




| Alain Nisus : « Au Cap, j’ai vécu une expérience de catholicité évangélique » |
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Le théologien Alain Nisus revient sur la conférence « Lausanne III », rendez-vous majeur en 2010 consacré à l’évangélisation. Il évoque aussi « le retour » de l’éthique sociale chez les évangéliques.Le pasteur baptiste Alain Nisus est vice-doyen de la Faculté de théologie évangélique à Vaux-sur-Seine près de Paris. Il enseigne la dogmatique. C’est à ce titre qu’il a participé à la troisième grande conférence du Mouvement de Lausanne sur l’évangélisation qui eut lieu du 16 au 25 octobre au Cap en Afrique du Sud. Cette conférence a réuni environ 4000 personnes de 200 pays différents (cliquez ici). Dans ce long entretien, Alain Nisus nous explique ce qu’il a retenu de ce rendez-vous majeur des évangéliques à l’échelle mondiale. Il explique les difficultés que nous pouvons avoir à articuler l’évangélisation et l’engagement social. Il donne aussi des éléments qui accréditent la thèse selon laquelle les évangéliques en général se penchent de plus en plus sur l’éthique sociale. D’origine guadeloupéenne, Alain Nisus montre aussi, dans cet entretien, son intérêt pour les mutations sociales et culturelles – un « changement de paradigme », d’après lui – qui seraient en cours dans le monde évangélique. Ennemi déclaré du relativisme culturel qui aboutit à une mise en cause de la Vérité, il aime la rencontre entre personnes d’origines et de cultures différentes. Il aime aussi le dialogue avec des chrétiens d’Eglises différentes. Sa thèse en ecclésiologie portait sur « L’Eglise comme communion et comme institution. Une lecture de l’ecclésiologie du cardinal Yves Congar à partir de la tradition des églises de professants ». Il l’a soutenue en 2008 à l’Institut catholique de Paris, en coutelle avec l’université de Leuven. Avec la mention summa cum laude (« excellent » en latin), cette thèse marque un jalon dans les relations entre le catholicisme et les églises de professants. Que retenez-vous de la conférence « Lausanne III » en Afrique du Sud ? Plusieurs choses. Pour moi, c'était une grande expérience humaine, spirituelle, de catholicité évangélique. C’est la première fois que j’ai participé à une telle rencontre. C’était très touchant et enthousiasmant d’avoir à côté de soi un Burkinabé, un Philippin, un Etats-Unisien, un Allemand, un Brésilien, un Jamaïcain, un Coréen, un Japonais… J’ai retenu aussi que le centre du christianisme s’est largement déplacé. Du Nord et de l’Ouest vers le Sud et l’Est. En l'occurrence vers l’Afrique, l’Amérique latine et l’Asie. La conséquence est un changement de paradigme missionnaire. Un nouveau paradigme ? Oui, on ne peut pas se contenter d’une forme d’arrogance occidentale. Il faut se rendre compte que les chrétiens du Sud ont une réelle ferveur spirituelle. Par ailleurs, on trouve dans le Sud un engagement plus holistique. Les missionnaires du Nord doivent le prendre en compte. Et cela a été évoqué lors d’une plénière à Lausanne. Nous avons constaté que le Sud a des leaders en très grand nombre ainsi que d'autres forces vives engagées dans l’évangélisation. Mais les ressources financières sont du côté du Nord. A cause de cette domination financière du Nord, nous nous habituons aussi à mettre tous les moyens pour l’évangélisation sur la technique, le savoir-faire technologique et les médias. Mais faut-il continuer ainsi ? Aucune décision n'a été prise, mais c’était une importante interpellation et un sujet de réflexion. Peut-on dire que l'objectif du Mouvement de Lausanne est de comprendre les défis auxquels l'Église est ou sera confrontée ? L'idée est de rassembler des personnes engagées dans l’évangélisation et de réfléchir aux changements et valeurs qui sous-tendent les sociétés. L'objectif étant de proposer l’Evangile de la manière la plus pertinente qui soit. A part le changement de paradigme, quels sujets ont été abordés ? Le pluralisme et la globalisation. Comment