Dieu et Moi

Pensée de la semaine | Quand quelqu'un part pour l'Eternité

Pensée du 12 au 18 mars 2009 par Richard Vandenbroucque.
Voici une méditation autour de l’Espérance chrétienne. Elle est faite à l’occasion du départ pour l’Eternité d’une très chère amie : Odile Hassenforder. Nous pleurons ce décès, mais nous remercions le Seigneur pour l'éclatante leçon de vie d'Odile et pour Sa bonté qui se renouvelle chaque matin. Voici notre témoignage.

Quand on arrive vers la cinquantaine, on se rend compte qu'un certain nombre d'amis avec lesquels on a cheminé toute la vie durant ne sont plus là.
Evidemment, on peut le voir comme un avant goût de ce qui arrive à chacun tôt ou tard. Mais un disciple du Christ ne voit pas les choses aussi dramatiquement ou cyniquement.
Lorsque nous faisons le bilan de nos relations, en prenant en compte tous ceux qui nous ont soutenus, ceux que nous avons soutenus, ceux qui ne sont plus là et qui ont eu un impact énorme sur notre vie, par leur exemple, leur sollicitude, leur amour profond et désintéressé, nous sommes vraiment reconnaissants de tant de richesses. Oui, nous sommes étonnés de tant de bonté manifestée par les uns et les autres.
Un chrétien comme l'apôtre Paul nous le dit très clairement dans une lettre aux chrétiens de la ville de Philippes (en Macédoine). Dans Philippiens 1.20-25, nous lisons :

"Ce que j'attends et que j'espère de toutes mes forces, c'est de n'avoir à rougir de rien mais, au contraire, maintenant comme toujours, de manifester en ma personne, avec une pleine assurance, la grandeur du Christ, soit par ma vie, soit par ma mort.

Pour moi, en effet, la vie, c'est le Christ, et la mort est un gain. Mais si je continue à vivre dans ce monde, alors je pourrai encore porter du fruit par mon activité. Je ne sais donc pas que choisir.

Je suis tiraillé de deux côtés: j'ai le désir de quitter cette vie pour être avec le Christ, car c'est, de loin, le meilleur. Mais il est plus nécessaire que je demeure dans ce monde à cause de vous. Cela, j'en suis convaincu.

Je sais donc que je resterai et que je demeurerai parmi vous tous, pour contribuer à votre progrès et à votre joie dans la foi."

Sample ImageOn voit très bien en Paul un homme partagé. Il a du travail par-dessus la tête. Il doit enseigner et encourager les diverses communautés chrétiennes naissantes. Il doit aussi supporter la fatigue, des souffrances, des privations multiples, des intempéries, la chaleur, etc. Il aimerait être débarrassé de tout cela et être auprès de son Créateur. Le chrétien est partagé entre ce qu'il peut vivre ici et attendre de douceur et de paix auprès de son Père dans le ciel. Alors lorsque l'un ou l'autre part, la douleur nous prend à la gorge, on se rappelle pêle-mêle les bons moments et les divergences, les temps de réconciliation, les temps partagés, etc.. Mais aussi, on est fier de voir partir nos amis ayant persévéré dans la foi de la résurrection jusqu'au terme de leur vie, malgré souffrances et maladies. Car nous savons que celle ou celui qui a le Christ comme guide ne connaîtra pas la mort mais vivra près de Dieu pour l'Eternité. La mort ne doit pas faire peur à celui qui connaît Jésus Christ intimement.

C’est l'occasion pour moi de saluer la mémoire d'une chère soeur qui vient de nous quitter : Odile Hassenforder (1934-2009). Elle était de ces femmes qui ont eu un parcours de vie très riche. Elle a donné beaucoup d'elle-même avec Jean, son mari, tirant le meilleur des situations qu'elle vivait, encourageant ses amis pour connaître mieux l'intention de son créateur pour ceux qu'ils côtoyaient au quotidien. Odile vivait enracinée dans les promesses de la Bible, dans l'Espérance de voir son Dieu face à face. Elle a partagé cette conviction toute sa vie.
A plus forte raison, donc, nous terminons cette chronique en rappelant les paroles données par l'apôtre Paul aux chrétiens de la ville de Thessalonique. Dans 1 Thessaloniciens 4.13-18, nous lisons :

Nous ne voulons pas, vous laisser dans l'ignorance au sujet de ceux qui sont décédés, afin que vous ne soyez pas tristes de la même manière que le reste des hommes, qui n'ont pas d'espérance.

