• Wide screen resolution
  • Narrow screen resolution
  • Increase font size
  • Decrease font size
  • Default font size
Musique | Daniel Pialat se fait du souci PDF Imprimer Envoyer
Le compositeur, chanteur et interprète chrétien Daniel Pialat nous parle de la louange, de sa musique et de son dernier CD J’me fais du souci. Interview.

Daniel Pialat est un compositeur, chanteur et interprète bien connu dans les milieux chrétiens francophones. Des milliers de personnes ont chanté ses chants : « Jésus, j'élève ma voix vers toi », « Seigneur, ton amour me touche », « Que jamais », « Son amour dure à toujours »...
Son dernier CD, sorti fin 2010, J’me fais du souci, a plutôt pour vocation de toucher un public non-chrétien. Il parle particulièrement de la vie quotidienne, dans ses aspects difficiles comme le décès d'un proche, et de ses merveilles, comme le fait d'être parent. Par ses textes et son expression musicale, Daniel Pialat nous sort nettement du cadre de la pop-louange en vigueur chez les évangéliques. Tout le monde peut l'écouter.
Dans cette interview, Daniel Pialat explique ses convictions sur la louange, les textes et la musique.
A 40 ans, marié et père de deux enfants de 7 et 4 ans, il habite Béziers (Hérault) et est membre d'une église évangélique. Cet intermittent de spectacle, pianiste et chanteur de formation classique, tourne dans différentes Églises, y comprise dans l’Église catholique, et donne des concerts. Il nous livre ici son regard sur la musique « chrétienne » et sur sa propre vocation d'artiste chrétien.
Pour toute information sur sa musique, rendez-vous sur son site.


Daniel, est-ce qu'il y a une musique chrétienne ?
Je ne pense pas qu'on puisse parler d'une musique spécifiquement chrétienne. J’aime la musique, j’aime ce moyen de m’exprimer, j’y suis sensible. Par ailleurs, j'ai envie de partager certaines choses en tant que chrétien. Pour cela, j'utilise la musique. Elle est liée à tout ce que je suis.

Quand on est évangélique, ou catholique charismatique, on parle souvent de « la louange ». Qu'est-ce ?
La louange dépasse la musique et nos mots. C'est une expression de notre foi et de notre amour pour notre Seigneur. C'est Lui dire merci. La musique peut permettre cette expression parce qu'elle véhicule des émotions.
Dans certaines Églises, on voudrait sans doute restreindre la louange à un certain format, une certaine forme, certains chants. Mais il faut savoir qu'il y aura toujours des manières très différentes d'exprimer la louange.

Par exemple ?
La danse, par exemple. Ou d'autres formes d'arts que la musique…
Dans le milieu évangélique actuel, il y a une couleur souvent très pop. On pourrait faire autrement.

La pop louange est une forme très populaire, y compris chez les catholiques maintenant. Quel est ton regard sur cette musique ? Une tradition à part ?
Je pense qu'elle était utile pour montrer une facette de la louange que l'on ignorait il y a dix ou vingt ans. Cette forme est maintenant devenue très populaire. C'est très important et c'est très bien. Mais il faut essayer d'autres formes aussi. Et on ne fait pas toujours l'effort nécessaire.
Or, l'Église est composée de personnes d'origines différentes. Tout le monde n'est pas à l'aise dans la pop-louange. Quand j'anime un temps de louange musicale, j'utilise différentes formes musicales.

Comment te prépares-tu ?
J'essaie d'abord de me renseigner sur la culture de l'Église et l'ambiance de celle-ci. Je ne cherche pas à imposer ma façon de faire. De manière générale, je cherche à m’adapter à ce que vivent les gens dans cette église. Je choisis les chants, et je prépare ma façon de conduire ce moment, avec l’objectif de faire vivre un temps de louange qui soit propre à l’auditoire que j’ai en face de moi.