témoigner de la Vérité du Christ dans un monde où il y a de plus en plus de visions qui inter-réagissent et qui s’interpellent ? Comment témoigner de la Vérité du Christ dans un monde de plus en plus relativiste ? Autre thème abordé : celui de la réconciliation. Le texte biblique phare était 2 Corinthiens 5.19 : « Dieu était en Christ réconciliant le monde avec lui-même ». Lors d’une conférence, nous avons entendu des représentants d’une association de chrétiens palestiniens et de juifs messianiques qui travaillent ensemble en vue de la paix au Proche-Orient (Musalaha). Mais assez curieusement, nous n’avons pas beaucoup parlé de la réconciliation en Afrique du Sud. J’ai trouvé cela frustrant alors que nous savons que les Eglises ont grandement contribué à la paix dans ce pays. Avez-vous évoqué le témoignage chrétien face à des personnes d'autres religions ? Oui. Les organisateurs veillaient à ce qu’il n’y ait pas de paroles mal placées à l’égard des autres religions. Nous avons certes beaucoup insisté sur la souffrance des chrétiens dans des pays à majorité musulmane, mais cela a été dit avec beaucoup de dignité et sans agressivité. Ainsi une femme dont le mari médecin a été assassiné en Afghanistan alors qu’il portait secours à un village isolé. Elle n’était pas amère. Elle n’a pas appelé à la violence. Le témoignage chrétien peut aller jusque là et il faut en être conscient. Mais il faut surtout apprendre à faire en sorte que le témoignage chrétien soit intelligent et pertinent. Il était aussi question de simplicité, non ? Oui, personnellement j’ai surtout retenu ce thème-là ainsi que celui de l'intégrité. Ils étaient abordés lors d'une conférence plénière présidée par Christopher Wright. Ce grand théologien a parlé de trois idoles qui, à ses yeux, menacent les évangéliques : le succès, le pouvoir, la cupidité. A cette occasion, on a pu aborder la théologie de la prospérité en face. Il a été dit qu'un leader chrétien doit toujours être intègre. Il ne doit pas trafiquer les chiffres afin de donner l’impression d’avoir plus de succès qu’il n’en a en réalité. Il a été rappelé que là où l'évangile progresse numériquement, la qualité du témoignage et le sérieux de l’engagement pourraient parfois être améliorés. [Pour voir la conférence de Christopher Wright, cliquez ici.] Faut-il comprendre que la théologie de la prospérité a été dénoncée au Cap ? Elle a été clairement dénoncée lors d’une plénière et dans plusieurs « multiplex » (grands ateliers). Certains ont insisté sur le fait que cette théologie de la prospérité connaît souvent beaucoup de succès à cause de la pauvreté. Il ne faut donc pas se contenter de dénoncer cette théologie, mais travailler encore davantage sur les problèmes de grande pauvreté afin de ne pas laisser d'espace aux marchands d’illusion. 4000 personnes de 197 pays étaient présentes. Est-ce que tous les courants évangéliques, dont les néopentecôtistes, étaient représentés ? Je ne sais pas. Il s’agit d’un mouvement, composé de responsables qui adhèrent à la déclaration de Lausanne. Ils partagent l’objectif qui est de collaborer à l’évangélisation sur le plan mondial. Or je peux vous dire que lors des plénières, je n’ai pas entendu de discours allant dans le sens de la troisième vague [néopentecôtiste]. Mais il y avait une diversité manifeste des formes de piété. J’ai vu des prédicateurs charismatiques et pentecôtistes. Mais je n'ai pas vu de promotion d’une théologie particulière. Climat consensuel ? C’est en tout cas le sentiment de la cohésion qui domine. Je n’ai pas eu l’impression d’avoir assisté à des pressions particulières. Il n’y avait pas de conflit entre charismatiques et non charismatiques. La communion était très belle. Le dernier jour, nous avons participé à un culte à partir de la liturgie de l’Eglise anglicane du Kenya. C’était très ‘liturgique’ suivant différentes étapes dont la confession des péchés, la récitation de la confession de foi de Nicée-Constantinople, etc. L'accompagnement