Dieu et Moi

Narnia | Le prince Caspian, un bon film chrétien

Sample ImageVous voulez voir un bon film avec vos enfants cet été ? Le monde de Narnia 2, sorti le 25 juin, a tout ce qu’il faut pour émerveiller toute la famille. Nous l’avons trouvé génial. Le prince Caspian n’est pas seulement un grand film d’aventure. C’est une excellente adaptation de l’allégorie chrétienne de C.S. Lewis, un des plus grands écrivains de tous les temps. A voir absolument.

 

 

Cinéma : Le Monde de Narnia : chapitre 2 - Le prince Caspian, film d’Andrew Adamson, 2h23, avec Skandar Keynes. A partir de 6 ans. Walt Disney/Walden

Il faut reconnaître que nous avions un a priori radicalement favorable. C.S. Lewis, l’inventeur de l’univers de Narnia, est une des valeurs les plus sûres qui soient dans le ciel littéraire chrétien. Et l’adaptation cinématographique en 2005 du premier tome de la saga - Chapitre 1 : Le lion, la sorcière blanche et l’armoire magique – nous avait déjà séduits, nous et nos enfants, même si les effets spéciaux dominaient parfois trop. Chapitre 2 : Le prince Caspian promettait au moins autant. Le réalisateur Andrew Adamson, qui a déjà fait Shrek (autre série de films géniale), sait s’adresser avec lyrisme et humour autant aux enfants qu’aux adultes, un don précieux. Et, franchement, de notre avis et de celui unanime des experts qui nous ont accompagnées lors de la sortie le 25 juin - en l’occurrence cinq enfants âgés de 10 à 12 ans, dont deux qui ne connaissent pas le Christ – ce film est meilleur que le premier. L’intrigue est plus complexe, les personnages plus réalistes et les effets spéciaux plus discrets.Sample Image Pour voir des extraits, cliquez ici.

 

 

Le nouveau Narnia est une merveille.

 

 

 

 

