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Quand on a le blues, il faut lire le psaume 139. Ce texte est une prière pour guérir de ses peurs irrationnelles, cette maladie qui se répand dans notre société. Il est écrit pour ceux, dont le psalmiste lui-même, qui n’arrivent plus à discerner le sens de la vie. Mais voici qu’au fond de lui-même, l’auteur sait pourtant que Dieu le comprend. Il dit que nous sommes tous voulus et tous aimés. Dieu entend nos prières. Il peut nous aider.
Psaume 139 1 Du chef de chœur. De David. Psaume. Seigneur, tu m’as examiné à fond, tu me connais ; 2 toi, tu sais quand je m’assieds et quand je me lève, tu comprends de loin ma pensée ; 3 tu sais quand je marche et quand je me couche, et tu pénètres toutes mes voies. 4 Car la parole n’est pas sur ma langue que déjà, Seigneur, tu la connais entièrement. 5 Par derrière et par-devant, tu m’assièges et tu mets ta main sur moi. 6 Cette connaissance étonnante me dépasse, elle est trop élevée pour que je puisse la saisir. 7 Où pourrais-je aller pour échapper à ton souffle, où pourrais-je fuir pour t’échapper ? 8 Si je monte au ciel, tu y es ; si je me couche au séjour des morts, tu es encore là. 9 Si je prends les ailes de l’aurore pour aller demeurer au-delà de la mer, 10 là aussi ta main me conduira, ta main droite me saisira. 11 Si je dis : Au moins les ténèbres me submergeront, la nuit devient lumière autour de moi ; 12 même les ténèbres ne sont pas ténébreuses pour toi, la nuit s’illumine comme le jour, et les ténèbres comme la lumière. 13 C’est toi qui as produit les profondeurs de mon être, qui m’as tenu caché dans le ventre de ma mère. 14 Je te célèbre, car j’ai été fait de façon merveilleuse. Tes œuvres sont étonnantes, je le sais bien. 15 Mon corps ne t’était pas caché lorsque j’ai été fait en secret, tissé dans les profondeurs de la terre. 16 Quand je ne n’étais qu’une masse informe, tes yeux me voyaient ; et sur ton livre étaient tous inscrits les jours qui furent façonnés avant qu’aucun d’eux n’existe. 17 Que tes pensées, ô Dieu, me semblent impénétrables ! Que la somme en est grande ! 18 Si je les compte, elles sont plus nombreuses que les grains de sable… Je m’éveille, et je suis encore avec toi. 19 O Dieu, si seulement tu faisais mourir le méchant ! Hommes sanguinaires, écartez-vous de moi ! 20 Ils parlent de toi selon leur astuce, ils t’invoquent pour tromper, eux, tes adversaires ! 21 Seigneur, comment ne détesterais-je pas ceux qui te détestent, comment n’aurais-je pas du dégoût pour ceux qui se dressent contre toi ? 22 Je les déteste totalement ; ils sont pour moi des ennemis. 23 Examine-moi à fond, ô Dieu, et connais mon cœur ! Sonde-moi, et connais mes préoccupations ! 24 Regarde si je suis sur une voie mauvaise, et conduis-moi sur la voie de toujours !
Le Psaume 139 est formel : Dieu sait tout de vous. Vous ne pouvez rien Lui cacher. Il vous aime. Il vous a créé. Il sait que votre vie est parfois très difficile. Il veut que vous Lui fassiez confiance. Il peut vous aider. Si vous acceptez la main qu’Il vous tend, Il peut vous montrer le chemin vers Lui. Tel est, en résumé, le contenu de ce texte qui mérite d’être appris par cœur. Il montre, à lui seul, à quoi peut servir concrètement la Bible dans notre vie de tous les jours. Selon les experts, le psaume a probablement été écrit au sixième siècle avant J.-C., pendant l’exil d’une partie importante du peuple d’Israël à Babylone, ou juste après cette expérience de captivité fondatrice. La « tradition », elle, l’attribue au roi David qui régnait à Jérusalem il y a trois mille ans. On ne saura peut-être jamais dans quel contexte exact il a été composé.
