Dieu et Moi

Psaume 122 | La joie d’assister au culte

Lisez-vous les psaumes ? Jésus le faisait. Prenons le temps et méditons le psaume 122, grâce à cette prédication du pasteur baptiste David Boydell. Il évoque les bienfaits du culte.

Ce texte a été écrit par le pasteur David Boydell à partir d’une prédication faite à l’
Église évangélique baptiste de Massy le 2 octobre 2011.
 

Le livre des Psaumes est le livre qui se trouve tout au centre de notre Bible. Le grand prédicateur anglais Charles Spurgeon (1834-1892) appelait ce livre « Le trésor de David ». C'est un véritable trésor de prières, d'enseignements, de chants de louange, où différentes personnes parlent de leur expérience de Dieu, même de leurs peines et de leurs doutes. Souvent, nous trouvons que ce livre exprime mieux que nous nos propres pensées quand nous avons du mal à nous exprimer.

Vous avez sans doute remarqué que beaucoup de psaumes portent un titre. Ces titres désignent souvent l'auteur du psaume, ou bien le nom de celui qui l'avait mis dans un recueil ou qui le chantait. D'autres titres donnent une indication sur le contenu du psaume, ou bien sur la mélodie qui l'accompagnait.

On trouve aussi un groupe de 15 Psaumes assez courts, du Psaume 120 au Psaume 134, qui portent un même titre, dont la traduction peut varier selon votre Bible. Ce sont les « Cantiques des degrés » (Segond), « Cantiques (ou chants) des montées » (Colombe, TOB), « Chants de pèlerinage » (BFC), ou, selon la version du Semeur, qui donne toute une explication : « Cantique pour la route vers la demeure de l'Éternel ».

Je vous fais un aveu personnel : plusieurs de mes psaumes préférés se trouvent parmi ce groupe de psaumes. Si vous voulez savoir pourquoi, je vous invite à mettre une vingtaine de minutes de côté aujourd'hui et à les lire, en essayant peut-être de classer vos deux ou trois favoris aussi.

Les « montées » ou « degrés » du titre de ces psaumes désignent les marches du temple où on chantait des psaumes lors des fêtes, et peut-être aussi le fait que Jérusalem elle-même est située sur une colline, avec des ravins profonds sur trois côtés. C'est ainsi qu'aux temps bibliques, les gens disaient toujours qu'ils « montaient » à Jérusalem.

Le thème le plus présent dans ces psaumes est la confiance en Dieu. Et tout cela est dans le contexte de la joie d'être en sa présence dans son temple à Jérusalem. Souvent le sous-thème est l'isolement du croyant le reste de l'année, entouré de personnes qui le maltraitaient (par ex. Ps 120, 124, 129) ou bien qui se moquaient de sa confiance en Dieu (Ps 123, 126). Nous pouvons souvent nous identifier avec le psalmiste !

Dans ce groupe de 15 psaumes, celui où la joie est la plus présente est le psaume 122, qui est le sujet de cette prédication.
Nous allons dégager trois pensées principales dans notre méditation, tout en tirant quelques conclusions pour nous :

1. La joie d’être dans la maison de Dieu, v 1-2.
2. Les bienfaits du culte, v 3-5.
3. Les conséquences de tout cela, v 6-9.



1. La joie d’être dans la maison de Dieu, v 1-2

Les Juifs d'antan devaient se réunir, d'abord à Silo et plus tard à Jérusalem, trois fois par an selon leurs possibilités, lors des fêtes de la Pâque, de la Pentecôte, et des Tabernacles. Nous avons des traces de ces pèlerinages par exemple dans l'histoire d'Anne, la mère de Samuel, et aussi dans le Nouveau Testament, quand les parents de Jésus, lors de leur pèlerinage habituel, ont perdu leur fils de 12 ans dans la foule (Luc 2.41). Jésus et ses disciples montaient à Jérusalem lors des fêtes. Dans le livre des Actes, on parle de la Pentecôte de nouveau quand des Juifs de la dispersion ont entendu l'évangile pour la première fois grâce à l'effusion du Saint-Esprit. Il est clair que les Juifs n'avaient pas la possibilité de se rendre au temple en TGV ou en avion, et le voyage depuis la Galilée pouvait prendre plusieurs jours. C'était une affaire de plusieurs mois pour certains Juifs de la dispersion au temps de Jésus. Mais Dieu avait fixé un rendez-vous avec son peuple, et il était nécessaire de se déplacer jusqu'à Jérusalem. Il est donc facile de comprendre la joie du pèlerin dans ces premiers versets.