On fait souvent une distinction entre un chant « traditionnel » et un chant « moderne ». Tes chants sont-ils modernes ?
Je ne sais pas. Les chants que je qualifierais de traditionnels sont composés de plusieurs strophes, plutôt sous forme d'hymnes. On peut penser à « Torrents d'amour et de grâce » et « A toi la gloire ». Il se trouve que j'ai une formation de musique classique au départ et j'aime énormément la musique pop actuelle. Résultat : j'écris des chants de plusieurs strophes, qui ressemblent plutôt aux hymnes. Mais j'écris aussi des refrains que tout le monde peut entonner tout de suite. Je travaille aussi sur le choix d'instrument : un quatuor de cordes n'est pas adapté à la même musique qu'un ensemble de guitare électrique, basse et batterie.

As-tu une méthode particulière pour écrire ?
Parmi les chansons que je compose on peut distinguer celles qui sont destinées à être chantées par un auditoire. Et les autres qui ont plutôt pour but d’être interprétées (par moi-même ou un autre chanteur).
Quand j'écris pour un auditoire, j'applique les règles suivantes : des mélodies pas trop compliquées, une tessiture moyenne pour que tout le monde puisse facilement chanter (donc pas de notes trop aigües), des rythmes parfois entraînants mais pas complexes, parfois aussi une interaction. J’ai par exemple écrit « Son amour dure à toujours » - sur le principe du répond. Il est interactif. Pour ce genre de chants, je m’inspire la plupart du temps de la Bible.

Des exemples ?
« Jésus, j'élève ma voix vers toi » a été inspiré de la lettre aux Romains, 8.38-39. Il  dit : « Ni le présent, ni l'avenir, rien ne pourra me séparer de l'amour du Christ ». Ces versets m'ont touché. Le chant « Son amour dure à toujours » est tiré d'un psaume qui d’ailleurs est déjà écrit sur le principe du répond. « Que jamais » est plutôt une prière personnelle. Là, j'évoque la vie de tous les jours, où l'on peut être accaparé par tellement de choses qu'on peut finir par perdre l'assurance de cet amour.

Ton dernier CD, J’me fais du souci, exprime à l'évidence une volonté de communiquer ta foi à des gens qui ne sont pas forcément chrétiens. Mais on trouve aussi bien d'autres thèmes...
Oui, il contient des chansons qui parlent de la vie, et d’expériences personnelles. Les gens qui les écoutent peuvent se reconnaitre dans certaines situations qu’ils vivent aussi, et ainsi être sensible à la manière dont je parle des choses. La chanson « Je m'fais du souci » est née d'un moment que j'ai vécu en sortant d'Eurodisney. Après avoir quitté cet univers féérique, nous nous sommes trouvés, avec ma famille, face à des CRS armés, à cause du plan Vigipirate. C'était un choc. Dans quel monde est-on ? Apparemment, dans un monde qui a peur ! C’est vrai que je me fais du souci, même en tant que chrétien, entre autres parce que j’ai le sentiment qu’on va vers une dégradation des relations des uns envers les autres. C’est un thème qui revient souvent dans ce CD : la relation des uns aux autres.

Il y a une chanson pour ton fils...
Oui, c’est un mélange de questions que je me pose à son sujet, du genre : « quel va être ton avenir ? », et de conseils que j’essaie de lui donner. Parce que le temps d’une vie sur terre est court, et qu’il est important d’essayer de l’utiliser au mieux et d’en faire quelque chose de beau.
Dans une autre chanson, je parle du décès de mon papa. Voilà un thème qui préoccupe les gens : la mort. Dans la chanson, j'explique que je ressens une importante douleur mêlée à la joie de mon espérance qu’il y a une autre vie bien meilleure après celle-ci.

Et on comprend que tu n'aimes pas le mensonge
Oui, c'est la chanson « Ne me mens pas ». Je trouve souvent que dans nos relations, il y a trop de non-dits. On va réagir de travers, par intérêt au lieu de rester simple et sincère... Ce manque cruel de vérité m’interpelle sérieusement.

