Revue de presse | Punk, science et Sarkozy, encore et encore
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Revue du 28 janvier 2008
Chaque semaine, découvrez notre revue de la presse chrétienne française.
Revue du 28 janvier 2008
Faisons un peu de prosélytisme. Il faut absolument lire le dernier numéro de l’hebdomadaire La Vie, pas toujours si catholique, sorti le 24 janvier. On y trouve une excellente interview de Daniel Darc. Présenté comme « l’ange noir du rock français, ancien anar et ex-junkie », il vient de sortir un nouvel album : Amours suprêmes. Il y raconte sa fragilité, ses phobies et … sa foi. Il chante : « J’irai au paradis, car c’est en enfer que j’ai passé ma vie. » Dans son avant dernier album, Crève-Cœur, sorti en 2004, il avait notamment interprété le Psaume 23. L’homme s’est converti au protestantisme il y a une dizaine d’années. « Un jour, raconte-t-il, un mauvais shoot m’a valu une pleurésie, une septicémie et un staphylocoque doré. A ce moment, je me suis senti aidé. J’ai réalisé que je n’étais pas seul, que Dieu était avec moi. » Puis il fait part de cette expérience si fréquente chez les chercheurs de sens : « J’étais en recherche et je fréquentais beaucoup les églises. Jésus m’a toujours obsédé. C’est lui qui a pris mes péchés. » Baptisé en 1997, bon lecteur de Dietrich Bonhoeffer, il est devenu un « protestant libéral », comme il dit. Pour lui, c’est seulement ainsi que l’on peut « être chrétien de façon moderne ». Daniel Darc ne renie pas son style punk d’antan, ni son anarchisme, mais il rejette la violence et il lutte contre l’autodestruction. Un homme apparemment lucide et réaliste qui n’hésite pas à offrir une Bible à la fin de cet entretien, brillamment rédigé par Anne Berthod.
Un autre héros chrétien est mis en vedette par l’hebdomadaire Famille chrétienne du 26 janvier : le Père Patrick Desbois. L’homme enquête sur la « Shoah par balles », c'est-à-dire l’assassinat d’environ 1,5 million de juifs par les nazis en arrière du front russe, surtout en Ukraine, entre 1941 et 1944. C’est une face d’autant plus méconnue de la Shoah que le régime communiste de l’ex-URSS bloquait les archives. Le Père Desbois, directeur du Service national des évêques pour les relations avec le judaïsme, est le premier à avoir consacré un livre à ces villageois juifs assassinés, puis oubliés : « Porteur de mémoires » (éd Michel Lafon, 20,9 EUR). Il a lui-même enquêté sur les massacres, interrogeant sur place les derniers témoins. Un travail qui a reçu le soutien aussi bien du Pape Benoît XVI lui-même que la communauté juive. A force d’étudier le mal et les victimes, le Père Desbois livre cette réflexion : « Il n’y a qu’une seule espèce humaine. Dieu a créé l’homme à son image, mais on peut perdre toute trace apparente de cela et s’enfoncer dans le pire. Le monstre est en chacun de nous. (…) Quand on me dit que l’antisémitisme va disparaître, je dis : non, comme aucun des péchés. Les génocidaires sont absents de ma pensée. Je suis pour la mémoire des victimes. Pas celle des assassins. Le centre, c’est Abel. Moi, je suis petit-fils de résistant. » Le témoignage est poignant et l’entretien mené avec tact et cœur par le journaliste Cyril Douillet.
L’hebdomadaire Pèlerin, dans son numéro du 24 janvier, s’intéresse cette semaine surtout à « Dieu, la science et la naissance du monde », comme il l’annonce en « une ». En réalité, il s’agit surtout de décrire, en quelques pages, la création du monde selon la théorie du Big Bang. Celui-ci aurait eu lieu il y a 13,7 milliards d’années, apprend-on dans une belle infographie. La Terre, elle, a été formée il y a 4,6 milliards d’années. Et les hominidés auraient quelques 7 millions d’années. Le dossier est facile à lire, alors que le sujet est immensément complexe. Quant à l’éventuelle incompatibilité avec ce qui est suggéré par la Genèse dans la Bible, le Pèlerin a fait appel à un jésuite de l’Observatoire du Vatican, Giuseppe Koch. Il explique : « La science ne nous dit pas le pourquoi du cosmos ni son origine. Ces questions appartiennent à la philosophie ou à la théologie. Au merveilleux récit de la Genèse, pas à la science. » Quelques pages plus loin, un journaliste explique en deux pages ce que « dit la Bible de la Création ». D’après lui, la Genèse serait « un long poème qui dit la relation aimante de Dieu vis-à-vis de la création ». Plus loin, il est affirmé que « Dieu n’est pas le grand horloger qui aurait ‘organisé’ la fabrication du monde ». Ce sont là des idées intéressantes, sans doute pertinentes et certainement vraies pour beaucoup de chrétiens. Mais elles méritent justement qu’on les présente comme des idées et non pas comme des vérités à asséner. Par ailleurs, le « créationnisme » est dénoncé par le Pèlerin comme un refus de dialogue entre science et foi. On apprend ainsi que « le créationnisme se prive d’un vrai lieu de débat et d’approfondissement sur le mystère de la vie. » En réalité et quoi qu’on en pense, le créationnisme a sans doute un côté intolérant, voire irrationnel, mais il invite de facto au débat avec la science et aussi avec des chrétiens qui s’interrogent.
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