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Les soupirs et l’Esprit Saint PDF Imprimer Envoyer
Un sujet me travaille depuis plusieurs semaines : le soupir. Il a pris une ampleur dans mon cœur encore plus importante après le séisme en Haïti. Une méditation autour du psaume 42 par Marion Seurat.


La première méditation
de notre nouvelle intervenante Marion Seurat a été très appréciée. Voici le deuxième article de cette chrétienne évangélique, accompagnatrice spirituelle, qui travaille dans le domaine de la santé. Elle explique ici différentes catégories de soupirs, comme le soupir
« autocentré » et celui « décentré ». Elle montre comment ces soupirs, s’ils sont de l’Esprit, peuvent devenir des intercessions en notre faveur. Elle se fonde sur la lettre aux Romains 8.22-23, 26 ainsi que le Psaume 42. Ce dernier commence ainsi : « Comme une biche qui soupire sur le lit du torrent, ainsi je soupire après toi, ô Dieu… »

Le soupir
« autocentré »

La première catégorie de soupir à laquelle on pense, est un soupir « autocentré ».
C’est le soupir de fatigue, de « ras-le-bol », d’énervement, de désespoir : le soupir devant sa copie de maths, devant le sujet de dissertation, le samedi à 15H00 au supermarché…
La réponse physiologique face à des circonstances difficiles, c’est le soupir : il sert à évacuer une tension, un stress, une souffrance : soupir de ras-le-bol, d’exaspération après une personne, ou une situation.
C‘est un moyen de décharger un trop plein. C’est une soupape : « Ppppffff…. Y’en a marre… ».
Je l’appelle « autocentré », parce que, dans ces cas-là, nous sommes prisonniers de notre souffrance et que nous restons centrés sur cette difficulté.
Ce type de soupir est « superficiel » (au sens de la respiration, mais non pas au sens de l’importance qu’il a pour la personne).

Que ce soit au niveau psychologique ou physiologique, ce « soupir-superficiel » nous fait tomber dans un engrenage infernal.
Nous passons beaucoup de temps de notre vie à nous plaindre, à maugréer, à contester, à murmurer. C’est parfois notre attitude quotidienne : on râle, on gémit, après tout et n’importe quoi ; on n’est jamais content. Et s’il nous arrive de nous lever un matin « du mauvais pied », on commence par râler pour une chose minime et au fur et à mesure des heures, tout devient de plus en plus pénible, insupportable. Et il est difficile de sortir de cette spirale.

Au niveau physiologique, les spécialistes ont décrit ainsi un cercle vicieux nommé « le syndrome d’hyperventilation ».
La personne respire fréquemment, très superficiellement.
La respiration thoracique (superficielle) a pris le dessus sur la respiration abdominale (profonde).
Cela crée des troubles d’ordre physiologique qui, eux-mêmes, font que la personne rentre dans une spirale telle qu’elle ne peut plus respirer normalement : elle a mis en place une respiration superficielle qu’elle ne peut plus stopper et qui aggrave encore plus la situation.
Ce syndrome a des conséquences à plusieurs niveaux :
•    Cérébral : maux de tête, troubles de la vision
•    Cardiaques : le cœur, mal oxygéné, subit et des petits infarctus ; Or vous le savez, l’infarctus peut entraîner la mort.
•    Digestifs : vomissements, diarrhées
•    Musculaire, articulaire
•    Circulatoires : mauvaise circulation notamment au niveau des extrémités


Que faire alors pour s’en sortir ? Quel en est le remède ?
Au niveau physiologique, pour rompre cette spirale de l’hyperventilation, la personne doit inspirer son propre air qu’elle vient d’expirer dans un sac.

Si je m’étends un petit peu là-dessus, c’est qu’il peut nous arriver de rentrer également dans un tel cercle vicieux, dans une telle spirale au niveau psychologique : il semble que tout se cumule pour renforcer notre regard négatif, notre sentiment de ne pas être compris, de ne pas être aimé, d’être abandonné…
On « pédale dans la choucroute », on ressasse toujours les mêmes choses, on est en permanence insatisfait, tout nous contrarie, nous énerve… On n’arrive plus à s’en sortir.
Alors le corps parle et exprime des émotions, des sentiments, différentes choses qu’on a parfois du mal à dire par des mots.