musical était magnifique. Plus généralement, lors de ce congrès, une importance considérable a été donnée aux arts : théâtre, danse, image, etc.. Et beaucoup d'expressions différentes étaient intégrées dans la liturgie du dernier culte. C’était grandiose… Je n’ai pas non plus vu des combats sur l’eschatologie ou sur le sionisme qui mettent mal à l’aise. Là aussi, il y avait apparemment un certain consensus. Il n’y a pas de synodes qui regroupent tous les évangéliques. Mais le Mouvement de Lausanne, ne joue-t-il pas le rôle de synode des évangéliques ? Non, pas vraiment. L’évangélisme comprend différentes dénominations qui, elles, tiennent des congrès/synodes. Il y a par ailleurs une Alliance évangélique mondiale, mais le problème est qu'elle est peut-être un peu moins visible que le Mouvement de Lausanne. L’évangélisme est d’abord une sensibilité théologique et spirituelle qui comprend des gens de toutes les dénominations. Il était frappant de voir, au Cap, le nombre important d’anglicans. On les reconnaît facilement avec leurs cols ecclésiastiques. Il y avait aussi des réformés évangéliques. Cela dit, le mouvement de Lausanne et l’Alliance évangéliques sont assez représentatifs des évangéliques. Et ils servent de référence. Quand on organise des débats entre évangéliques et catholiques, ces derniers citent parfois des textes du magistère. Les évangéliques, eux, citent parfois la déclaration de Lausanne… Au Cap, il a été question d'enjeux de société. Y a-t-il une éthique sociale spécifique aux évangéliques ?Non, il n’y a pas de textes qui fassent référence, comme c’est le cas dans l’Eglise catholique. Mais des documents, visant à faire avancer la réflexion, existent. La commission libro-baptiste française a rédigé un texte cet été. En réalité, dans le monde évangélique, il y a eu une tension entre l’engagement social et l’évangélisation. Pourriez-vous expliquer cette tension ? Si on remonte au XVIIIe siècle, on se rend compte que le réveil allait de pair avec l’engagement social. A titre d’exemple, John Wesley, pasteur du Réveil, était un prophète de la justice sociale. Au XIXe siècle, l’abolition de l’esclavage est en partie le fruit du travail des évangéliques. On l’oublie aujourd’hui, mais les chrétiens libéraux étaient plus conservateurs sur le plan social que les évangéliques au début du XX siècle. Puis, il y a eu un tournant. L’engagement social a été en partie abandonné par des chrétiens évangéliques, qui jusqu’alors étaient à la pointe de cette vocation. Le théologien John Stott explique bien les raisons de cette évolution. La première en est que les évangéliques se sont beaucoup investis dans la lutte contre le libéralisme théologique au détriment de l’engagement social. Les évangéliques ont aussi réagi contre « l’évangile social ». Des interrogations sur le royaume de Dieu ont particulièrement occupé les esprits : Qu’est-ce que le royaume de Dieu au fait ? Le royaume de Dieu est-ce la société humaine transformée par les valeurs de l’évangile ? Jésus a-t-il inauguré ce royaume et faut-il maintenant continuer à le construire ? Le Royaume est-ce une réalité purement spirituelle ? Selon Stott, les évangéliques auraient également été affectés par une vague de pessimisme après la Première guerre mondiale. Ils se sont demandés : Faut-il vraiment s’investir autant dans ce monde-ci alors qu’il y a tant d’horreurs ? Ne faudrait-il pas prêcher l’évangile « pur » pour que les gens soient sauvés par la foi ? On a aussi assisté à une vague de millénarisme et de dispensationnalisme chez les évangéliques. D'après eux, le monde serait de plus en plus corrompu de toute façon. Conclusion : il ne faudrait pas trop investir dans ce bas-monde, mais attendre la réponse du Christ. Il y a enfin une explication socio-économique. Selon Stott, beaucoup de personnes des classes moyennes se sont converties. Les idéaux des évangéliques sont devenus pratiquement identiques à ceux des classes moyennes. L’éthique sociale n'était plus une