Freddy De Coster : "Je veux aider les autres"
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Le pasteur Freddy De Coster est une personnalité connue dans le monde évangélique. Avec ses amis, il est à l’origine de la Convention Pentecôte qui a occupé Paris-Bercy pendant quatre jours (du 29 mai au 1er juin). Il est charismatique dans tous les sens du terme. Quand il parle, on écoute. Il ne parle pratiquement que de sa foi, de Dieu et de l’Esprit. Dans cette interview, il revient sur sa façon d’obéir à Dieu et de se mettre au service des autres.
Freddy De Coster est pasteur de l’Eglise évangélique baptiste d'Honfleur en Normandie. A 36 ans, il est marié et a trois enfants. Nous l’avons rencontré à Grenoble le 22 mai où il était venu en délégué pour le congrès annuel de la Fédération baptiste, membre de la Fédération protestante de France. Nous avons, comme tant d’autres journalistes, vu les vidéos sur youtube où il crie et s’agite devant des milliers de croyants tel les télé-évangélistes à l’américaine. On a vu aussi un reportage minable dans Complément d’enquête (France 2) fait il y a un an. Avec une musique et des images angoissantes, des journalistes cherchent à le présenter comme un exorciste peu sérieux. L'inculture religieuse de ces journalistes est tout simplement affligeante pour le service public. La façon dont De Coster demande la guérison au nom de Dieu est biblique. Elle serait aussi, à en croire de nombreux témoignages, suivie d’effets positifs sur certaines personnes. A la rigueur, en ce qui concerne son ministère connu, officiel et exercé en toute transparence, Freddy De Coster fait ce que la Bible lui demande de faire. Littéralement.
Le pasteur a un autre côté moins connu, mais tout aussi spectaculaire : il est un homme d’affaires qui défend bec et ongles une vision entrepreneuriale de ces projets d’évangélisation. Cela donne une Eglise évangélique qui a démarré dans un garage il y a dix ans et qui a aujourd’hui plus de 400 membres. Cela donne Convention Pentecôte. Et une quantité impressionnante d’autres événements, des livres, des DVD, des formations. Cela produit aussi, inévitablement, des critiques plus ou moins justes, des craintes légitimes de problèmes financiers (comment arrive-t-il à gérer tous ces projets ?), des incompréhensions en matière théologique et, aussi, puisque nos églises sont peuplées d'êtres humains, de la jalousie… L’homme que nous avons rencontré à Grenoble est d’une modestie désarmante et d’une grande simplicité. Discutant avec tout le monde, essayant parfois de les convaincre mais avec des trésors de patience et de pédagogie, il s’impose par son charisme et ses projets novateurs. Il donne aussi l’impression d’écouter son interlocuteur – et pas seulement les journalistes ou les autres pasteurs - ce qui n’est pas un défaut pour celui qui veut évangéliser le monde.
Vous êtes à la tête d’une initiative unique qui permet de remplir Bercy pendant quatre jours pour louer le Seigneur. C’est quoi votre secret ?
Freddy De Coster : Je n’ai pas l’assurance que Bercy soit rempli. Je ne suis pas non plus ‘à la tête’ de cette initiative, comme vous dites. Je suis peut-être devant, mais derrière moi il y a de très nombreuses personnes qui se donnent corps et âmes pour que le plus grand nombre soit sauvé. Plusieurs Eglises participent à cet événement. Je pense que c’est une initiative du Seigneur pour que son nom soit connu. Nul homme ne pourra faire ce travail. Seul Dieu le pourra. Et s’Il le fait, c’est Lui qui aura le crédit. Nous ne sommes que des petits serviteurs. De Coster en flamand veut dire le sacristain. Je ne sers qu’à sonner des cloches pour des personnes qui entendent parler de Celui qui vient. J’allume des petites bougies pour que le Grand pasteur puisse parler à notre pays.
Quelle est la genèse de la Convention Pentecôte ?
C’était en 1998. On était en train de prier dans notre Eglise à cinq heures du matin. Nous étions dans un vieux garage à Honfleur. Nous avons reçu la conviction de redonner la liberté au Seigneur d’agir dans son Eglise, en remettant à l’honneur la Pentecôte et le Saint Esprit dans son action. Au début, on faisait des prières et des conférences 24 heures sur 24. On était sous une vieille tente. Il faisait très froid. Mais chaque année, on se disait qu’on recommencerait l’année suivante. Même les années où nous avons eu des déficits, on a recommencé. Au début, on ne le faisait qu’avec notre petite Eglise. Puis d’autres Eglises se sont jointes. On choisissait les lieux en fonction des endroits, des infrastructures, pour ne pas sanctuariser un lieu ou une ville en particulier. L’objectif est d’amener le plus grand nombre à la guérison, au salut et à la bénédiction du Seigneur. Ce n’est pas pour faire des Eglises, mais pour servir et pour évangéliser. C’est pour prier pour les malades, renouveler les ministères et soutenir ceux qui sont abattus, leur montrer qu’il est possible en France que tout change quand on a de la compassion pour ceux qui souffrent. C’est un fait, chaque année que nous l’avons fait, le Seigneur a glorifié son nom. Il y a eu beaucoup de miracles, des conversions, des délivrances et beaucoup de gens ont retrouvé la pêche pour servir le Seigneur. La Convention Pentecôte est devenue un mouvement national qui ne nous appartient pas mais que le Seigneur va utiliser pour son peuple.