Il peut être intéressant, à partir de ces informations, de refaire une relecture physiologique de nos états d’âme, de notre état psychologique ; voici ce que donnerait cet état « d’hyperventilation psychique » :
•    « Je n’y vois plus clair », « il ne voit plus objectivement la réalité » (niveau cérébral)
•    C’est comme une série de petites morts (niveau cardiaque)
•    Ça me fait ch… ; ça je ne suis pas prêt de le digérer ; ça me donne la nausée… (niveau digestif)
•    Les bras m’en tombent ; j’en ai plein le dos (niveau musculaire/articulaire)
•    On devient glacial au niveau relationnel (niveau circulation des extrémités)


Il faut savoir que ce « syndrome d’hyperventilation » dont nous venons de parler, était appelé dans la littérature médicale ancienne par un nom très significatif : « la maladie du soupir » : notre malaise ou « mal-être » nous fait soupirer; et, à force de soupirer, nous pouvons en tomber malade.

Soupir-murmure

De la même façon, tout ce que j’ai décrit précédemment au niveau physiologique et psychologique, peut se décliner sur le registre spirituel.
Spirituellement nous avons un bon exemple du « soupir-murmure », « soupir-contestation » lorsque le peuple d’Israël marche dans le désert. Il maugrée et « râle » contre Moïse qui l’a fait sortir du pays d’Egypte. (Livre de l’Exode)
Avant, ils étaient esclaves, exploités, victimes de maltraitance… mais « c’était mieux…. », au point qu’ils voudraient y retourner. La situation leur semblait, avec leurs yeux d’aujourd’hui, moins pire que dans ce désert….
Ils en arrivèrent ainsi, à oublier même la puissante intervention de Dieu qui les libéra de leurs oppresseurs et se prirent à nier combien Dieu avait pris soin d’eux au quotidien (la manne).
Pourquoi ? Parce qu’ils se sont centrés sur eux-mêmes, sur leur souffrance et sur leurs besoins immédiats.
Et cela nous arrive à nous aussi de contester avec Dieu, d’oublier tout ce qu’Il a fait pour nous, de ne plus Le reconnaître agissant dans nos vies de tous les jours.

Alors, rentrons, non pas « la tête dans un sac en plastique », mais notre corps tout entier dans « la tente de la rencontre », à l’image de Moïse. (Livre de l’Exode).
« Rentre dans ta chambre, ferme la porte et prie ton Père qui est là dans le lieu secret », nous est-il recommandé dans l'évangile de Matthieu chapitre 6, verset 6.

Si la solution à ce « syndrome d’hyperventilation physiologique et/ou psychologique » ne cesse que lorsque nous arrivons à nous détendre et à respirer amplement et lentement un air différent, notre syndrome « d’hyperventilation spirituelle » ne peut cesser qu’en nous réfugiant auprès du Seigneur, en allant à sa rencontre et en nous remplissant de sa Présence.

Le soupir
« décentré »

Une deuxième catégorie de soupir est le soupir « décentré »
Physiologiquement il fait suite à une profonde inspiration et fait appel à une respiration plus profonde (abdominale).
Dans ce type d’inspiration, on va chercher beaucoup d’air, et on en remplit au maximum nos alvéoles pulmonaires. C’est une recherche de vie, c’est un appel à la vie.

Spirituellement, c’est un « soupir-Attente », un « soupir-Espérance ». Il trouve son origine dans une difficulté, mais celle-ci s’inscrit dans une attitude de recherche et d’espérance.
« Comme une biche soupire auprès des courants d’eau. Ainsi mon âme soupire après toi, o Dieu. » (Psaume 42)

Approche globale et tripartite du soupir

Un texte biblique du Nouveau Testament a la particularité de reprendre à 3 reprises, de façon très rapprochée, le terme « soupir » ou « soupirer ».
L’objectif n’est pas, pour moi, de proposer une étude exégétique à partir des mots exacts tirés des textes d’origine.
Il s’agit de reprendre les différentes formes de « soupir » déjà citées et d’en souligner la progression.

