Dieu est amour | Un message sur 1 Jean 4:15-21
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Les chrétiens disent que « Dieu est amour ». C’est écrit dans la Bible, notamment dans la première lettre de Jean, chapitre 4. Mais de quel amour s’agit-il ? Est-ce seulement un sentiment ? Et qu’est-ce que cela nous dit de Dieu ? Dans une remarquable prédication, le pasteur Philippe Halliday répond à ces questions en insistant sur le fait que « l’amour de Dieu n’est pas du tout comme notre amour». Au contraire. « Dieu aime parce qu’il est amour. Sans que nous ne soyons aimables, Dieu nous aime tous (...) Il ne fait que donner. » A méditer absolument.
Voici une prédication du pasteur Philippe Halliday sur 1 Jean 4:15-21. Elle a été prononcée le 15 juin 2008 à l’église évangélique baptiste de Massy (Essonne). Ce message nous a semblé particulièrement pertinent parce qu’il parle de l’amour de Dieu, une source de Vie absolument fondamentale, mais aussi de la liberté des hommes, des limites de l’accusateur (Satan) et de l’au-delà. Tout le monde peut s’approprier ces paroles lucides et vivifiantes. Le message de Philippe Halliday aborde un ensemble de choses qui nous permet de comprendre l’amour de Dieu et, ainsi, grandir. Sans jamais être moralisateur, mais près de la vraie vie avec ses aléas, le pasteur décrit ainsi, à la fin de son message, une des clés de la lettre de l’apôtre Jean et du message chrétien en général : « La preuve que j’aime Dieu et que j’ai été touché par son amour envers moi, c’est la façon dont je manifeste un amour authentique, pratique et tangible envers mes frères et sœurs. »
Ce message est le premier du genre que nous publions. Mais nous allons certainement récidiver. N’hésitez pas à nous signaler des bonnes prédications ou des bonnes homélies que vous voulez partager avec le plus grand nombre. Puisqu’elles sont reçues, elles méritent d’être entendues.
H.L.
1 Jean 4:15-21
« Celui qui reconnaît que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, comme lui en Dieu. Et nous, nous connaissons l’amour que Dieu a pour nous, et nous l’avons cru.
Dieu est amour ; celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui.
C’est en cela que l’amour est accompli parmi nous, pour que nous ayons de l’assurance au jour du jugement : tel il est, lui, tels nous sommes aussi dans ce monde. Il n’y a pas de crainte dans l’amour, mais l’amour accompli bannit la crainte, car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n’est pas accompli dans l’amour. Quant à nous, nous aimons, parce que lui nous a aimés le premier. Si quelqu’un dit : ‘J’aime Dieu’, et qu’il déteste son frère, c’est un menteur, car celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, ne peut aimer Dieu, qu’il ne voit pas. Et nous avons de lui ce commandement : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. » (Version La Nouvelle Bible Segond)
Introduction
Docteur Karl Barth, décédé en 1968, était vraisemblablement le plus grand théologien du 20ème siècle. On raconte l’histoire d’une soirée que Karl Barth a passée avec quelques amis proches. Curieuse d’en savoir plus sur les idées du grand homme, une des personnes présentes lui à demandé : « Quelle est la pensée la plus profonde qui soit passée par ta tête ? » Après un moment bref de réflexion, Karl Barth a répondu : « La pensée la plus profonde que j’ai connue est la simple vérité : ‘Jésus m’aime ; je le sais parce que la Bible me le dit.’ » Il citait un chant d’enfant en anglais.
« Dieu est amour », écrit Jean. (v.16) Les écrivains du Nouveau Testament, quand ils voulaient parler de l’amour de Dieu, ont laissé de côté les mots grecs habituels et ils ont pris un nouveau mot : agapé. Ils se sont servis d’un nouveau mot parce qu’ils avaient une nouvelle idée à communiquer : ils voulaient parler d’un amour qui est exclusif à Dieu et étranger à l’homme.
« Dieu est amour » : L’apôtre ne décrit pas un attribut de Dieu, mais plutôt son essence. Tout comme le soleil brille parce qu’il est le soleil, Dieu aime parce qu’il est amour. Sans que nous ne soyons aimables, Dieu nous aime tous ; sans que nous ne lui rendions quelque chose, Dieu nous aime chacun. L’amour divin n’est éveillé par rien en dehors de lui-même ; l’amour divin aime, donc, ce qui n’est pas aimable ; l’amour divin ne fait que donner.
« Dieu est amour » : c’est remarquable, le nombre de questions auxquelles cette petite phrase apporte la réponse :
i. Pourquoi Dieu nous a-t-Il créés ?
Il nous arrive sûrement à nous tous de nous demander pourquoi Dieu a créé le monde. La désobéissance et l’indifférence chez les hommes et les femmes sont pour lui une source de chagrin continu. Pourquoi Dieu voulait-Il créer un monde qui lui apporterait tant de peine ? La réponse est : « Dieu est amour ». Notre Dieu est trinitaire : Père, Fils et Saint Esprit. Au sein de Dieu même, il y a une relation dynamique d’amour parfait. Dieu est communauté et donc créer faisait partie essentielle de sa nature. « Dieu est amour » et l’amour doit avoir quelqu’un à aimer et quelqu’un par qui être aimé.
ii. Pourquoi Dieu nous a-t-Il donnés la liberté ?
