La foi d'Ingrid Betancourt
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Détenue en Colombie pendant plus de six ans, Ingrid Betancourt a été libérée le 2 juillet après une opération militaire parfaite et sans violence. Ses premiers mots devant les caméras du monde entier : « Je veux d’abord rendre grâce à Dieu. » La foi n’a jamais quitté cette femme politique franco-colombienne hors normes. Elle veut qu'on continue de prier pour les otages qui demeurent aux mains des Farc. (Photo Agencia Brasil) Regardez aussi un film de sa visite à Lourdes le 12 juillet 2008.
L’étrange univers des médias admet parfois des bonnes nouvelles. La libération d’Ingrid Betancourt en fait partie. Le génie de l’armée colombienne aidant, la célèbre sénatrice et 14 autres ex-otages sont des « miraculés », comme on dit. Or la très catholique Ingrid Betancourt le pense vraiment. Le jour même de sa libération, dès la descente de l’avion, en direct, devant des centaines de millions de téléspectateurs, elle a manifesté sa foi, prié et invoqué Dieu pour Le remercier de sa libération. Sur le tarmac militaire, elle s’est agenouillée avec sa mère, aussi croyante qu’elle. Un prêtre les bénissait.
Cet aspect d’Ingrid Betancourt est certainement moins connu que son engagement politique. Il mérite toute notre attention. Tenir moralement et physiquement pendant six ans dans un camp de prisonniers des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) relève évidemment d’une certaine force de l’esprit. Comment garder l’espoir dans une situation aussi extrême ? Ingrid, comme tant d’autres otages avant elle, l’a expliqué elle-même : premièrement, on a besoin de savoir qu’on n’est pas oublié par les siens, que quelqu’un quelque part cherche à obtenir sa libération. Deuxième facteur : la foi. Dans une lettre publiée en décembre dernier, alors qu’elle était malade, Ingrid avait écrit qu’elle était chaque jour « en communication avec Dieu, Jésus et la Vierge ». Son « unique luxe », disait-elle, était la Bible. Les Farc, apparemment pas si doctrinaires que ça contrairement à leur réputation, autorisent en effet la lecture de la Parole de Dieu. Dans sa lettre, Ingrid ne niait pas ses difficultés de continuer à croire. Puis, elle dit quand même ceci : « que Dieu nous vienne en aide, nous guide, nous donne la patience et nous recouvre. Pour toujours et à jamais. »
Ingrid a toujours demandé qu’on prie pour elle et pour les autres otages. Le Pape Benoît XVI fait partie de ceux qui l’ont fait. Des groupes de prières se sont réunis pour tous les otages en Colombie. Ingrid dit croire à la communion des croyants. Tout au long de sa captivité, elle a gardé sa foi, malgré tout. Elle a aussi appelé le gouvernement et les Farc à négocier, à faire la paix. Le jour de sa libération, voyant son geôlier par terre les yeux bandés, elle a dit avoir ressenti de la pitié pour lui. Elle n’a pas réclamé la vengeance contre un homme qui a agi d’une façon criminelle et cruelle pendant des années.
Ingrid a remercié Dieu et tous ceux qui ont prié avec elle. Elle demande qu’on continue de prier pour les autres otages. Et qu’on agisse concrètement pour leur libération, pour le bien de tous les Colombiens.
Ingrid Betancourt est très médiatique. Elle veut probablement se lancer à nouveau dans la politique. Elle a dit qu’elle aspire à devenir présidente de son pays. Elle a bénéficié de l’attention des puissants de ce monde. Elle est une star. Une armée de journalistes a fait d’elle une icône, une madone, quelqu’un d’irréel. Bientôt, les mêmes journalistes vont dire qu’on en a trop fait, que tout cela est exagéré.
Mais il est important de noter et de ne pas oublier qu’Ingrid Betancourt a vraiment agi d’une façon exemplaire. De la même façon, on peut constater que Dieu a répondu à ses prières. Un miracle ? En tout cas, un témoignage chrétien concret et une femme en qui il est facile de percevoir la grâce de Dieu. Oui, c’est une bonne nouvelle. Tous ceux qui témoignent du Christ vivant communiquent la Bonne nouvelle.
Ajouté le 18 juillet 2008 : Nous vous recommandons très fortement de lire l'interview d'Ingrid Betancourt accordée à notre ami Laurent Grzybowski dans l'hebdomadaire La Vie daté du 10 juillet 2008. A la question "qu'est-ce qui vous a permis de tenir le coup?", l'ex-otage répond : "Deux choses : la récitation du chapelet et la lecture de la Bible. Le chapelet parce que je savais que ma mère priait avec moi et parce que cela me permettait de me mettre dans le même état d'esprit que Marie : confiance et abandon. La lecture de la Bible parce qu'elle me permettait d'entendre la voix de Dieu. Pas d'une manière mystique, bien sûr, car je n'ai entendu aucune voix, ni reçu aucune apparition. Mais j'ai entendu la voix de Dieu d'une façon très humaine, très concrète. Grâce à sa Parole, j'ai eu la certitude que Dieu était avec moi et qu'il ne m'abandonnerait jamais.
J'ai compris qu'il y avait une voix qui parle au-delà du temps. Une voix qui me parle, à moi, aujourd'hui. Pendant ma détention, j'ouvrais souvent les écritures au hasard, notamment lorsque j'étais inquiète ou angoissée, et je tombais sur une parole qui m'était vraiment destinée, qui me rassurait, me donnait envie de continuer à vivre, à croire, à espérer."
Cet entretien se termine par ces paroles : "Je prie pour la libération de tous les otages, de tous ceux qui sont encore prisonniers au fond de la jungle. Si le Seigneur m'a libérée, Il doit bien être capable de libérer les autres."
Voici un film de sa visite à Lourdes le 12 juillet 2008. Que Dieu bénisse Ingrid Betancourt !

