hommes et des femmes et pas seulement des gens qui n’ont pas une foi chrétienne ?
2. Chercher un soutien moral dans son Eglises. Beaucoup de frères et de sœurs restent stoïques face aux débats médiatiques, souvent vains. Ils nous aident ainsi à nous concentrer sur l’essentiel : essayer de vivre concrètement l’Evangile au jour le jour. C’est évidemment une solution qui concerne le principal animateur de ce blog, journaliste professionnel, obligé de lire beaucoup trop la presse en ce moment.
3. Attendre. Il y a un temps pour tout, comme nous l’apprend la Bible. Après la tempête, le calme revient. Pour faire passer ce moment pénible, on peut faire du sport, prendre de l’air, voyager. Si nous sommes attentifs, nous découvrirons que Dieu peut nous parler à travers notre entourage, y compris des non-chrétiens, la nature, les beaux arts, la littérature.
4. Aller voir le film Des hommes et des dieux. Pour mieux comprendre, lisez la critique du Monde de l'édition du 7 septembre faite par la journaliste Isabelle Regnier. L’exemple des moines assassinés de Tibhirine nous enseigne que la conscience peut parfois vaincre nos instincts. C’est la foi en Christ qui nous aide. Cette foi est confiance, même dans les moments les plus angoissants. Et cette foi nous est donnée par grâce, qui vient de Dieu. Dans le film, les frères, dont Christian (excellent Lambert Wilson) et Luc (tout aussi excellent Michael Lonsdale) expliquent pourquoi ils accompagnent leurs amis musulmans dans le village, pourquoi ils restent auprès d'eux. Ils aiment ces gens. Ils n’ont pas peur d’eux. Ils incarnent l’amour du Christ. C’est très bien expliqué sur le blog de notre ami catholique Patrice de Plunkett (cliquez ici). Oui, ce film est un témoignage chrétien, même si le réalisateur veut surtout y voir l'expression d'une éthique. Nous y avons vu un reflet de l'amour de Dieu. Bouleversant. Un film immense.
HL
1. Lisons par exemple la lettre de Paul aux Galates 4.5-6 : « Vous êtes séparés du Christ, vous qui cherchez la justification dans la loi ; vous êtes déchus de la grâce. Quant à nous, c’est par l’Esprit que nous attendons de la foi la justice espérée. Car, en Jésus-Christ, ce qui a de la valeur, ce n’est ni la circoncision ni l’incirconcision, mais la foi qui opère par l’amour. »
Cet article a été mis en ligne le 11 septembre 2010.