La réponse est pareille : « Dieu est amour ». Et si l’amour n’est pas libre, il n’est pas vraiment l’amour. Si Dieu n’avait été que loi, Il aurait pu créer un monde dans lequel les hommes et les femmes bougent comme des êtres automatisés, sans avoir plus de choix qu’une machine. Le monde aurait pu ressembler à une vitrine dans un des grands magasins de jouets à Paris avant Noël. Mais si Dieu avait créé les hommes et les femmes comme cela, il n’aurait existé aucune possibilité d’une relation personnelle entre lui et eux. Par nécessité, l’amour est la réponse libre du cœur. Et alors Dieu a dû accorder la liberté aux hommes et aux femmes.
iii. Pourquoi Dieu nous soutient-Il encore ?
Encore la même réponse : « Dieu est amour ». Si Dieu n’avait été que raison et ordre, Il aurait pu créer l’univers comme une vieille horloge que l’on remonte avant de la laisser continuer toute seule. Il existe des produits sur le marché que nous sommes sollicités d’acheter précisément parce que nous pouvons les installer et puis les oublier ; leur qualité la plus attractive c’est qu’ils fonctionnent tout seuls. Mais parce que « Dieu est amour », son acte de création est suivi par son attention constante.
iv. Pourquoi Dieu nous a-t-Il sauvés ?
Parce que « Dieu est amour ». Si Dieu n’avait été que loi et justice, Il aurait pu laisser les hommes et les femmes subir les conséquences de leur péché. La justice éternelle aurait dispensé inexorablement ses punitions. Mais parce que « Dieu est amour », Il a dû chercher et sauver ce qui était perdu ; Il a dû trouver un remède pour notre péché.
v. Pourquoi y a-t-il un au-delà ?
Si Dieu n’était que simple créateur, un homme ou une femme pourrait vivre ses quelques décennies et puis mourir pour l’éternité. Et une vie qui prenait fin prématurément ne serait qu’une autre fleur flétrie trop tôt par la gelée de la mort. Mais le fait que « Dieu soit amour » veut dire que les changements et les chances de la vie n’auront pas le dernier mot. Sûrement et certainement, l’amour de Dieu réajustera l’équilibre de la vie et toute injustice sera réparée dans la perspective de l’éternité.
• Pourquoi Dieu nous a-t-Il créés ?
• Pourquoi Dieu nous a-t-Il donnés la liberté ?
• Pourquoi Dieu nous soutient-Il encore ?
• Pourquoi Dieu nous a-t-Il sauvés ?
• Pourquoi y a-t-il un au-delà ?
La réponse à toutes ces questions, et à d’autres encore, c’est : « Dieu est amour ».
Et, dit Jean, cet amour « se manifeste pleinement parmi nous » (v.17). Sa manifestation change nos attitudes. La présence de cet amour produit un changement dans notre attitude envers Dieu et un changement dans notre attitude envers notre prochain.
D’abord, en ce qui concerne notre attitude envers Dieu, la confiance remplace la peur.
1. La confiance remplace la peur
(v.17) « Et voici pourquoi l’amour se manifeste pleinement parmi nous : c’est pour que nous ayons une entière assurance au jour du jugement, d’autant plus que notre situation dans ce monde est celle que le Christ a connue lui-même. »
Le mot « assurance » ou « confiance » veut dire, littéralement, « la liberté d’expression ». Vêtus avec la justice de Jésus-Christ, nous aurons quelque chose à dire au jour du jugement.
Vous savez quelles sont les personnes différentes que l'on retrouve dans une cour : un procureur, un juge, un accusé et un avocat de la défense. Au début de cette lettre, l'apôtre Jean décrit une cour. Le procureur est Satan, qui est appelé ailleurs dans le Nouveau Testament « l'accusateur des Chrétiens, celui qui les accuse devant notre Dieu jour et nuit ». (Apocalypse 12:10) Le juge qui entend ces accusations est Dieu le Père. Notre avocat de la défense est Jésus-Christ, qui, dit Paul dans sa lettre aux Romains, « est à la droite de Dieu et qui intercède pour nous ». (Romains 8:34)
Jésus, notre avocat, ne nie pas que nous ayons péché. Il n'essaie pas de faire semblant que ce n'était pas vraiment notre faute. Au contraire, Jésus permet à Satan de faire une liste de tous nos péchés avec tous les tristes détails. Mais, une fois que Satan a fini, Jésus demande au Père que nous soyons prononcés « justes » ou « justifiés ». Et comment ? C'est parce que Jésus a été puni à notre place pour nos péchés. Donc, le juge tient compte pleinement de notre péché mais Il veille à ce que justice soit faite en nous prononçant justifiés, libres !