En effet, puisque nous croyons que Jésus est mort et ressuscité, nous croyons aussi que Dieu ramènera par Jésus et avec lui ceux qui sont morts.

Car voici ce que nous vous déclarons d'après une parole du Seigneur: nous qui serons restés en vie au moment où le Seigneur viendra, nous ne précéderons pas ceux qui sont morts.
En effet, au signal donné, sitôt que la voix de l'archange et le son de la trompette divine retentiront, le Seigneur lui-même descendra du ciel, et ceux qui sont morts unis au Christ ressusciteront les premiers.

Ensuite, nous qui serons restés en vie à ce moment-là, nous serons enlevés ensemble avec eux, dans les nuées, pour rencontrer le Seigneur dans les airs. Ainsi nous serons pour toujours avec le Seigneur.

Encouragez-vous donc mutuellement par ces paroles.


Richard Vandenbroucque

Pour lire la pensée de la semaine dernière de Richard, cliquez ici.

Au sujet du décès de notre amie Odile Hasssenforder

Par Henrik Lindell
Je remercie le Seigneur, en tant que responsable de ce site et en tant qu'ami proche des Hassenforder, pour tous les moments avec Odile qu'Il nous a offerts, à moi et à tant d’autres amis. Je peux témoigner qu’elle est partie dans la paix et dans la foi inébranlable tôt le matin le 11 mars 2009 après avoir enduré, avec courage, une longue maladie. Ces dernières années, nous sommes nombreux à avoir vécu des moments de communion très forts avec elle et son mari, notre très cher ami Jean Hassenforder. Avec des membres et des proches de l'association interconfessionnelle Témoins, en grande partie portée par le couple, nous faisons partie d’une “Eglise en réseau” au sens où l'entendait Odile. De cultures et de structures d’Eglise différentes, nous sommes tous unis dans la seule vraie Eglise jamais créée par Jésus : celle qui n’a pas besoin d’un bâtiment pour exister mais de croyants qui aspirent à vivre dans l’unité en Lui.
Odile nous a appris beaucoup de choses sur la vie. Dans des situations difficiles, elle savait refléter cette lumière qui brillait dans sa propre vie. Et en ce moment, nous sommes – pourquoi le cacher ? – humainement tristes de ne plus pouvoir profiter directement des paroles d’amitié, de l’intelligence, de l’humour, de cette foi d’Odile qui avait le don de « contaminer » les autres. On pouvait pleurer avec elle. On pouvait discuter avec elle. Et on pouvait aussi rire ! Elle avait la joie de vivre et elle savait à qui elle le devait. Alors, au fond de nous-mêmes, nous sommes heureux d'avoir la certitude qu'Odile est maintenant auprès de Jésus. Oui, nous avons cette certitude, elle est entrée dans la pleine lumière, vie et paix du Seigneur !

Or, elle reste présente à travers ce qu’elle nous a donné. Odile écrivait beaucoup. Notamment sur le site de Témoins. Ces derniers mois, elle intervenait souvent avec son mari dans une rubrique intitulée « méditations plurielles ». Dans un des derniers textes – le dernier ? – coécrits avec Jean il y a quelques semaines, elle faisait part de ses réflexions inspirées par cette parole de la Bible :  "Les bontés du Seigneur ne sont pas épuisées, il n'est pas au bout de son amour. Sa Bonté se renouvelle chaque matin. Que Ta fidélité est grande Seigneur !" (Lamentations 3 22-23)
Conscients que « Dieu se définit à travers sa parole », Odile et Jean écrivent : "« Les bontés de l’Eternel se renouvellent chaque matin ». Nous pouvons être tentés par le désespoir. Cette parole nous invite au contraire à entrer dans un courant de vie. L’eau vive se renouvelle constamment. Cette parole nous parle du jour qui se lève, chaque matin. Au delà de nos inquiétudes, c’est un rappel de la constance de Dieu, de sa victoire envers et contre tout. Et, certains jours, on peut ressentir concrètement dans la lumière nouvelle et dense qui apparaît à l’aube un appel à l’espoir et à la vie. Cette parole m’invite à participer au rythme de la création. La générosité de Dieu se manifeste dans sa création. Je puis à chaque moment rendre grâce pour un sourire, un geste amical, un rayon de soleil, une belle fleur."
Que dire de plus, sinon merci Seigneur, merci pour Odile et sa leçon de vie ?
Notre solidarité et amitié à Jean Hassenforder, à toute sa famille et à tous les amis de Témoins.

Henrik Lindell

Cet article a été mis en ligne le 12 mars 2009.