Lettre aux Romains chapitre 8, versets 22-23 : « la création toute entière soupire et souffre des douleurs de l’enfantement. Ainsi, nous qui avons les prémices de l’Esprit, nous soupirons en nous-mêmes en attendant l’adoption et la rédemption de notre propre corps. »

Pour moi, ces versets 22 et 23 décrivent un peu nos soupirs, nos gémissements face à nos souffrances, nos difficultés.
Mais, bénéficiant des « prémices de l’Esprit », nos soupirs, murmures, lamentations, petit à petit se décentrent et se chargent d’attente et d’espérance. On arrive de nouveau à adresser nos prières à Dieu et à se tourner vers Lui. Et on s’attend de nouveau à son intervention, à son soutien.

Il peut parfois s’écouler un certain temps pour que le « soupir-gémissement » se transforme en « soupir-espérance ». Il faut parfois du temps pour « recommencer à y croire ».
Une démarche personnelle est nécessaire pour sortir de notre désespoir, de notre crainte, pour se repositionner sur une note d’espérance.

Puis vient le verset 26 : « l’Esprit vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu’il convient de demander dans nos prières. Mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables et celui qui sonde les cœurs connait qu’elle est la pensée de l’Esprit, parce que c’est selon Dieu qu’Il intercède en faveur des Saints. »

Quelle consolation !
Je trouve dans ce verset la concrétisation d’une promesse de Dieu : « je ne t’abandonnerai point. »
Le Seigneur connaît les risques « d’hyperventilation spirituelle » dans laquelle on peut si facilement tomber et de laquelle rien de bon ne peut sortir.
Parfois l’effondrement est tel, que nous ne savons même plus comment nous tourner vers Dieu, nous n’avons même plus la force de nous révolter ou de « râler ». Nous sommes parfois complètement anéantis.
Mais le Seigneur ne nous laisse pas seuls à nous enliser dans notre faiblesse. Il nous envoie une « roue de secours » ou pour prendre une expression imagée, l’Esprit fait office de « groupe électrogène » : c’est Lui qui prend la relève quand nous sommes victimes d’une «  panne spirituelle ».
A ce stade, ce n’est plus nous qui soupirons, c’est l’Esprit qui soupire pour nous.

Et les soupirs de l’Esprit sont des intercessions en notre faveur.
Non seulement nous ne sommes plus seuls, mais nous sommes soutenus et notre cause est défendue par l’Esprit, pour notre bien, pour ce qu’il y a de meilleur pour nous.
Il s’agit de « la Pensée de l’Esprit », des « Soupirs de l’Esprit », « Soupirs-constructifs », « Soupirs-Souffle de Vie ».
Ces soupirs de l’Esprit pour nous ne sont pas seulement des soupirs chargés d’espérance globale. Ce sont des soupirs personnalisés.
C’est, une fois encore, comme souvent avec Dieu, du « sur-mesure », comme Lui seul peut en proposer.
J’y vois une invitation du Seigneur à tout Lui abandonner. « Laisser faire l’Esprit. »


Concernant Haïti

Les exemples de vie que j’ai cités au début et qui engendrent des soupirs chez les êtres humains, sont bien réels et font notre quotidien.
Mais, ils sont bien futiles au regard des événements récents qui ont frappés Haïti.

Réfléchissant autour du « Soupir », je ne peux pas ne pas évoquer ceux dont le cœur souffre et gémit en pensant à leur pays Haïti et à leurs proches restés là-bas.
Vous avez de quoi gémir et soupirer devant cet effondrement, cet anéantissement.
Mais de quel type de « Soupir » s’agit-il ?
Ce que vous vivez est réellement un traumatisme : il y a le trauma là-bas, à Haïti. Il y a le trauma de ceux qui sont ici…

Dans ces circonstances, il y a un Avant, et il y a un Après.
« Avant »… c’était bien… certes il y avait la pauvreté, les difficultés, mais il y avait la Vie.

« Après »…c’est l’anéantissement, la perte de tout : parents, amis, photos, souvenirs des êtres chers, archives administratives, spirituelles…
Perte de tous les repères, de tout ce qui fait mémoire….
Il y a la disparition brutale de parents, d’amis, sans avoir pu s’y préparer, sans avoir pu dire au revoir…
Il ne reste parfois plus de trace du corps humain, élément au combien important pour élaborer un travail de deuil…

Certains alors ne peuvent que dire : « Tout est perdu… j’ai tout perdu… je suis perdu… qui suis-je…? »
Désormais, pour certains, il n’y a plus que l’angoisse, la mort, l’anéantissement.