Le verset 2 parle de son émerveillement d'avoir été à Jérusalem : Nos pieds se sont arrêtés à tes portes, Jérusalem. On avait tellement parlé de ce jour, on l'avait tellement attendu, et voilà que le voyage à Jérusalem, à la maison de Dieu, est devenu une réalité (peut-être pour la première fois pour lui, vu son sens d'émerveillement). Je ne sais pas si vous avez rêvé pendant longtemps de faire quelque chose, d'aller quelque part, ou de rencontrer quelqu'un – et enfin le rêve s'est réalisé ! En tout cas, la visite du pèlerin au Temple de Jérusalem était un peu pareil.

Et nous voyons au verset 1 que s'il est allé « à la maison de l'Éternel », c'est parce que quelqu'un d'autre l'a invité.  Je me demande combien d'entre nous qui fréquentons l'Église aujourd'hui le faisons parce que quelqu'un nous a amenés ou invités une fois – à commencer par ceux qui ont été amenés tout petits par leurs parents, jusqu'à ceux qui sont venus grâce à un collègue ou un voisin qui les a invités à venir, ou qui sont venus suite à un cours Alpha. Et cela souligne aussi l'importance de notre témoignage de tous les jours, notre présence dans la cité, au sein de notre famille, au travail, dans la vie associative, et ainsi de suite. Très peu de monde viendra ici entendre l'évangile sans avoir été invité par une connaissance.

Le psalmiste était donc dans la joie. Et nous pouvons comprendre sa joie, car le Temple de Jérusalem (et même le tabernacle qui le précédait) avait une grande importance pour les Juifs, et vous allez sans doute me dire que nous savons que Dieu est partout aujourd'hui, que c'est notre corps qui est le temple du Saint-Esprit. C'est vrai que nous savons bien que nous sommes appelés à rencontrer Dieu partout, et c'est important pour le chrétien de lire sa Parole et de mener une vie de prière tous les jours, pas seulement le dimanche matin, ou bien le soir du groupe de quartier.

Mais même aujourd'hui, il y a une bénédiction particulière réservée aux occasions où les chrétiens se rassemblent. Jésus a bien dit « là ou deux ou trois (ou 200 à 300, ou 2 à 3 mille …) sont rassemblés en mon nom, je suis là ». Bien sûr, il peut y avoir des empêchements. Il y a aussi les jours où nous n'avons aucun désir d'assister au culte et où nous devons faire un grand effort pour venir malgré nous, et la joie ne veut pas forcément dire que nous sommes constamment en train d'arborer un grand sourire béat. Mais l'auteur de l'épître aux Hébreux nous dit de « ne pas abandonner notre assemblée, comme c’est la coutume de quelques-uns, mais de nous exhorter mutuellement, et cela d’autant plus que nous voyons le Jour s’approcher ». (Hé 10.25)

Donc, même aujourd'hui, nous devrions être dans la joie de pouvoir assister au culte. Cette joie a des causes. Pour le psalmiste, ce n'était pas seulement parce qu'il avait fait un beau voyage (comme Ulysse) – mais c'était à cause de ce qu'il avait expérimenté au Temple. Et la deuxième partie du psaume nous donne trois des raisons pour lesquelles il est allé au lieu du culte, qui sont aussi des raisons pour nous d'assister aux réunions de l'Église.

2. Les bienfaits du culte

- La communion fraternelle : v. 3-4

Quand le psalmiste aperçoit enfin le but de son voyage, Jérusalem, la première impression qu'il a, c'est celle de l'unité de cette ville : Jérusalem, toi qui es bâtie comme une ville qui forme un ensemble bien uni. (v. 3).  Il venait de la campagne, où les maisons étaient à une certaine distance les unes des autres. Mais quand enfin il aperçoit les murailles de la cité de Jérusalem, la structure même de la ville, où les maisons se touchaient et donnaient de la protection les unes aux autres, est déjà un symbole du peuple de Dieu. Même si notre expérience de la ville est tout autre, c'est une belle image de l'unité du peuple de Dieu.