Et il y a aussi des prières sur ton disque ?
Oui. Vers la fin du disque, « Pluie du ciel » et « Trop lourd pour moi » sont des prières, dans lesquelles encore une fois, il me semble que beaucoup peuvent se retrouver. Je tenais vraiment à ce que ce CD soit tout autant accessible à celui qui croit en Dieu, qu’à celui qui n’y croit pas, ou qui se pose des questions.

Que disent tes amis non croyants ?
Je suis agréablement surpris. J'ai passé ce CD à des personnes issues de différents milieux. Par exemple à mon ORL et à sa famille. Il se trouve que je l'ai consulté juste avant l'enregistrement du disque : je souffrais d'une parésie d’une corde vocale ! Dans mon église, les gens avaient prié pour moi. D'une façon étonnamment rapide, selon mon ORL, j'ai retrouvé la voix. Plusieurs mois plus tard, après la sortie du disque, Il m'a dit qu’avec son épouse, ils écoutaient mon disque « en boucle » dans leur voiture, et que sa femme était particulièrement sensible à son contenu. Ils ne fréquentent pas une église, à ma connaissance.
Petit à petit, j'essaie de faire connaître mon disque dans les milieux séculiers. Mon objectif dans les prochains mois, c'est de présenter quelques chansons de l'album à des radios séculières. Je voudrais aussi aller davantage à la rencontre des gens, dans des lieux neutres (cafés-restaurants et autres…)

Au regard de ce qui se fait en général en matière de musique de louange, n'y a-t-il pas un risque parfois qu'on s'enferme dans un ghetto évangélique ?
Complètement. C'est un gros problème. Je tourne beaucoup dans les Églises. Souvent, je me rends compte que notre langage n'est pas approprié à l'accueil des personnes qui n'y ont jamais mis les pieds. L'
Église catholique a déjà connu ce problème de forme et cherche maintenant à en sortir. De manière générale, malheureusement, beaucoup de communautés restent centrées sur elles-mêmes. Notre langage plaît aux évangéliques qui sont à l'intérieur.

Que faire ?
La meilleure façon de communiquer sa foi, c'est le témoignage individuel. L'
Église a besoin de réfléchir, d'aller plus de l'avant. En tant qu'artiste, je dois réfléchir à la forme aussi. Je dois me poser des questions du genre : que vivent mes contemporains ? quelle est la musique qu'écoute mon voisin  ? quels textes ?
Et quand je compose des chants ou des chansons, je dois tenir compte de ces questions. Les textes de louange sont parfois trop simplistes : on dit « alléluia, je t'aime Jésus et amen ». Il faut aller un peu plus loin. On peut exprimer tellement de choses. Surtout, il faut s'ouvrir aux besoins de nos contemporains, et penser à la manière de leur parler de notre foi de manière simple et accessible !
Et moi, j'ai parfois l'impression d'être sur un fil entre le milieu chrétien et le milieu non chrétien.

Recueilli par Henrik Lindell
Les photos ont été prises par HL lors d'un concert à l'
Église évangélique baptiste de Massy (Essonne) le 11 décembre 2010.

Cet article a été mis en ligne le 19 février 2011

 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Lettre de nouvelles

Recevoir du HTML?

Derniers commentaires publiés sur le site

  • Dommage que le site de Radio Réveil paroles.ch ne ... Lire la suite
  • Titre étrange... sommes nous appelés à assister au... Lire la suite
  • Au terme des nombreuses errances théologiques des ... Lire la suite
  • Quel est ce pays qui tue les personnes innocentes ... Lire la suite
  • A propos de pardon, rassurez-vous : il m'est total... Lire la suite

Quelle église choisir ? Celle que vous voulez...

creativecomchurchwomsing.jpg
Y a-t-il une église en France pour moi ?
Oui, pour consulter la liste des communautés accueillantes, cliquez ici. Lisez aussi notre article introductif.

Verset du jour

Jesus .Net