




| Prier pour les chrétiens persécutés |
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Le « dimanche de l'Eglise persécutée » (14 novembre 2010), organisé par les protestants et les évangéliques, était une occasion de prier pour les chrétiens clandestins.Plus de 200 millions de chrétiens n'ont pas la possibilité de vivre leur foi en toute liberté. A cause de ce drame, souvent ignoré en Occident, la mission Portes ouvertes, le Conseil national des évangéliques de France et la Fédération protestante de France s’associent pour organiser le « Dimanche de l’Eglise persécutée » (DEP). Dans un texte commun (cliquez ici), ces trois organisations écrivent : « Dieu nous encourage à pardonner, Il nous commande même de le faire : « Pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. » Colossiens 3.13. Dépasser les atrocités, les trahisons, les méchancetés, les blessures, mais aussi toutes ces petites choses qui nous offensent et que nous retenons contre Dieu, contre nous-mêmes et contre notre prochain ! Lors du DEP le 14 novembre 2010, nous vous proposons de vous arrêter un moment en communion avec l’Eglise persécutée sur le thème du PARDON. Ensemble, nous pourrons (re)découvrir qu’au-delà de ce qu’il nous coûte, il est aussi source de vie. » Dans nos Eglises protestantes et évangéliques, vous avez peut-être pu entendre des témoignages ce dimanche 14 novembre. Vous avez peut-être célébré un culte en pensant spécialement aux chrétiens persécutés. Comment s’engager maintenant sur le chemin du pardon ? Comment apprendre de ces nombreux chrétiens qui pardonnent à leurs bourreaux ? Irak Nous sommes incités depuis quelques semaines à penser particulièrement à l’Irak. Depuis le déclenchement de la guerre par l’armée américaine (et britannique) en 2003, le nombre de chrétiens est passé de 450 000 et 150 000. La plupart se sont installés dans des pays occidentaux. La guerre, elle, a fait au bas mot 100 000 morts. Si George W. Bush voulait vraiment organiser une « croisade » - pour employer une expression parfois entendue au sujet de cette opération condamnée par la grande majorité des Eglises – on peut dire que le bilan est doublement catastrophique. Les chrétiens sont visés en permanence par des islamistes. Le dimanche 31 octobre, al Qaïda a organisé un attentat dans l’église syrienne-catholique Notre-Dame du Perpétuel secours qui a fait 46 victimes chrétiennes dont deux prêtres. Le 10 novembre, une série d'attaques contre des maisons et des magasins appartenant à des chrétiens en Irak a fait 6 morts et 33 blessés. Cette série va-t-elle continuer ? Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est dit « consterné » le 10 novembre par ces attentats. Selon l'ambassadeur de France à l'ONU Gérard Araud, « défendre les chrétiens d'Irak, ce n'est pas seulement une exigence morale, c'est aussi une nécessité politique. Attaquer les chrétiens d'Irak c'est aussi attaquer la diversité, le pluralisme de la société irakienne, c'est le combat du fondamentalisme contre la démocratie. Les chrétiens d'Irak sont en première ligne dans ce combat. » Le pape Benoît XVI a demandé le 11 novembre aux dirigeants politiques de « garantir à tous la liberté de conscience et de religion, tout comme celle de pouvoir témoigner publiquement de sa propre foi. » Il a ajouté ceci : « J'exprime la gratitude de toute l'Eglise aux chrétiens qui ne capitulent pas devant les obstacles et les persécutions à cause de l'Evangile. » Le Conseil français du Culte musulman (CFCM) a fait part le 11 novembre de son « indignation ». Il a dénoncé « les groupes terroristes qui instrumentalisent l'Islam ». Son soutien aux chrétiens est sans ambiguïté : « Le Conseil Français du Culte Musulman se joint aux réactions d'indignation, des chrétiens de France face aux violences que subissent les chrétiens d'Irak et appelle toutes les forces éprises de paix et de justice à joindre leurs efforts pour mettre fin à la souffrance du peuple irakien. » Il rappelle que « les musulmans là où ils sont majoritaires sont tenus