Vous avez su résoudre des montagnes de problèmes pratiques, administratifs, financiers… Vous donnez l’impression que ce n’est pas difficile. Une fois, vous avez dit qu’il faut se concentrer sur l’objectif au lieu de ne voir que des problèmes qui empêchent d’y parvenir. C’est votre philosophie ?
Rassurez-vous, nous voyons des problèmes, comme tout le monde. Mais je pense qu’il faut aussi obéir. Je m’explique. Si nous avons l’impression que Dieu nous a demandé de faire quelque chose, nous devons laisser la place à l’obéissance. Et l’obéissance ne souffre d’aucune négociation. On ne peut pas vouloir la bénédiction avant l’obéissance. Avant d’avoir la couronne de gloire, le Christ a eu la couronne d’épines. Le problème pour lui n’était pas de savoir s’il était d’accord avec le chemin à parcourir, s’il ne fallait pas plutôt choisir un autre chemin. Son problème était de faire en sorte que tous soient sauvés. Et qu’il ne perde aucun de ces petits, selon l’évangile de Jean, chapitre 17.
Une fois que l’on a décidé d’obéir, il faut organiser l’obéissance en fonction de l’objectif. On doit l’organiser en fonction de ses possibilités et de ses impossibilités. C’est pourquoi il faut aussi avoir de la miséricorde vis-à-vis de soi-même et des équipes lorsqu’il y a des imperfections. Tout ne peut pas être parfait quand on avance sur un nouveau chemin. On doit défricher.
Il faut identifier les problèmes. On risque de ne voir que ça d’ailleurs. Mais au lieu de laisser les problèmes nous gouverner, c’est nous qui devons les gouverner. Nous disons donc à cette montagne de problèmes : ôte-toi de là. Quand bien même il faut le faire à la brouette. Quand je dois bouger une montagne, j’ai l’habitude de prendre la brouette.
Nous avons une vision entrepreneuriale. On n’arrive pas à Bercy du jour au lendemain. C’est le fruit de dix ans de travail. Les gens qui ont été bénis nous soutiennent. Des Eglises, en tant que personnes morales, nous envoient des dons. Nous espérons que des hommes d’affaires nous aideront aussi un jour.
Le problème n’est pas le comment, c’est le pourquoi.
Faut-il être pentecôtiste pour aller à Bercy et louer Dieu comme vous le faites ?
Non. Je ne suis pas pentecôtiste. Je suis baptiste. Je puise mes sources dans le biblicisme. J’ai découvert la foi grâce à des mouvements anti-charismatiques. Une fois, j’ai été découragé dans ma foi et j’ai eu envie de tout envoyer bouler. Le Seigneur m’a fait revenir à la foi en me permettant une expérience spirituelle. J’ai compris que la vie de l’Esprit n’était pas réservée uniquement aux pentecôtistes. Aucune fédération n’a le monopole du Saint-Esprit. Mais j’espère qu’un jour le Saint-Esprit aura le monopole de moi.
Quelles sont vos activités en ce moment ?
Je ne suis plus pasteur à temps plein, mais je suis membre du Conseil. J’ai repris des activités extérieures professionnelles pour pouvoir générer les moyens nécessaires pour faire des campagnes d’évangélisation et développer des œuvres chrétiennes. Le but étant de retrouver des muscles financiers. Souvent, on a la vision, mais pas la provision. On doit comprendre que Dieu bénit dans la création de la provision. Dieu nous a donné des talents. Il nous demande de les multiplier. Il faut joindre l’intelligence professionnelle à celle spirituelle de manière à pouvoir combiner les deux.
Vous avez clairement réussi quelque chose à Honfleur là où d’autres Eglises échouent. Pourquoi ?
Chacun a des dons qu’il peut mettre à la disposition du Seigneur. Parmi ceux-ci, le plus important est d’être au service des gens. Le Seigneur nous a dit : allez évangélisez, guérissez, faites du bien. Dans Actes 10.38, il est écrit que Jésus, partout où il allait, faisait du bien.
Si l’Eglise se décentrait d’elle-même, elle retrouverait l’objectif qui est le salut du plus grand nombre et la miséricorde en faisant du bien. Alors elle va retrouver ce qui est son essence, et donc sa passion. Lorsqu’on devient un groupe ou un club qui veut plaire à tout le monde, qui ne veut pas décevoir, qui s’affère, finalement on s’immobilise et on ne joue plus le rôle d’une Eglise. Les gens n’ont pas besoin d’un club, ils ont besoin de rencontrer le Dieu vivant.
Dans la Bible, Jésus dit : 'Voici les signes qui accompagneraient ceux qui auront cru en mon nom : en mon nom, vous chasserez les démons, en mon nom vous guérirez des malades…' On peut lever n’importe quelle incrédulité si les gens ont une rencontre personnelle avec la puissance du Seigneur Jésus-Christ. Qu’elle soit manifestée par l’amour, par les dons spirituels, par le don de soi dans le secteur social, il faut que les gens aient cette rencontre avec la puissance de Dieu. Nous-mêmes, nous devons nous mettre au service de l’objectif du Seigneur qui est la grande commission, car les gens souffrent beaucoup.
Recueilli par Henrik Lindell
Cet article a été mis en ligne le 29 mai 2009.

