• Wide screen resolution
  • Narrow screen resolution
  • Increase font size
  • Decrease font size
  • Default font size
Revue de presse | Dieu, Darwin et la question des origines PDF Imprimer Envoyer

Sample ImageEt si on sortait du débat stérile entre créationnisme et darwinisme ? Bien des créationnistes - ceux qui croient en Dieu créateur - acceptent l’idée d’évolution. Et la théorie de Darwin n’exclut pas nécessairement Dieu. Le dernier numéro du magazine Horizons Evangéliques (mai-juin) vous explique les débats actuels. Il suggère que ceux qui accordent un sens à la Genèse - et nous en sommes - ne sont pas nécessairement des dangereux fondamentalistes qui souhaitent la mort de la science.

Peut-on être « créationniste » et accepter l’évolution ? Peut-on croire en Dieu créateur et s’inscrire dans une démarche scientifique ? Oui et oui. Horizons Evangéliques de mai-juin a fait le dossier qui restait à faire. Le magazine qui tente d’exprimer une vision fondée sur la théologie évangélique aborde ainsi, sans tabou, une question que les médias dominants aiment traiter d’une façon passionnelle et irrationnelle. Comme nous, vous avez probablement lu des « enquêtes » angoissantes sur la « montée » du très « dangereux » créationnisme, qui risquerait d’envahir nos écoles publiques et nos universités, mettant en cause le Dieu raison, fondement évident de notre civilisation…
« De nos jours, la position qualifiée de créationniste est attaquée de toute part, voire injuriée avec véhémence par médias interposées. Il apparaît pourtant que les nuances sont nombreuses », écrit Jean-Luc Gadreau dans l’article introductif du dossier. Et de passer en revue différentes formes de créationnisme. Il y a d’abord celle défendue par certaines Eglises évangéliques, marginales par leur influence et leur théologie, ainsi que des groupes catholiques, tout aussi marginaux, mettant en avant l’idée que Dieu aurait créé la Terre en six fois 24 heures top chrono il y a une dizaine de milliers d’années. On les appelle les « créationnistes partisans d’une Terre jeune ». Ces chrétiens qui peuvent sembler trop « littéralistes » s’opposent parfois à l’enseignement de la théorie de l’évolution dans nos écoles. Plus nuancés, mais toujours soucieux d’utiliser la Bible comme une sorte de bouquin d’Histoire, les « néo-créationnistes » défendent, eux, l’idée d’un « dessein intelligent ». Pour ces « partisans d’une Terre ancienne », les six « jours » dans la Genèse correspondraient à des périodes géologiques.
Face à ces options – et bien d’autres – on trouve la théorie de l’évolution. Elle serait acceptée par 95% de scientifiques et 99,85% des biologistes et géologues aux Etats-Unis, selon Rachel Vaughan, coordinatrice du Réseau des scientifiques évangéliques, dans un article consacré à la théorie de Charles Darwin. Mais, dit-elle, « la théorie de l’évolution, en tant que théorie scientifique, ne met nullement en question l’existence de Dieu. La théorie de l’évolution ne montre pas que tout est là ‘par hasard’. Pour un chrétien, les mutations aléatoires n’échappent pas au contrôle souverain du Créateur ».
Mais comment comprendre que l’acceptation de la théorie de l’évolution puisse conduire certains à un athéisme militant ? En prenant un peu de hauteur dans ce débat, voici comment le théologien Pierre Berthoud pose le problème de fond dans un article consacré à « l’origine de l’être » (1) : « La perspective humaniste et matérialiste de bon nombre de nos contemporains les conduit à postuler que l’ultime réalité est infinie et impersonnelle et qu’elle se définit essentiellement en termes de matière ou d’énergie. Mais à partir d’un tel présupposé, comment rendre compte de la complexité de l’univers qui ruisselle d’intelligence et du caractère unique de l’homme qui se distingue qualitativement des autres êtres vivants ? »
Et puis Pierre Berthoud dit cette chose essentielle : « La perspective biblique avance que l’ultime réalité est l’Etre infini et personnel. »
Par une certaine ironie de l’histoire, ce sont les astrophysiciens, qui baignent dans la science et les calculs, qui ont été confrontés à la question profonde de l’être sans l’avoir recherché. Ce sont en effet eux qui posent la question des origines en cherchant « le début » de l’univers. « Avancer sur le plan scientifique que l’univers a un commencement, écrit Pierre Berthoud, c’est retrouver le Dieu créateur au cœur du débat dont on pensant l’avoir exclu définitivement. »
Nous vous recommandons enfin une interview du théologien Henri Blocher. A la question « un chrétien est-il nécessairement créationniste », il dit sans ambages : « Si ‘créationnisme’ signifie foi au Créateur, comme la construction du mot le suggère, tout chrétien en est ! » Puis il explique cette chose simple : « Quant aux notions et vérités cardinales de la foi, rien ne s’oppose à l’usage par Dieu de mécanismes évolutifs pour créer. » Henri Blocher révèle aussi qu’il n’est pas un adepte d’une lecture littéraliste de la Genèse. Il trouve dans les textes « des indications prouvant une autre intention que celle de livrer une chronologie littérale ; attentifs aux suggestions de genre littéraire et aux procédés de composition – marqueurs de l’intention autoriale – ils discernent dans les Jours un cadre dont la fonction est de servir une théologie du travail humain et du sabbat. (…) Compris avec la souplesse qui épouse le détail de son expression, et sa volonté expressive, le texte ne se prononce pas sur la chronologie de la cosmogénèse, et ne permet pas de condamner la théorie de l’évolution (non plus que de la canoniser) : celle-ci est à recevoir, rejeter ou amender selon la valeur des preuves scientifiques qu’elle avance. »
Ce n’est pas la première fois que Horizons évangéliques nous fait ainsi découvrir d’autres chemins que ceux qui nous sont suggérés par la pensée unique des médias ou … des Eglises. En combinant foi et connaissances, avec intelligence et bienveillance, il montre aussi un bon exemple de ce que la presse confessionnelle ne fait pas systématiquement.
A part le dossier sur les origines du monde, vous découvrirez plein d’autres articles sur par exemple « La Pentecôte comme anti-Babel », un enseignant hip-hop nommé Sodapop, la télévision évangélique francophone, les dons en temps de crise et un billet politiquement incorrecte qui explique que « le piratage n’est pas du vol ». Ne ratez pas ce numéro.
Et si vous voulez une presse évangélique intelligente et indépendante, soutenez ce magazine en vous abonnant.
H.L.

1. Cet article est une adaptation d’un chapitre dans son livre En quête des origines. Les premières étapes de l’histoire de l’évolution (Excelsis/Kerygma, 2008).

Cet article a été mis en ligne le 21 mai 2009.

 

 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Lettre de nouvelles

Recevoir du HTML?

Derniers commentaires publiés sur le site

  • Dommage que le site de Radio Réveil paroles.ch ne ... Lire la suite
  • Titre étrange... sommes nous appelés à assister au... Lire la suite
  • Au terme des nombreuses errances théologiques des ... Lire la suite
  • Quel est ce pays qui tue les personnes innocentes ... Lire la suite
  • A propos de pardon, rassurez-vous : il m'est total... Lire la suite

Quelle église choisir ? Celle que vous voulez...

creativecomchurchwomsing.jpg
Y a-t-il une église en France pour moi ?
Oui, pour consulter la liste des communautés accueillantes, cliquez ici. Lisez aussi notre article introductif.

Verset du jour

Jesus .Net