Avant, je chantais, je louais Dieu, j’étais dans la joie.
Et puis soudain, il a suffit d’un instant, et tout s’effondre, au sens propre et au sens figuré…


Alors, c’est un véritable chamboulement dans les esprits, dans les cœurs.

J’ai à cœur de vous transmettre un message d’Espérance du Seigneur, celui qu’il exprime à travers le Psaume 42.
Ce psaume exprime tellement bien les affres par lesquels certains d’entre vous passez ou allez passer….pendant encore de nombreuses semaines peut-être…
Ce psaume peut nous aider, nous qui ne vivons pas en ce moment de tels moments, à comprendre les mouvements de l’âme, du psychisme, de la relation à Dieu… dans de telles circonstances.
Laissons le temps au temps.
Mais qu’est-ce que le temps ?
C’est arrivé tellement rapidement…
Et les secours qui semblent mettre toujours tellement de temps pour s’organiser et arriver…
L’effondrement psychique est brutal… la reconstruction va parfois prendre des mois….
Le temps de Dieu n’est pas le temps humain.


Le déroulement de ce psaume, à la lecture, ne prend que quelques minutes. Mais les oscillations psychiques consécutives à un tel choc, vont se faire, dans la réalité, sur une durée bien plus longue.

Je vous invite à être respectueux de ces allers et retours par lesquels certains vont passer pendant de nombreuses semaines…
Il faut être patient : le temps nécessaire à Monsieur X n’est pas le temps nécessaire à Mme Y… et ce, quelle que soit la Foi de M.X et de Mme Y.
Prenons exemple sur Jésus et sur son accueil de chacun des être humains, là où il en était de son parcours de vie, de sa situation affective et émotionnelle.

Verset 2 et Verset 3 :
Comme une biche soupire après des courants d’eau,
       Ainsi mon âme soupire après toi, ô Dieu
       Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant :
          Quand irais-je et paraîtrais-je devant la face de Dieu ?

Etat de « soupir-espérance » tourné vers Dieu, à la recherche de Dieu
Verset 4 : Mes larmes sont ma nourriture jour et nuit,
         Pendant qu’on me dit sans cesse : Où est ton Dieu ?

Etat de réelle souffrance. Parfois les autres humains ébranlent notre foi et sèment le doute.
Verset 5 : Je me rappelle avec effusion de cœur
         Quand je marchais entouré de la foule,
         Et que je m’avançais à sa tête vers la maison de Dieu,
         Au milieu des cris de joie et des actions de grâce
         D’une multitude en fête

Evocation des souvenirs du passé, des moments heureux. Cela fait partie du travail de deuil.
Verset 6 : Pourquoi t’abats-tu, mon âme, et gémis-tu au-dedans de moi ?
         Espère en Dieu car je le louerai encore
         Il est mon salut et mon Dieu.

Souvenirs positifs qui redonnent Espoir, puisque nous avons foi dans les promesses de Dieu. Pourquoi gémir puisque un avenir meilleur est possible ? Il s’agit d’un acte de foi en Dieu.
Verset 7 : Mon âme est abattue au-dedans de moi :
         Aussi c’est à toi que je pense, depuis le pays du Jourdain,
         Depuis l’Hermon, depuis la montagne de Mitséar.

La réalité de l’abattement resurgit. Alors je me raccroche à toi Seigneur. Nous sommes au cœur du combat intérieur que bon nombre d’entre nous ont déjà connu.
Verset 8 : Un flot appelle un autre flot au bruit de  tes ondées ;
Toutes tes vagues et tous tes flots passent sur moi
Expression de l’horreur actuelle. On est submergé. Il ne sert à rien de le nier.
Verset 9 : Le jour, l’Eternel m’accordait sa grâce;
          La nuit, je chantais ses louanges,
          J’adressai une prière au Dieu de ma vie

Evocation des souvenirs heureux, des bénédictions du Seigneur et de notre louange en retour.
Verset 10 : Je dis à Dieu, mon rocher : pourquoi m’oublies-tu ?
            Pourquoi dois-je marcher dans la tristesse,
            Sous l’oppression de l’ennemi ?

