




| Patrice de Plunkett : "Je comprends les convertis" |
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Présentation du livre et entretien.
Pour passer directement à l'interview, cliquez ici. Sinon lisez notre longue introduction subjective. Un livre utile Faut-il avoir peur des livres sur les évangéliques ? Quand on est évangélique – et c’est le cas du fondateur de ce site - c’est hélas une question adéquate. Avouons que le titre du livre de Patrice de Plunkett - Les évangéliques à la conquête du monde (Perrin, 312 pages, 19,8 euros) - nous inspirait les pires craintes. Trop d’auteurs, totalement incultes, nous réduisent au mieux à des gens un peu simplets, au pire à un groupe de cinglés potentiellement dangereux. Certains de ces auteurs se revendiquent catholiques, comme de Plunkett. D’autres auteurs, mieux informés, préfèrent concentrer leurs tirs malveillants sur un certain type évangélique : le charismatique. C’est une activité prisée par certains protestants, y compris des évangéliques dits « traditionnels », apparemment en manque de reconnaissance.
Eglise catholique "déspiritualisée" ? Une des thèses préférées de de Plunkett consiste à lier l’agonie de trop de paroisses françaises catholiques à la « déspiritualisation » et à la « théologie de l’enfouissement » qui auraient été organisées par des catholiques progressistes dans les années 70 et 80. Ces progressistes auraient cessé de parler de Dieu et transformé les messes en cérémonies laides et ennuyeuses. Les paroisses, elles, sont rarement des vraies communautés spirituelles. C’est pour cette raison que tant de catholiques auraient tourné le dos à leur Eglise et que certains seraient devenus évangéliques. Dans les Eglises évangéliques, on parle en effet essentiellement de Dieu, on étudie la parole de Dieu, on prie énormément et on cultive le sens de la communauté… Mais le fait-on suffisamment dans l’Eglise catholique de France ? C’est une vaste question très passionnelle et très importante que ce livre soulève mais que nous préférons laisser aux catholiques. En commentant le livre, une journaliste au journal La Croix a réagi exactement de la façon épidermique genre « gardien du temple » qui caractérise tous ces catholiques qui ne vivent plus avec leur temps et qui ne comprennent rien aux évangéliques, ni à la psychologie des convertis. Et voici de Plunkett accusé de vouloir donner raison à ces méchants évangéliques ! Lui le super catholique, le meilleur avocat de Benoît XVI en France. C'est un comble. Il vaut mieux en rire que d’en pleurer. Par contre, nous nous interrogeons sur la façon dont de Plunkett aborde la théologie de la libération en Amérique latine. D'après lui, cette théologie, qui vise à changer les conditions de vie des gens, venait des universités européennes et elle aurait persuadé le clergé latino-américain de "dissourdre le spirituel dans le sociopolitique". Pour de Plunkett, le résultat est un dessèchement spirituel. Les Eglises évangéliques, particulièrement dynamiques en Amérique latine, auraient en quelque sorte rempli le vide ainsi laissé par l'Eglise catholique. Nous avons passé suffisamment de temps au Brésil, dans le Nordeste et dans le Rio Grande du Sud, pour affirmer que cette théorie mérite d'être affinée et un peu mieux argumentée (*Lire les prècisions de de Plunkett en bas de page). Nous avons trop prié avec des prêtres brésiliens en lutte contre la pauvreté pour faire d'eux des agents du "dessèchement spirituel". Bien des Eglises évangéliques sont elles-mêmes inspirées par la théologie de la libération en question, qui est bien plus spirituelle qu'on ne le dit. Elle est également moins "marxisante" qu'on ne le dit. Ceux qui ont des doutes peuvent interroger un des principaux théoriciens en la matière : le père péruvien Gustavo Gutiérrez. Ce religieux dominicain vit à Lyon et il suffit de lui téléphoner. Mais surtout, cette Eglise catholique qui résiste à la théologie de la libération en Amérique latine est encore plus moribonde que celle des catholiques de gauche en France ! Le déclin de l'Eglise catholique au Brésil, notamment, n'est pas lié à la théologie de la libération. Celle-ci a permis à l'Eglise de rester populaire. Certes, des prêtres se revendiquant de la théologie de la libération ont clairement négligé la dimension spirituelle. D'autres ont prône la violence. Ceux-là ont causé du tort à leur Eglise. Mais ce sont des exceptions, pas la règle. L'affreux exemple donné par Mgr José Cardoso Sobrinho, archevêque métropolitain de Olinda et Recife au Brésil, qui avait été nommé par Jean-Paul II pour contrer l'héritage de dom Helder Camara - le chef de fil des théologiens de la libération - vient de faire sa demande de partir à la retraite à 76 ans. Une demande acceptée par Benoît XVI. Sobrinho s'est notamment illustré en mars 2009 en excommuniant la mère qui avait demandé une IVG pour sa fille de neuf ans violée par son beau-père. Le successeur de ce très mauvais prélat serait un "partisan" de la théologie de la libération. Il a été nommé par Benoît XVI... D'après nous, les responsables de l'Eglise catholique ont tout simplement fait des erreurs graves en combattant cette bonne théologie chrétienne dans les années 70 et 80. Heureusement, ils se sont en partie rendus compte de leurs erreurs. Jean Paul II a déclaré dès 1986 que la théologie de la libération était nécessaire. Il était temps. Mais tout cela nous éloigne du sujet du livre...
H.L. * Précision de Patrice de Plunkett Merci de ce dialogue et des appréciations que vous avez bien voulu porter sur mon enquête. Juste un point à préciser : je suis totalement partisan d'une théologie de la libération allant jusqu'à au changement politique radical ! Et loin de moi l'idée de critiquer les prêtres brésiliens qui luttent aux côtés des paysans sans terre ! Simplement je suis dans le sillage de Mgr Romero quand il disait n'avoir besoin "que de l'Evangile, non du Che ou de Fidel", pour se battre aux côtés des pauvres contre l'oppression économique et sociale. Un certain christo-marxisme des années 1970-1980 desséchait spirituellement ses militants, mais une vraie théologie de la libération est souhaitable d'urgence en 2009. PdP Cliquez sur "suivant".
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