




| États-Unis | Catholiques et évangéliques pro-vie jusqu’au bout |
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Des catholiques et des évangéliques américains, souvent engagés dans la lutte pour la vie, défendent aussi les pauvres et proposent des augmentations d’impôts pour les riches.Les organisations catholiques et évangéliques américaines s’insurgent souvent contre l’avortement, le mariage gay et la sexualité débridée. On sait moins qu’elles élèvent aussi leurs voix en matière de justice sociale. Toujours au nom de la « lutte pour la vie ». Tout récemment, le 5 mai, 75 professeurs et théologiens de prestigieuses universités catholiques, notamment celle de Washington, ont publié une lettre (lire ici) contestant les choix économiques et sociaux du président de la Chambre des représentants des États-Unis, le républicain John A Boehner, le troisième homme le plus puissant de la première démocratie au monde. Boehner, qui était invité à prononcer un discours à l’Université catholique de Washington le 14 mai, défend des coupures budgétaires dans les grands programmes sociaux, notamment le Medicare (retraités), le Medicaid (pauvres), ainsi que dans des politiques visant à améliorer la nutrition des enfants (lire cet article du New York Times). Ce républicain, qui se présente souvent comme un fidèle catholique, veut par ailleurs baisser les impôts pour les personnes déjà fortunées et pour les entreprises. Ce que les professeurs catholiques qualifient tout simplement d’une politique « anti-vie ». Ils s’appuient sur « l’enseignement fondamental de l’Église » et sur différentes prises de positions des évêques catholiques américains. Ils utilisent le même langage que les évêques qui condamnent les hommes politiques favorables à l’avortement et au mariage gay. Les évangéliques aussi Cette prise de position rappelle l’alliance entre des catholiques, des évangéliques et autres croyants au sein du Cercle de protection (Circle of Protection). C’est une initiative lancée par l’évangélique Jim Wallis (photo) de l’organisation Sojourners (lire ici une description assez complète). Alors que le Congrès est actuellement en train d’étudier différentes solutions pour diminuer la dette publique, très élevée aux États-Unis, le Cercle de protection s’oppose à toute restriction budgétaire visant les pauvres. Elle propose aussi des augmentations des impôts pour les riches. Le 27 avril, cette alliance a été rejointe par la puissante Association nationale des évangéliques, une des principales organisations des évangéliques américains. Sur le plan symbolique, on peut considérer qu’il s’agit d’un « rapprochement » entre ce qu’on appelle « la gauche religieuse » (Religious Left), dont fait partie Jim Wallis, et les évangéliques (et catholiques) qui seraient, eux, plutôt « conservateurs » ou de « droite ». On peut aussi penser que les chrétiens américains en général se retrouvent, de plus en plus, autour de choix politiques fondamentaux. Ces choix ne se résument pas à une certaine opinion – biblique - en matière de sexualité et de bioéthique. Ils incluent aussi les autres thèmes – tout aussi bibliques - de l’éthique chrétienne, par exemple l’économie (lire ici le texte de l'initiative des Evangéliques pour l'action sociale, liée à Sojourners). On peut même penser qu’il est anormal que des Églises chrétiennes ne prennent pas en compte l’intégralité de l’éthique chrétienne, notamment la justice sociale. Les évangéliques, dont on dit parfois qu’ils sont en train de découvrir l’enseignement biblique en matière de partage et de redistribution des richesses, ne font que renouer avec leur propre Histoire, qui rejoint celle de toute l’Église (1). Et en France ? En France, contrairement à ce qui se passe dans d’autres pays occidentaux, on entend moins les catholiques et les évangéliques sur les thèmes sociaux et économiques. En France, les chrétiens n’hésitent pas à s’insurger – à juste titre – contre des lois en matière bioéthique qu’ils trouvent non-conformes à l’enseignement biblique. Idem sur le mariage gay et la sexualité des jeunes, par exemple. Certaines organisations chrétiennes, mais pas les plus bruyantes (hélas), mettent aussi en avant le devoir biblique de protéger les immigrés. Mais pourquoi les Églises en général, en France, n’expliquent-elles pas mieux la ligne, voire le type de choix politique, qui devrait s’imposer pour les chrétiens aussi en matière économique et sociale ? Parce que c’est trop inconfortable ? HL 1. Voici une liste des pasteurs les plus connus qui ont signé « l’appel à l’action sociale » des évangéliques : Miriam Adeney, Paul Alexander, Stanley Carlson-Thies, Richard Cizik, Shane Claiborne, Luis Cortes, Andy Crouch, Richard Foster, Michael Gerson, David Gushee, Joel Hunter, Jonathan Merritt, Richard Mouw, Shirley Mullen, Kim Phipps, Soong-Chan Rah, Stephanie Summers, H. Dean Trulear et Jim Wallis. C’est une liste surprenante où l’on trouve des évangéliques réputés de gauche et aussi des conservateurs. La photo est de Jim Wallis. Cet article a été mis en ligne le 14 mai 2011.
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