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C’est quoi le sens de Noël ? Regardez ce clip et vous aurez une idée. Le collectif d’artistes NoShame de l’Église réformée du Marais a produit ce formidable cantique nouveau aux sonorités contemporaines. C’est moderne, intelligent et ça parle à tout le monde, chrétiens ou non. Découvrez ici le texte. Lisez aussi un message du pasteur Claude Baty de la Fédération protestante sur l’espérance chrétienne en ce temps, bizarre, de crise et de consommation débridée.
Ce clip est un cadeau de Noël. D’abord parce qu’il suggère la bonne nouvelle, la naissance du « baby de Bethléem », notre sauveur, la lumière du monde. Le chant, qui connaît un certain succès dans les médias non confessionnels (MTV, M6), est aussi un message d’espoir pour une autre raison. Il prouve que la musique chrétienne d’aujourd’hui peut être entraînante et nous parler sur un ton intelligent, sans « patois du Canaan » et sans trop de clichés. Loin d’être niais, comme c’est souvent le cas de textes chrétiens contemporains évoquant « la société », voici un texte qui dénonce franchement le matérialisme qui nous déshumanise.
Le projet lui-même, collectif et non commercial, montre que l’on peut choisir de faire autrement, en suivant certains idéaux. Au lieu de tomber dans le cynisme et l’ironie mortifère face à un modèle de société qui nous y pousse, il est possible de s’élever et de grandir, si toutefois on accepte d’établir un dialogue avec Dieu. Le collectif NoShame de l’Eglise réformée du Marais à Paris, qui a produit ce clip avec de nombreux bénévoles, ne peut que nous donner envie de continuer dans cette œuvre d’évangélisation contemporaine. En évoquant ainsi Noël et son vrai sens, c’est bien un « chant nouveau » dont parle le psautier dans les Psaumes 96 et 98.
Selon un des auteurs du texte, le pasteur Gilles Boucomont (l’autre est le rappeur Dré Bonny), le clip « offre ainsi à toutes les générations, des petits aux ados, aux adultes et aux plus anciens, la possibilité de se retrouver autour d’un seul chant qui mêle pop, rap, RnB, voix d’enfants du chœur MiniGospel et même des Noëls du XVIIème siècle en arrière-plan ! Un événement intergénérationnel permettra donc aux grands-parents de parler du Christ à leurs enfants sans être qualifiés de ‘ringards’. » (1)
Trêve d’explications, regardez ce clip et suivez ici les paroles.
Puis, lisez une réflexion du pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante, au sujet de l’espérance chrétienne vis-à-vis du dieu Argent. Il dit, en résumé, la même chose que le rappeur dans la chanson : « Les super, les hyper-marchés / Ont leurs lumières déclenchées / C’est l’enfer, pour bien te faire cracher./ Frère, faut tout acheter ! / C’est ça Noël ? Pfff… » Claude Baty l’exprime ainsi : « À l’approche de Noël, quand revient la déferlante des incitations à la consommation, essayons, à notre mesure, d’être simples, sobres et… joyeux, en reprenant cette question essentielle : où est notre espérance ? »
1. Cité dans un article paru sur le site Topchrétien le 3 décembre 2008. Contact pour NoShame (Eglise réformée du Maris) :
09 79 94 27 89
Nohell.fr, 17 rue Saint-Antoine, 75004 Paris
http://noel.nohell.fr
Noël No Hell
Paroles : G. Boucomont et Dré Bonny
Musique : G. Boucomont et J. Dumeige
Regarde vers le haut,
Les collines enneigées,
Regarde comme c’est beau,
L’hiver n’a pas changé.
Et voici un point de vue de Claude Baty publié par la Fédération protestante le 5 décembre 2008. Nous sommes en totale harmonie avec ce message.
Escroquerie à l’espérance !
Pendant les travaux le magasin reste ouvert ! Pendant la crise, la Française des jeux (fdjeux) redouble d’ardeur publicitaire ! Cette publicité sans vergogne peut faire office de parabole.
Personne ne dénonce cet encouragement, bientôt « républicain », à jouer. La bénédiction des pouvoirs publics est acquise puisque ça rapporte gros, c’est sûr. Si personne ne proteste c’est peut-être parce que chacun sait que si ces jeux n’existaient pas il faudrait payer davantage d’impôts, et puis enfin personne n’est obligé de jouer. Toutes ces excuses énoncées, il est évident que ce sont les plus démunis qui jouent et se démunissent donc un peu plus. L’incitation à gratter, à tirer, à cocher, à jouer en ligne pose donc question au citoyen que je suis. N’y a-t-il pas là, ce qu’on appelle par ailleurs, abus sur des personnes en situation de faiblesse ? Le simple fait que la fdjeux avertisse « restez maître du jeu », « fixez-vous des limites », indique bien que ma suspicion n’est pas gratuite, si j’ose dire.
Les incitations pressantes aux crédits faciles (revolving) mettent elles aussi en danger les plus faibles et les plus démunis abusés par des offres qui sont tout sauf des facilités et des cadeaux.