responsables de la protection des minorités religieuses qui partagent avec eux un destin commun au sein d'une même nation ». Il a salué « la position des autorités religieuses chrétiennes qui tout en dénonçant les crimes commis par des terroristes, contre les chrétiens d'Orient, ont tenu à mettre en garde contre toute amalgame avec l'islam et les musulmans ». On pourrait ajouter à cette réaction salutaire un fait qui n’a probablement pas été suffisamment souligné dans la presse. Lors de l’enterrement des victimes chrétiennes des attentats du 31 octobre, beaucoup de musulmans tenaient à être présents et ainsi témoigner de leur solidarité avec la communauté chrétienne. Notre ami et directeur (oui, ce n'est pas contradictoire) Hubert Debbasch, PDG de Témoignage chrétien, lui-même présent à cet enterrement, l'a rappelé à une émission sur Radio Notre Dame. La Fédération protestante de France a publié ce communiqué le 11 novembre : Les chrétiens irakiens ont été à nouveau la cible d’attentats meurtriers. La communauté chrétienne irakienne, déjà fortement éprouvée et sous le coup de nouvelles menaces, vit une grande détresse. La Fédération protestante de France a exprimé, dans un communiqué le 2 novembre, sa peine et sa vive inquiétude après l’attaque de la cathédrale syriaque catholique de Bagdad, le 31 octobre. Cette dramatique actualité atteste de la virulence des violences antichrétiennes que supportent de nombreux chrétiens à travers le monde, notamment dans des pays au régime autoritaire, ou en proie à une intolérance exacerbée par divers extrémismes. La Fédération protestante de France appelle les protestants à témoigner leur solidarité avec les chrétiens persécutés à cause de leur foi, tant par des actions de soutien que par des temps d’information et de prière lors des cultes. Notre témoignage de solidarité aide ces frères et sœurs à sortir de l’isolement. Nous voulons partager avec eux une espérance qui résiste à la haine de l’autre. La Fédération protestante de France invite les protestants à participer aux différentes manifestations de soutien aux chrétiens d’Irak et d’Orient. Le 14 novembre est d’ailleurs le dimanche annuel de l’Église persécutée ; le thème principal, cette année, est le pardon, source de vie. Plusieurs organismes sont en mesure d’accompagner ces temps d’information et de prière tels que l’Action chrétienne en Orient, Portes Ouvertes ou l’ACAT. Le gouvernement français, lui, a dû répondre à des critiques faites à son égard après l’accueil de plusieurs chrétiens blessés. N’est-on pas en train de favoriser des chrétiens ? Et d’ailleurs, n’encourage pas-t-on l’exode ? Une chose est sûre : nous n’allons pas sur ce site soupçonner le gouvernement actuel d’accueillir trop d’immigrés ! Et si d’aventure on privilégiait pour une fois les chrétiens, pourquoi pas ? Cela fait des années que le critère « chrétien » n’a jamais été accepté comme une raison d’accorder le statut de réfugié. Rattrapons ce retard. Plus sérieusement, Eric Besson, ministre de l’Immigration, a expliqué la politique française ainsi : « L'objectif de la France est la protection renforcée des chrétiens d'Irak et d'Orient dans leur pays pour préserver des sociétés qui sont depuis des siècles des sociétés multiconfessionnelles. L'Orient doit continuer d'abriter des confessions différentes. » Il a ensuite expliqué que toutes les personnes chrétiennes arrivées d’Irak cette semaine obtiendraient l'asile politique si elles en faisaient la demande. Une contradiction ? Si la France n’accueille plus les gens qui souffrent, ce refus de solidarité serait autrement contradictoire avec les idéaux de la République… Franchement, la politique française actuelle au Moyen-Orient nous semble plutôt cohérente et réaliste. Dans nos prières pour les chrétiens persécutés, n’oublions pas de demander la bénédiction pour le gouvernement français aussi. Henrik Lindell Cet article a été mis en ligne le 13 novembre 2010. Il a été réactualisé le 15 novembre.
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