priorité. Et puis ? Après la Seconde guerre mondiale, on a assisté à une redécouverte de la conscience sociale évangélique grâce notamment au théologien Carl Ferdinand Henry, qui a écrit un livre sur le thème : The Uneasy Conscience Of Modern Fundamentalism (1947). A Lausanne I en 1974, un pas déterminant a été franchi surtout grâce à deux théologiens latino-américains : René Padilla et Samuel Escobar. Ils ont défendu l’idée de la « mission holistique » ou « intégrale ». Ils ont dit qu’il ne fallait pas réduire la mission chrétienne à la multiplication des chrétiens et des Eglises, mais que la mission comprend à la fois l’évangélisation et l’engagement social. Lausanne I, paragraphe 5, est consacré à l’engagement social. Citons-le : « nous reconnaissons avec humilité que nous avons été négligents et que nous avons parfois considéré l'évangélisation et l'action sociale comme s'excluant l'une l'autre.... » [Pour lire ce document majeur, cliquez ici.] Néanmoins, à Lausanne, il y avait une tension autour de la priorité de l’évangélisation. Dans l’article 6, il est affirmé que l’Eglise doit quand même accorder la priorité à l’évangélisation. Beaucoup d’autres congrès ont été organisés par l’Alliance évangélique et par la Commission théologique du mouvement de Lausanne pour réfléchir sur les rapports entre évangélisation et responsabilité sociale. Une consultation importante a eu lieu en 1982 à Wheaton, USA. L'articulation entre l’évangélisation et l’engagement social a été précisée. A Wheaton, on a notamment écrit ceci : « L’action sociale chrétienne est une conséquence de l’évangélisation. » L'accent a été mis sur l'idée que les chrétiens sont sauvés pour pouvoir faire des bonnes œuvres, selon la lettre aux Ephésiens 2.10. L’action sociale n’est donc pas seulement une conséquence de l’évangélisation, mais aussi un but de l’évangélisation. Nous sommes sauvés pour de bonnes œuvres. Ainsi, l’action sociale est aussi une sorte de pont pour l’évangélisation. Elle permet d’incarner l’amour de Dieu. L’action sociale pourrait finalement être un « partenaire » de l’évangélisation, les deux seraient liés comme le mari est lié à son épouse. Lors du congrès Lausanne II, à Manille, il a été question aussi de l’engagement social. Mais certains ont perçu un recul, car on a à nouveau insisté sur la priorité de l’évangélisation. Or le paragraphe 4 (intitulé « Evangile et responsabilité sociale ») le justifie ainsi : « L'évangélisation est première parce que notre préoccupation majeure est que tous aient l'occasion d'accepter Jésus-Christ comme Seigneur et Sauveur. Jésus lui-même ne s'est pas contenté de proclamer le Royaume de Dieu, il en a manifesté concrètement l'instauration par ses oeuvres de miséricorde et de puissance. Nous sommes appelés aujourd'hui à conjoindre de la même manière paroles et actes. C'est dans un esprit d'humilité qu'il nous faut prêcher et enseigner, assister les malades, nourrir ceux qui ont faim, entourer les prisonniers, aider les défavorisés et les handicapés, et délivrer les opprimés. Tout en reconnaissant la diversité des dons spirituels, des vocations et des situations, nous affirmons que la Bonne Nouvelle est inséparable des oeuvres bonnes.... » [Pour lire ce document, cliquez ici] Ce n’est pas comme Rerum Novarum du pape Léon XIII (cliquez ici), mais on trouve quand même le souci de bien articuler l’engagement social et l’évangélisation. Et à Lausanne III ? A Lausanne III, on retrouve ces mêmes thèmes. Il a été question d’un témoignage verbal pour la vérité et de ne pas avoir peur de ce monde relativiste. Il est aussi question des ravages du sida, de la prostitution, de la pauvreté, etc.. Et on sent toujours que certaines personnes ont peur que l'engagement social se fasse au détriment de l’annonce explicite. D’autres ont peur du phénomène inverse. Les Eglises évangéliques en France reflètent-elles cette évolution et cet esprit ? La prise de conscience est réelle. Beaucoup d’Eglises ont leur propre association de