Mais on sait une chose importante : le psalmiste écrit pour tout son peuple. Ses douleurs et ses joies sont celles de son peuple. Son Dieu est le seul vrai Dieu digne de sa confiance. Le psalmiste le sait parce qu’il connaît son Dieu, qui est déjà intervenu tellement de fois au cours de l’Histoire pour son petit peuple. Dieu n’a-t-il pas aidé Israël à sortir de l’esclavage de l’Egypte ? Or ce qui est vrai à l’échelle d’un peuple est vrai aussi pour les individus. Ce genre d’analogie n’est pas toujours évident à faire – elle peut même être dangereuse. Mais ici elle est possible. Le psalmiste tutoie Dieu. Il sait aussi sa dépendance totale de Lui. Il ne supporte pas qu’on dise de mal de Lui, le seul secours. L’auteur du Psaume 139 est manifestement perturbé par quelque chose. Il veut que Dieu l’examine et le sonde (verset 1 et 23). Et voici qu’il ne sait que dire sa confiance en Dieu. Et encore. Il Lui demande de « faire mourir » les méchants ! Ce qui montre le niveau de son exaspération. Peut-être est-il entouré par des gens qui se sont détournés de Dieu, et qui parlent de Lui « selon leur astuce », sans doute pour intriguer (verset 20). La fin du texte suggère que l’auteur connaît ses limites. Il demande humblement à Dieu de le conduire sur la voie de l’Eternel.
Ce psaume nous renseigne sur la « nature » de Dieu. Il dit l’omniprésence de Dieu, même dans les ténèbres (v. 12). Mais ce n’est pas une présence étouffante. Au contraire, on y retrouve le bonheur et la liberté. C’est un Dieu créateur, qui nous aime (v. 15) et dont on sait par ailleurs qu’Il nous a créés à Son image. Dans ce cheminement avec Lui, beaucoup de choses dépendent sans aucun doute de nous. Nos bêtises, ce n’est pas Dieu qui les fait ! Notre incapacité à aimer, ce n’est pas la faute de Dieu. Mais beaucoup de choses dépendant aussi de Dieu ! Il faut Lui laisser de la place. Dans ce merveilleux livre qu’est L’évangélisation des profondeurs de Simone Pacot (Cerf, 2005, 19 Euros), il est sans cesse rappelé que Dieu, qui est amour, « nous précède, nous cherche, nous trouve » (page 15). L’auteur cite le grand théologien Henri Nouwen qui a écrit ceci : « Pendant la majeure partie de ma vie, j’ai lutté pour trouver Dieu, pour le connaître, pour l’aimer […] maintenant je me demande si j’ai suffisamment réalisé que pendant tout ce temps Dieu essayait de me trouver, de me connaître et de m’aimer. » Le Psaume 139 laisse de la place à Dieu. Le faisons-nous ? Si nous traversons des épreuves, même insupportables, nous pouvons penser à Jésus lui-même, qui, agonisant à la croix, se sait pourtant aimé par son Père en qui il se confie avant de mourir. Au bout du tunnel, il y a, et nous devons le savoir, une lumière qui nous attend. Cette lumière, c’est le fait d’être accueilli bras ouverts par notre Père. Pensons aux chrétiens aujourd'hui. Beaucoup de chrétiens, et particulièrement des évangéliques, souffrent pour ce qu’ils sont. Ils sont persécutés, emprisonnés, traqués, dans certains pays. Dans nos sociétés occidentales, les chrétiens ne sont pas persécutés légalement. Mais plutôt mis à l’écart, moqués, ridiculisés. Essayez d’accomplir un acte inspiré par l’amour de Dieu et vous allez vite susciter des ricanements et une franche incompréhension. Essayez d’obtenir un poste important et convoité en respectant les valeurs évangéliques et vous saurez combien il est difficile d’être sérieusement chrétien. C’est la vie et il ne faut pas se laisser déstabiliser. Ne nous y trompons pas. Le fait de taire sa foi par peur de déranger les autres, ce n’est pas non plus une solution. Dieu nous comprendra, c’est certain, mais nous ne nous sentirions pas vraiment libres. Le fait de dire sa foi, ce n'est pas seulement un droit - la Bible dit que c'est un devoir - c'est aussi un acte qui nous libère. Même si c'est difficile.
C’est alors qu’il faut lire et relire le Psaume 139. L’auteur a compris ce que l’apôtre Paul exprimera ainsi dans sa lettre aux Romains : « Dans toutes ces choses, nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. Car je suis persuadé que ni mort, ni vie, ni anges, ni principats, ni présent, ni avenir, ni puissances, ni hauteur, ni profondeur, ni aucune autre création ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu en Jésus-Christ, notre Seigneur. » (Romains 8.37-39)
Henrik Lindell La photo en une provient de flickr.com CC. Elle a été prise par dtcchc.
Ce texte a été mis en ligne le 26 février 2009. Il a initialement été publié comme "pensée de la semaine" (du 26 février au 4 mars 2009).
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