• Wide screen resolution
  • Narrow screen resolution
  • Increase font size
  • Decrease font size
  • Default font size
Côte d’Ivoire | Après la chute de Gbagbo, le cauchemar est-il terminé ? PDF Imprimer Envoyer
Laurent Gbagbo a été arrêté le 11 avril par les forces d’Alassane Outtara, aidées par les troupes françaises. Une victoire qui rend possible la réconciliation ? Quel message chrétien ?


Laurent Gbagbo, c’est fini. Il a été arrêté le 11 avril avec son épouse et son fils. Alassane Ouattara, quatre mois après l’élection présidentielle fin novembre, peut enfin s’installer au pouvoir. Une guerre avait éclaté entre les deux camps. Une guerre qui avait fait plusieurs massacres, notamment dans l’Ouest du pays, et aussi à Abidjan. Les responsables de ces atrocités se trouvent probablement au sein des forces loyales à Gbagbo et au sein des troupes pro-Ouattara. Il n’y a hélas aucune raison de penser que les unes seraient moins violentes ou plus respectueuses des droits de l’homme que les autres.
Officiellement, les troupes de l’Onu ont aidé le camp Ouattara à gagner cette guerre. La France aura joué un rôle pour le moins particulier et totalement déterminant. Ce n’est pas la première fois en Afrique francophone que Paris a le dernier mot, mais espérons que ce sera la dernière. En tout cas, sans l’intervention des hélicoptères français de l’opération Licorne les 4 et 10 avril, et sans l’intervention au sol le 11 par des soldats français qui a abouti à l’arrestation de Laurent Gbagbo (officiellement par les troupes de Outtara), le président sortant serait toujours là et ses troupes continueraient à mener une guerre meurtrière et perdue d’avance.
Nous ne sommes pas parmi ceux qui critiqueront négativement la France cette fois-ci. Certes, l’ancienne puissance coloniale, qui a tout contrôlé en Côte d’Ivoire, même après l’indépendance, est mal placée pour intervenir militairement. Certes, l’armée française a utilisé des méthodes discutables. D’ailleurs, il n’y a pas de guerres propres. Et on pourra toujours discourir sur les ambiguïtés de la France en Afrique en général. Et on aura raison. La Côte d’Ivoire est une des pièces maîtresse de ce qu’on appelle la Françafrique, représentée par le duo Bouygues et Bolloré.
Mais, il y a deux ou trois choses qu’il faudrait quand même essayer de ne pas oublier : la France a agi strictement dans le cadre d’une résolution onusienne (1975). Elle est intervenue à la demande du secrétaire général de l’Onu et d’Alassane Ouattara, qui a le soutien de l’Union africaine, l’Union européenne, les Etats-Unis… Enfin, les soldats français ont concrètement sauvé des vies, notamment des Français (il y a en 12 000 en Côte d’Ivoire). Ils ont aussi sauvé la vie de plusieurs pro-Gbagbo, qui sinon auraient été lynchés par des foules en colère à Abidjan.
Car c’est ainsi, la plupart des Ivoriens ne sont pas pro-Gbagbo, ni anti-Français. Bien au contraire. Le deuxième tour de l’élection présidentielle a eu lieu le 28 novembre. Le 2 décembre 2010, la Commission électorale indépendante a proclamé la victoire d'Alassane Ouattara avec 54,1 % des voix contre 45,9 % pour Laurent Gbagbo. Dans cette commission, il y avait des personnes favorables à Gbagbo. Pourtant, le Conseil constitutionnel, dont les membres avaient été nommés par Gbagbo et par le président de l’Assemblée nationale, a jugé les résultats de la CEI non valables et annoncé la victoire du président sortant le 3 décembre 2010 avec un score de 51,45%. Aucune preuve sérieuse n’a été avancée par le Conseil constitutionnel. D’ailleurs, l’Union européenne et le secrétaire général de l’ONU ont reconnu Alassane Ouattara comme vainqueur. Les résultats du vote avaient en effet été « certifiés » par le représentant spécial de l’ONU en Côte d’Ivoire. Plus important encore, la plupart des chefs d’Etat africains ont décidé de soutenir Alassane Ouattara.
La démocratie en Afrique n’est pas très développée. Mais des progrès ont été faits, notamment par des pays comme le Sénégal, le Mali, le Ghana et aussi le Nigéria. Si la victoire électorale d’Alassane Ouattara n’avait pas été reconnue et – hélas – militairement imposée, Laurent Gbagbo aurait continué à imposer un pouvoir par les armes dans une partie du pays. Cela aurait été mauvais pour les Ivoiriens – il suffit de méditer l’exemple donné par les « Patriotes » pour le comprendre – et cela aurait été mauvais pour toute l’Afrique.
Pour que le pays sorte de l’impasse, les grandes Eglises en Côte d’Ivoire ont toutes prôné la réconciliation. C’était un message chrétien évident. Mais combien d’Eglises ont demandé à Gbagbo de reconnaître le résultat des urnes ? Ou plus exactement, combien de prêtres, combien de pasteurs, ont eu le courage de dire à leur frère Laurent Gbagbo, qui les écoutait, qu’il faisait fausse route ? Trop peu ! Le Saint-Siège en particulier aurait dû pousser en ce sens. Il ne l’a pas fait, considérant apparemment qu’il avait de meilleurs observateurs que la Commission électorale indépendante et les spécialistes de l’Onu. L'Alliance évangélique mondiale a, elle, opté pour un appel à reconnaître les résultats électoraux du 28 novembre (lire ce communiqué du 4 avril). Mais cette organisation ne représente pas toutes les Eglises évangéliques en Côte d'Ivoire. Dans d’autres domaines, les Eglises ont mieux joué leur rôle, notamment dans l’aide concrète apportée aux victimes. Bien des chrétiens ont manifestement refusé toute instrumentalisation religieuse du conflit (qui est politique et social). Caritas a joué un rôle majeur dans la juste dénonciation des massacres dans l’Ouest du pays. Et la mise en cause absurde de Caritas par Guillaume Soro, chef des troupes pro-Ouattara et Premier ministre provisoire du nouveau président, est un signe qui ne trompe pas. Le nouveau régime contiendra des êtres humains, probablement très imparfaits, peut-être criminels. Des lynchages et d'autres actes de vengeance ont déjà eu lieu. Mais, contrairement à Gbagbo, Ouattara a été élu. C'est son pouvoir qui est légitime.
A partir de ces exemples, il est possible de tirer un enseignement général : le chrétien doit dire la vérité, surtout si le but est d'aider les frères. Et si on ne le sait pas, relisons d’urgence les prophètes. Jérémie par exemple.
HL
Cet article a été mis en ligne le 11 avril 2011.


 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Lettre de nouvelles

Recevoir du HTML?

Derniers commentaires publiés sur le site

  • Dommage que le site de Radio Réveil paroles.ch ne ... Lire la suite
  • Titre étrange... sommes nous appelés à assister au... Lire la suite
  • Au terme des nombreuses errances théologiques des ... Lire la suite
  • Quel est ce pays qui tue les personnes innocentes ... Lire la suite
  • A propos de pardon, rassurez-vous : il m'est total... Lire la suite

Quelle église choisir ? Celle que vous voulez...

creativecomchurchwomsing.jpg
Y a-t-il une église en France pour moi ?
Oui, pour consulter la liste des communautés accueillantes, cliquez ici. Lisez aussi notre article introductif.

Verset du jour

Jesus .Net