bienfaisance. Quand ce n’est pas le cas, elles sont souvent en lien avec des missions sociales, comme l’Armée du Salut ou le Diaconat protestant. Mais, si on compare la France à d’autres pays, il faut souligner que l’Etat français fait souvent déjà beaucoup de choses dans le domaine social. Or l’Eglise ne doit pas être une concurrente de l’Etat. Elle pourrait être complémentaire. Dans certaines unions d'Eglises évangéliques, on n’a pas toujours cette vision holistique, globale. On met donc tout le paquet sur l’évangélisation. Mais il faut souligner que les megachurches charismatiques, connues pour leurs ambitions élevées en matière d'évangélisation, ont beaucoup d’actions sociales. Aux Etats-Unis, en Corée du Sud ou au Brésil, elles envoient parfois des missionnaires à l’étranger avec un fort accent mis sur le travail humanitaire. En tant qu’enseignant, insistez-vous sur les risques de la déconnexion entre évangélisation et engagement social ? Oui, quand j'en ai l'occasion. J’enseigne la dogmatique et donc la doctrine du péché. Ainsi, j’insiste à la fois sur la dimension personnelle du péché et sur sa dimension sociale, structurelle. Le salut que Jésus nous apporte nous concerne sur le plan personnel. Mais Jésus est Sauveur de l’Univers, du Cosmos, comme il est dit dans Philippiens 2. Le peuple de Dieu est le peuple du Royaume. Nous sommes appelés à vivre les valeurs du Royaume en disciples. Quelles sont les structures du péché, selon vous ? Le capitalisme débridé et le consumérisme qui force les gens à consommer et qui crée des envies avec la publicité. A cela, il faut ajouter toutes les structures d'exploitation. C’est le problème du capitalisme mal régulé. C'est surtout dans la tradition anabaptiste qu'on trouve des théologiens s'intéressant à ces questions. Quels sont pour vous les grands défis pour les évangéliques dans les années qui viennent ? Le grand défi est d'arriver à proposer la foi à un monde de plus en plus pluraliste, « post-moderne ». La question de la Vérité est souvent écartée. Mais comment peut-on relever le défi, qui est surtout intellectuel ? L’évangile n’est certes pas que du domaine intellectuel – il s’agit d’une rencontre personnelle avec le Christ - mais il y a un contenu. C'est ce contenu qu'il faut expliquer intelligemment. Un deuxième défi serait de continuer à articuler la proclamation explicite de l’Evangile et l'action sociale dans une vision holistique de la mission. Le troisième défi serait de construire de vrais partenariats missionnaires entre des agences « riches » du Nord et celles du Sud afin d’éviter la reproduction des erreurs du passé. Ils seraient bien que les missionnaires brésiliens et coréeens sachent éviter les erreurs commises par leurs aînés états-uniens ou européens. Il faudrait enfin apprendre à gérer les problèmes posés par la théologie de la prospérité. Je crois que les évangéliques ont toujours à apprendre l’humilité. Nous devons davantage collaborer entre Eglises évangéliques. Le défi de l’évangélisation est trop grand pour qu’on agisse comme des entrepreneurs individuels en concurrence les uns avec les autres. Dans chaque pays, dans chaque région, les dénominations doivent apprendre à collaborer. Faut-il aussi davantage collaborer avec les autres Eglises ? Des dialogues sont déjà engagés, notamment entre l’Eglise catholique et le CNEF. Au Cap, en Afrique du Sud, Nicky Gumbel, fondateur des parcours Alpha, est intervenu pour expliquer que ces cours sont maintenant employés par toute sorte d’Eglises, même par des Eglises orthodoxes. Ce qui montre bien qu’on peut faire des choses importantes ensemble. Et on peut aboutir à des consensus importants sur le contenu. En France, je pense qu’on ne peut pas faire l’impasse de l’Eglise catholique. Il faudrait probablement apprendre à travailler davantage avec elle. Recueilli par Henrik Lindell Cet entretien a été relu par Alain Nisus. Il a été mis en ligne le 14 novembre 2010.
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