Pour ceux qui ne connaissent pas Narnia, que dire ? Qu’il faut, dans le meilleur des cas, commencer par lire les sept tomes des Chroniques de Narnia de Clive Staples Lewis (1898-1963). (1) L’auteur, un universitaire d’Oxford spécialiste de la littérature médiévale et ami de J.R.R. Tolkien (Seigneur des Anneaux), s’inscrit dans la grande tradition des conteurs fantastiques britanniques. Derrière l’intrigue, qui peut avoir un sens en elle-même (c’est le cas de Narnia, par exemple), on peut toujours faire des interprétations à plusieurs niveaux. Narnia est une allégorie chrétienne. A ce titre, on peut le comparer au très humaniste Harry Potter, le petit sorcier inventé par la Britannique J.K. Rowling. Le message n’est pas le même (2). Mais dans les deux cas, on est d’abord ému et émerveillé par les aventures fantastiques des jeunes héros. Dans les deux cas, on est à l’intérieur d’un cycle de vie(s) humaine(s) qui a un début, un déroulement et une fin. Et on est amené à réfléchir sur les grandes questions : le bien et le mal, l’amitié, la fidélité, la responsabilité, l’amour.
Narnia est une sorte de royaume parallèle à notre monde. Cet univers a été créé par Aslan, qui prend la forme d’un lion. A un moment, dans le premier épisode, il fait de quatre enfants d’une même famille les rois et les reines de son royaume. Ces enfants sont Peter, Susan, Edmund et Lucy. C.S. Lewis les fait vivre en 1940 dans une Angleterre en pleine guerre. Un jour, en ouvrant la porte d’une armoire dans un vaste manoir, ces enfants découvrent Narnia. Ils tombent d’emblée sur de mystérieuses créatures et des animaux qui parlent. Une sorcière blanche y incarne le mal. Mais ils font alors la connaissance du mystérieux Aslan, qui représente le bien. Il les aide à sortir vainqueurs d’une bataille finale. Dans le deuxième épisode  – Prince Caspian – on retrouve les enfants un an plus tard. Alors qu’ils attendent un train dans le métro de Londres, ils sont soudainement transportés à nouveau à Narnia. Le pays est méconnaissable. 1300 ans ont passé. Le grand château est en ruine. Les animaux sont devenus sauvages. Aslan est visiblement absent. Une nation de Telmariens, des humains, dirigés par le roi Miraz, y règne sans pitié. Le jeune (et bon) prince Caspian, héritier légitime du trône, doit être assassiné. Mais il s’enfuit et fait appel à nos jeunes héros. Les enfants retrouvent alors Aslan et commencent la reconquête de Narnia.Sample Image
Dans ce deuxième film, vous l’aurez compris, l’intrigue est assez complexe. Aslan, le sauveur, demeure longtemps caché. Il n’intervient que parce que Lucy, la plus jeune des enfants, fait appel à lui. Or Lucy est la seule qui refuse de douter d’Aslan. Comme les autres enfants, elle est pourtant confrontée à des dilemmes réalistes. Le sens de la responsabilité et de la fidélité est mis à l’épreuve. Mais elle tient bon, contrairement aux plus grands.
Pour le lecteur chrétien, le message est donc tout à fait évident. Il est aussi pertinent dans un monde où il est parfois difficile de distinguer le sens de la vie.  C.S. Lewis voulait ainsi initier les enfants à la foi chrétienne. Ceux qui ont lu Narnia avant de plonger dans les évangiles seront surpris de découvrir qu’Aslan prononcent souvent les mêmes paroles que Jésus et qu’il en adopte le même comportement. Toute la saga de Narnia, et particulièrement ce dernier film, peut efficacement remplacer bien des cours de catéchisme. Si vous parlez anglais, allez sur l'excellent site Damaris.org en cliquant ici . On vous expliquera comment les films Narnia peuvent  servir concrètement dans l'enseignement de la Bible.
Lewis lui-même était très intéressé par l’annonce pertinente de l’Evangile. Après avoir découvert le Seigneur à 33 ans (grâce notamment à son ami Tolkien, dit-on), il est devenu, comme bien des nouveaux convertis, un défenseur acharné de la foi. Ses débats avec le grand philosophe athée Bertrand Russel font toujours référence. L'anglican Lewis se fait comprendre aussi bien par les catholiques que les protestants et les évangéliques. A part les Chroniques de Narnia, Lewis a notamment écrit Les Fondements du christianisme ou Voilà pourquoi je suis chrétien (Mere Christianity) et une magnifique autobiographie : Surpris par la Joie (Surprised by Joy). Ce sont deux des ouvrages les plus connus et les plus lus de toute la littérature chrétienne au XX siècle. Les livres de Lewis que vous pourrez trouver dans les libraires chrétiennes (7ici, CLC, La Procure, etc) sont à recommander très fortement.
Signalons aussi un ouvrage fort utile : Trouver Dieu dans Narnia. Il est écrit par Kurt Bruner et Jim Ware, deux américains (Salvator, 2005, 19 euros). Vous y trouverez notamment les nombreuses références bibliques de Narnia. Ce livre peut être lu aussi comme une introduction à la vie chrétienne.
En résumé, allez donc voir ce très bon film chrétien. Et profitez de l’été et des vacances pour découvrir C.S. Lewis, un des plus grands écrivains chrétiens de tous les temps.
Henrik Lindell

1. C.S. Lewis a écrit ses différents Chroniques de Narnia dans le désordre chronologique, d’où une certaine confusion. Voici l’ordre habituel par lequel on présente généralement la saga (ainsi les éditions Gallimard, qui a publié une excellente version de la série dans Folio Junior, 2001) :
Tome 1 : Le neveu du magicien, 1955
Tome 2 : Le lion, la sorcière blanche et l’armoire magique, 1950 (Film de 2005)
Tome 3 : Le cheval et son écuyer, 1954
Tome 4 : Le prince Caspian, 1951 (Film actuellement sur les écrans)
Tome 5 : L’Odyssée du passeur d’Aurore, 1952 (Film prévu pour 2010)
Tome 6 : Le fauteuil d’argent, 1953
Tome 7 : La dernière bataille, 1956

2. A notre avis, Harry Potter est une saga particulièrement réussie que l’on peut recommander à tous les adolescents. Nous avons lu cette œuvre littéraire dans son intégralité et, main sur la Bible, nous n’y avons trouvé aucun message « anti-chrétien », contrairement à ce que suggèrent sérieusement certains groupes chrétiens. Or, Harry Potter ne vaut pas Narnia. Le premier est humaniste. Parce qu’il reconnaît l’existence du bien et du mal, Harry Potter parle entre autres aux chrétiens. Mais Narnia est une histoire purement chrétienne et vise à communiquer la Bonne nouvelle.

Cet article a été mis en ligne le 27 juin 2008.