Et au v. 4 nous voyons que c'est plus qu'un symbole. Comme les parents de Jésus ce jour où ils ont égaré leur fils, le psalmiste a sans doute fait le chemin avec d'autres croyants de son village, et au fur et à mesure qu'ils voyageaient, ils doivent avoir rencontré d'autres groupes de pèlerins qui venaient d'autres endroits qui convergeaient sur la ville sainte. Et une fois arrivés à Jérusalem, ils se rendent compte que des personnes sont venues de toutes les tribus d'Israël. Quelle joie d'être ensemble, unis par la foi qu'ils ont en commun, et quel témoignage à ceux qu'ils ont croisés en chemin !

Et c'est notre expérience aujourd'hui aussi : nous venons d'arrière-plans très différents les uns et les autres, mais nous sommes unis par notre foi en Jésus-Christ. C'est facile d'oublier tout ce que nous avons en commun, qui est beaucoup plus important que les choses qui nous divisent. Et avez-vous pensé aussi au témoignage que nous formons ensemble, nous qui nous assemblons régulièrement dans ce bâtiment ? Il serait sans doute étonnant d'entendre les remarques de nos voisins : espérons que l'impression que nous donnons est toujours positive !

Oui, le fait d'appartenir à cette communauté devrait être un sujet de joie. Et ceux qui fréquentent les groupes de quartier ou la réunion de prière ont en plus l'avantage de connaître un petit groupe de personnes avec un peu plus de profondeur qu'il est possible de faire le dimanche matin. Voilà donc la première des trois raisons de venir aux réunions d'Église.

Mais l'Église n'est pas seulement une association de bienfaisance, ou bien un club social où on rencontre des gens intéressants ou sympathiques. La fin du v. 4  nous donne le vrai but de nous  rassembler : afin de célébrer le nom de l'Eternel.

- L'adoration v. 4b
C'est la deuxième des trois raisons pour laquelle nous nous rassemblons. Si le culte et les réunions d'Église ne sont qu'une occasion de rencontrer d'autres personnes, nous avons manqué le but principal. Je rencontre des gens forts sympathiques au club de gym et à la chorale chaque semaine, et j'aime bien le faire, mais c'est ici, à l'Église, où  je rencontre Dieu au milieu de son peuple. Ce n'est pas nous qui l'invitons à « notre » culte, mais c'est lui qui nous y invite. Et l'adoration, la méditation sur la personne de Dieu tel qu'il s'est révélé dans sa parole, devrait être une de nos occupations principales. C'est ce qui dit Jean Calvin au début de sa Brève instruction chrétienne  : « Il faut … que le principal soin et souci de notre vie soit de chercher Dieu et d'aspirer à lui de toute l'affection de notre cœur, et de ne trouver le repos ailleurs qu'en lui seul. » Cette adoration se fait par la lecture attentive de la Parole et la prédication. Elle se fait aussi par nos prières prononcées dans le silence, à haute voix, et bien sûr aussi par nos chants de louange.

- Dieu nous parle : v. 5
Les « trônes pour le jugement » de la maison de David dont parle le v. 5 étaient bien sûr le lieu où des litiges étaient jugés entre autres choses, mais pour le peuple d'Israël la base de ces jugements était la loi donnée par Dieu. Beaucoup de ses commandements forment encore la base de nos lois aujourd'hui, même en pays laïque et républicain. Mais les directives de Dieu pour notre vie vont beaucoup plus loin que les lois du pays, surtout à la lumière de l'enseignement de Jésus.

