Dieu et Moi

Jacob face à Dieu (Genèse 32)

La vie de Jacob, patriarche biblique, est toujours une source d'inspiration et de réflexion. Lisez la réflexion de Richard Vandenbroucque, qui est de retour sur ce site.

Richard Vandenbroucque est membre de l’équipe pastorale de l’Eglise évangélique baptiste de Massy (Essonne). Ce père de famille et homme d’affaires est surtout un ami. Il nous aide notamment avec ses commentaires bibliques. Après une pause de quatre mois, il revient avec ce texte sur Jacob. Nous le saluons et nous remercions aussi Celui qui rend toute chose possible.
HL

Le récit de la vie de Jacob dans la Genèse retient notre attention. Ses actions l'ont amené à s'isoler et à craindre les représailles. La première partie de sa vie a été essentiellement une fuite avant la délivrance.
Celui qui a fait les frais de son caractère, c'est son grand frère Esaü. Jacob n'a jamais trouvé l'occasion de réparer son geste et son frère le cherche depuis longtemps pour se venger de ses traîtrises. Jacob quitte son pays, sa famille avec ce poids. Il a très peur.
Quand on le trouve, dans la Genèse chapitre 32, Jacob sait qu'il ne peut pas retourner chez lui sans que quelque chose se passe. Il faut d’abord qu'un changement intervienne chez lui et aussi dans le cœur de son frère. L'un a peur, l'autre vit dans la haine. Mais qui peut changer ces choses ? Qui peut restaurer des relations rompues ? Qui peut donner à quelqu'un le courage de regarder dans l'amour et face à face celui qu'on a blessé, ou celui qui a provoqué la blessure ?
A ce moment précis, alors qu'il est sur le chemin du retour, après avoir fait traverser toute sa famille le gué d'un ruisseau, Jacob reste seul de l'autre côté. Dieu vient à sa rencontre. Commence alors une lutte sans merci entre les deux.
Nous lisons dans Genèse, chapitre 32 :
25 Jacob resta seul. Alors un homme lutta avec lui jusqu'à l'aube.   
26 Quand l'adversaire vit qu'il n'arrivait pas à vaincre Jacob, il lui porta un coup à l'articulation de la hanche qui se démit pendant qu'il luttait avec lui.
27 Puis il dit à Jacob:
   ---Laisse-moi partir, car le jour se lève.
   Mais Jacob répondit:
   ---Je ne te laisserai pas aller avant que tu ne m'aies béni.
28 ---Quel est ton nom? demanda l'homme.
   ---Jacob, répondit-il.
29 ---Désormais, reprit l'autre, tu ne t'appelleras plus Jacob mais Israël (Il lutte avec Dieu), car tu as lutté avec Dieu et avec les hommes et tu as vaincu.
30 Jacob l'interrogea:
   ---S'il te plaît, fais-moi connaître ton nom.
   ---Pourquoi me demandes-tu mon nom? lui répondit-il.
   Et il le bénit là.


Cette rencontre avec Dieu commence avec une angoisse au cœur. Son propre frère Esaü peut le priver de tout, de ses biens et de la vie. Pourtant cette rencontre avec Dieu est sa chance. Mais sait-il ce qui l'attend ? Qui est devant lui ? Un ennemi ? Un ami bienveillant ? Est-il le frère qui arrive dans l'obscurité de la nuit pour se venger ? La Bible nous dit que ce n'est pas un simple homme, mais c'est Dieu en personne qui vient à sa rencontre. Dieu n'y va pas trop fort puisque cela dure longtemps. Toute la nuit. Ils ont le temps d'apprendre à se connaître. Mais vient le jour. Alors, pas de quartier. L'homme inconnu lui démet la hanche. Venu dans la crainte, Jacob ressort blessé.
Il sait qu'il a rencontré quelqu'un de très particulier. Il demande donc à être béni. L'homme à la mauvaise conscience. Comment oser demander ça ? C'est seul et face à Dieu qu'on ose demander une bénédiction.
C'est être prêt à changer notre regard, c'est accepter que Dieu éclaire nos affaires, pour sortir des difficultés, grâce à Lui.

Dieu peut intervenir dans nos histoires de famille parce qu'on va le laisser agir dans la situation souvent difficile que nous avons initiée.
On peut penser aux couples où les échanges sont devenus difficiles, tendus, impossibles, parce que des paroles dures ont été échangées sans pardon, des paroles indélicates entre frères et soeurs, dans la famille et dans l'Eglise, au point où l'on ne se parle plus, parce que la peur s'est installée. Quand les regards paralysent, la seule issue souvent, c'est la fuite.
Quand nous laissons à Dieu le leadership, pour qu'il s'interpose dans nos affaires, les craintes s'estompent, les mauvaises pensées cessent, les ressentiments sont changés en paix. Chercher Dieu, c'est se donner une opportunité de sortir de nos ornières.
Richard Vandenbroucque
Cet article a été mis en ligne le 23 novembre 2010