Seuls certains financiers peuvent jouer gagnant, ce qui ne signifie pas sans perte… Et les yoyos de la Bourse en crise semblent montrer qu’ils continuent à jouer…
En avançant un peu plus loin pour entrer en terre chrétienne, il ne me semble pas exagéré de parler d’escroquerie à l’espérance. Sans remonter au jardin d’Éden, où il y a déjà eu, semble-t-il, abus de confiance, Jésus met bien en garde contre un maître puissant et séducteur qu’il dénonce, Mammon. L’argent est bien l’idole qui fait rêver et qui tient en esclavage, qu’on en possède peu ou beaucoup. Fallait-il entrer dans la crise financière que nous connaissons pour prendre conscience de la démesure des inégalités, du leurre de la technicité, de l’injustice dans le traitement des hommes, de l’irresponsabilité de certains acteurs économiques et des politiques à courtes vues ? Derrière le marché et ses lois prétendument intouchables, ne savions-nous pas qu’il y avait des hommes cupides, sans foi ni loi ?
Le plus surprenant c’est que les remèdes proposés pour sortir de la crise ne remettent pas en cause ce qui l’a provoquée, puisqu’on nous exhorte à jouer, à consommer plus, en nous berçant du refrain « ça va s’arranger… bientôt ! » Mais sommes-nous vraiment persuadés, d’une part que consommer toujours plus c’est le bonheur, ensuite que notre planète peut le supporter et enfin que cela est bien moral au regard des plus pauvres ?
Si les politiques n’osent pas dire qu’il nous faut changer de train de vie, abandonner le toujours plus, accepter de partager, les chrétiens ont de bonnes raisons pour le proclamer. Oui, il faut changer de vie, travailler sur le désir qui nous met en marche… tâche éminemment spirituelle. À l’approche de Noël, quand revient la déferlante des incitations à la consommation, essayons, à notre mesure, d’être simples, sobres et… joyeux, en reprenant cette question essentielle : où est notre espérance ?
Claude Baty,
président de la Fédération protestante de France
Cet article a été mis en ligne le 10 décembre 2008
Regarde cette étoile,
Qui guide les bergers,
Quand l’horizon se voile,
De nuages légers.
Jours de douceur,
Les flocons blancs
Tombent du ciel.
Jours de bonheur
Pour les enfants,
C’est ça Noël ?
Te voilà enfin Noël
Oui nous t’attendions Noël
Tant attendu, mais inattendu
Te voilà enfin Noël !
Frère, atterris, c’est pour tes thunes
Qu’ils veulent t’enterrer.
Tu rêves, endormi,
Mais tu te réveilleras, plus qu’atterré !
Sourires faussés, Noël, c’est fou, c’est
L’arnaque qui pompe le plus… un fric fou !
Il passe à l’action, le
Gros type en rouge à la barbe blanche
Qui chaque jour, eh yo, planche
Sur comment tout te prendre
Jusqu’à ton caleçon. Ma parole !
Fais attention, garçon, pour tes gosses.
Infini : ils l’ont cloné par millions, de toute façon,
Avec sa barbe en plastoc,
Rires, sourires en toc,
L’arnaque du siècle,
Mec, je t’assure, elle est mastoc !
Et c’est ça Noël ! Hein.
Jours pour rêver,
Bonheur suprême
La vie est belle.
Jours pour aimer
Ceux qui nous aiment
C’est ça Noël ?
Te voilà enfin Noël
Oui nous t’attendions Noël
Tant attendu, mais inattendu
Te voilà enfin Noël
Trop de monde, trop de sacs,
Trop de trucs, trop de vrac,
Trop de stress, trop de fous,
Trop de jouets, trop de tout !
Les super, les hyper-marchés
Ont leurs lumières déclenchées,
C’est l’enfer, pour bien te faire cracher.
Frère, faut tout acheter !
C’est ça Noël ? Pfff…
J’ai plutôt l’impression que
Je viens de me faire crocheter !
Noël, no hell ! No more hell ! No more hell !
Noël, no hell ! No more hell ! No more hell !
Noël, no hell ! No more hell !
Fini l’enfer, c’est une nouvelle bonne !
Fini l’enfer, c’est une nouvelle donne !
Dieu est sur la paille, comme toi,
Lui aussi n’a pas de toit,
In X L 6 D O gloria
Paix sur la terre pour les hommes
Aux femmes, salam, peace, shalom.
Est-ce fini les flingues en plastique pour nos fistons
Pour les fillettes, les plans « string & séduction » ?
C’est ça le Noël que j’aime
Le baby de Bethléem.
Te voilà enfin Noël
Oui nous t’attendions Noël
Tant attendu, mais inattendu
Te voilà enfin Noël
Ecœuré par la réalité,
Ma parole ! J’ai réalisé
Que l’étable de Bethléem
Dans nos rues s’est dématérialisée.
J’suis pas déshumanisé,
Alors si tu m’entends, eh, Dieu,
Si jamais tu passes dans le coin
Oui, toi qu’on aime tellement idéaliser :
J’ai un tas de choses à partager ;
Dans l’étable de mon cœur,
Tu pourras t’allonger…
Noël, no hell, no more hell !…
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