C’est une parole de foi adressée à Dieu, mon rocher.
Mais c’est aussi la question du « pourquoi m’as-tu oublié ? »
Pourquoi cette douleur, pourquoi cette difficulté ?
Question légitime. Question saine.
Verset 11 : Mes os se brisent quand mes persécuteurs m’outragent,
            En me disant sans cesse : où est ton Dieu ?

A l’horreur de la situation se rajoute la souffrance liée aux interrogations d’autrui, interrogations incessantes sur la réalité de Dieu et sur l’explication de cette souffrance. L’ennemi peut être extérieur, mais l’ennemi, ce peut être nous aussi.
Verset 12 : Pourquoi t’abas-tu, mon âme, et gémis-tu au-dedans de moi ?
            Espère en Dieu, car je le louerai encore ;
            Il est mon salut et mon Dieu.

et voici à nouveau le « pourquoi… puisque », expression que nous avions déjà abordé précédemment.
Pourquoi t’abats-tu, gémis-tu, soupires-tu ?
Espère en Dieu, je le louerai encore. Il est le Dieu de mon salut

Parole de foi :
Affirmation de notre identité, la seule qui nous reste parfois : plus de maison, plus de famille, plus de mémoire, plus de trace administrative… Il est notre Dieu

Alors, si vous n’arrivez plus à mettre des mots dans votre relation au Seigneur, si vous avez l’impression que la communication est coupée, sachez que le Seigneur émet toujours.
Dans les moments de grands chocs, ça fait tellement mal, qu’on met en place des protections. Il y a des sauvegardes psychiques qui se mettent en place pour éviter qu’on ne s’écroule. On est comme anesthésiées dans certains domaines. Et on peut avoir du mal à sentir Dieu, du mal à l’entendre, du mal à communiquer.
Il faut accepter cela, accepter que cela vous arrive, arrive à votre mari, votre femme, votre ami. Accepter que pendant un certain temps il y ait des hauts et des bas.
Soyez rassuré sur le fait que le Seigneur sait tout cela, il l’accepte et le respecte.

Le Seigneur vous laisse le temps qu’il vous faudra à chacun d’entre vous individuellement.
Et il a prévu, comme on l’a vu tout à l’heure, une solution de remplacement pour prier à votre place l’Esprit de demander à votre place ce dont vous avez besoin.
Le Seigneur l’a promis. Il tient ses promesses. La Parole est vraie. Le Seigneur reçoit les soupirs de l’esprit et il continue d’émettre. Avec Lui, pas de panne.
L’Esprit est notre groupe électrogène prêt à prendre la relève quand nous n’en sommes plus capables.
Face à la culpabilité qui peut nous envahir, face à l’impuissance qui nous ronge, la réponse est dans le « lâcher prise », dans le « laisser faire l’Esprit ». Lui seul sait demander exactement ce qu’il faut, pour qui il faut, aussi longtemps qu’il faut.


Je voudrais conclure par ce qui a, je crois, amorcé ma réflexion sur le soupir, il y a quelques mois.
En tout premier lieu, elle fut d’ordre physiologique, à force de voir mon chien se coucher à côté de nous et de l’entendre émettre un soupir qui aurait ébranlé le cœur le plus dur.
Ce soupir ne pouvait quand même pas être lié à sa difficile vie de chien domestique !
Non, ce type de soupir correspond à un « soupir d’abandon »: c’est le soupir qui est émis lorsqu’on évacue tout ce qui nous reste de tension, quand on lâche tout, qu’on abandonne tout, lorsque l’on s’abandonne. C’est un soupir de « lâcher-prise ».
Puissent  nos « soupirs-murmure » se transformer, sous l’action des prémices de l’Esprit, en « soupirs-espérance », puis en « soupir-abandon » afin de laisser toute la place à l’Esprit pour qu’Il puisse soupirer vers son Dieu.

Marion Seurat
Article mis en ligne le 11 février 2010
Les photos proviennent de flickr.com, creative commons. Elles ont été faites par : Mary Streep, Rebecca L, Supercilious et Philippe Leroy.

 

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