Et c'est la Parole de Dieu qui doit être le principal guide du chrétien aujourd'hui. La Parole de Dieu nous montre comment Dieu s'est révélé à Israël, et comment il s'est révélé d'une façon encore plus claire en Jésus-Christ. Cette Parole nous instruit et nous encourage, mais le v. 5 nous rappelle qu'elle nous corrige et éduque aussi, comme Paul le dit à Timothée : « Toute l’écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, réfuter, redresser et apprendre à mener une vie conforme à la volonté de Dieu. » (2 Tim 3.16, Semeur). Non seulement elle nous révèle Dieu, mais elle nous révèle aussi notre incapacité de lui plaire sans le sacrifice de Jésus. Et tout comme les Israélites offraient des sacrifices dans le Temple en confessant leur péché, nous sommes appelés aussi, dans notre lecture personnelle de la Bible comme par la prédication et les études bibliques, à nous laisser interpeller par Dieu, à nous laisser toucher et corriger.

Voilà donc trois raisons – parmi d'autres – d'être assidus au culte le dimanche et selon nos possibilités aux autres réunions d'Église : rencontrer et louer Dieu, être dirigés par sa Parole, encourager d'autres par le témoignage de notre présence et être encouragés à notre tour par d'autres chrétiens.   

Dans les derniers versets de ce psaume, le psalmiste  tire deux conclusions pratiques de tous ces bienfaits, deux choses (en plus de sa présence) qu'il promet de faire pour Jérusalem :
 
3. Les conséquences

- Prier pour la paix de Jérusalem, et la paix du peuple de Dieu : v. 6-8

Le nom de Jérusalem en hébreu est  יְרוּשָׁלִָם , et le sens de ce nom semble être « fondement de la paix ». Cela donne lieu à un jeu de mots et une allitération en hébreu au v. 6 par ces mots : "Shalu Shalom Yerushalaïm".

« Priez pour la paix de Jérusalem », et ça continue plus loin aussi. Priez pour la paix de la cité de la paix ! Nous sommes bien sûr invités à prendre cette injonction littéralement, à prier pour la ville de Jérusalem, ville divisée entre Juifs, musulmans et chrétiens, qui a toujours donné tout sauf une image de paix et de tranquillité. Prions pour que tous puissent vivre sinon dans un grand amour, au moins avec une tolérance bienveillante les uns des autres. Prions pour des solutions justes pour Juifs et Arabes en Israël et en Palestine, même si nous savons bien que la seule paix durable ne viendra que par le Prince de la Paix lui-même, Jésus-Christ.

Mais ce verset nous demande aussi de regarder plus près de nous, en priant pour des chrétiens persécutés dans le monde, et aussi en priant les uns pour les autres dans l'Église locale, par exemple. Et nous pouvons seulement prier intelligemment si nous nous connaissons, si nous nous renseignons sur l'Église locale et sur l'Église ailleurs. S'abonner aux journaux chrétiens, tels « Rencontres » de Portes Ouvertes en ce qui concerne l'Église persécutée et d'autres périodiques pour mieux connaître l'Église ailleurs, nourrira aussi notre vie de prière.

- Rechercher le bien de Jérusalem : v. 9
La prière est primordiale, mais nous sommes appelés aussi à joindre nos actes à notre prière.
Nous sommes bien sûr encouragés par la Parole de Dieu à chercher le bien de la cité où nous habitons, le bien de tous, chrétiens et non-chrétiens. Entre beaucoup d'autres versets, nous avons l'injonction de Paul aux Galates (6.10) : Pratiquez le bien envers tous, et surtout envers les frères en la foi. Nous n'avons pas le temps de développer ce point aujourd'hui, mais notons quand même que le psalmiste cherchait activement le bonheur de la communauté des croyants comme nous sommes appelés à le faire aujourd'hui.

Ce petit psaume nous propose donc tout un programme, toute une vie d'écoute de Dieu, de prière, d'adoration, de communion fraternelle, et de service ensemble. C'est sans doute une réalité pour beaucoup d'entre nous, même si nous avons tous toujours beaucoup de progrès à faire. Que cela devienne aussi une réalité pour d'autres. Lisons et méditons ce psaume chez nous cette semaine, et soyons prêts à être interpellés et changés par cette prière.

David Boydell, président du Conseil de l’
Église baptiste évangélique de Massy.

Cet article a été mis en ligne le 4 octobre 2011.