Il y a deux transferts qui se réalisent là : le premier concerne notre culpabilité, qui est transférée de nous jusqu’à Jésus ; le deuxième concerne la justice de Jésus, qui est transférée de Lui jusqu’à nous.
Paul écrit aux Corinthiens : « Celui qui n'a pas connu le péché, Dieu l'a fait (devenir) péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu. » (2 Corinthiens 5:21) Et aux Galates, il écrit : « Vous vous êtes revêtus du Christ. » (Galates 3:27)
Nos actions, nos paroles, nos pensées sont comme des vêtements tachés. « Toute notre justice est comme des linges souillés », dit Esaïe (64 : 5). Et pourtant, il n'y aura plus de taches, plus de péché au ciel sur ceux qui se sont remis à Jésus. Dans la vision de l’apôtre Jean, notée et décrite dans le livre de l’Apocalypse, la « foule immense » venant « de toute nation, de toute tribu, de tout peuple, de toute langue »… cette foule est composée d’hommes et de femmes « vêtus de tuniques blanches » (Apocalypse 7 : 9).
Grâce à Jésus, ces hommes et ces femmes auront « une entière assurance au jour du jugement » (v.17). Ils auront « la liberté d’expression » devant le Dieu tout-puissant. La lettre aux Hébreux nous dit qu’ils pourront « s’approcher du trône du Dieu de grâce avec une pleine assurance ». (Hébreux 5 : 16) La vision de l’apôtre Jean dans l’Apocalypse décrit comment ils « se tiendront debout devant le trône et devant l’Agneau ». (Apocalypse 7 : 9) La confiance remplace la peur.
Et même pendant leur vie sur terre, ces personnes-là, qui se sont confiées dans le Seigneur, portent déjà la justice de Jésus. La justice de Jésus couvre déjà nos péchés. Et quand Dieu nous regarde, Il ne voit plus nos péchés, Il voit la justice de Jésus dont nous nous sommes revêtus. C'est pour cette raison que Dieu peut accepter nos louanges ce matin. C'est pour cette raison qu'Il peut écouter nos prières. C'est pour cette raison qu'Il peut se servir de nous pour accomplir sa volonté dans ce monde.
Comment est-ce que Dieu le Père regarde son Fils Jésus ? Jésus est la joie de son Père. Il n’y a aucun honneur, aucun titre, aucune gloire que le Père ne lui prodigue pas. Nous aussi, dit l’apôtre Jean, nous faisons les délices de Dieu le Père. Déjà, dans ce monde, Dieu nous regarde avec la même joie et le même amour dont Il regarde Jésus.
(v.17) « Voici pourquoi l’amour se manifeste pleinement parmi nous : c’est pour que nous ayons une entière assurance au jour du jugement, d’autant plus que notre situation dans ce monde est celle que le Christ a connue lui-même. » La confiance remplace la peur parce que Dieu nous traite comme Il traite Jésus.
Jésus nous ouvre la porte qui donne sur la présence du Roi des rois. Et quand cette porte s’ouvre, ce que nous trouvons de l’autre côté, c’est la grâce. Nous ne trouvons pas de condamnation, ni de jugement, ni de vengeance, mais plutôt la bonté de Dieu – une bonté non-gagnée, une bonté non-méritée – la bonté extraordinaire de Dieu.
(v.18) « Dans l’amour, il n’y a pas de place pour la crainte, car l’amour véritable chasse toute crainte. En effet, la crainte suppose la perspective d’un châtiment. » Quand l’amour de Dieu se manifeste dans nos vies, il transforme notre attitude envers Dieu : la confiance remplace la peur.
Il transforme également notre attitude envers notre prochain : l’amour remplace la haine.
2. L’amour remplace la haine
(v.19) « Nous aimons parce que Dieu nous a aimés le premier. » L’amour naît dans nos cœurs et devient une possibilité pour nous seulement parce que Dieu a pris l’initiative en nous aimant. Et parce que Dieu nous a aimés, nous aimons nos frères et sœurs.
Nous répondons à l’amour que Dieu a manifesté envers nous par l’amour que nous manifestons envers les autres. Quelle est la preuve que j’aime Dieu et que j’ai été touché / changé par son amour envers moi ? La preuve n’est pas une espèce de sensation chaleureuse à l’intérieur de moi. Non, la preuve c’est la façon dont je manifeste un amour authentique, pratique et tangible envers mes frères et sœurs.
(v.20) « Si quelqu’un prétend aimer Dieu tout en détestant son frère, c’est un menteur. » Le mot « détester » nous semble peut-être un peu fort. Nous ne détestons personne, sûrement. Mais je trouve interpellant les remarques de George Bernard Shaw (l'écrivain irlandais) : « Le pire des péchés contre nos semblables n'est pas de les haïr, mais d'être indifférents envers eux ; ceci est l'essence de l'inhumanité. »
Jean enfonce le clou avec une logique accablante : (v.20) « Si quelqu’un n’aime pas son frère qu’il voit, il ne peut pas aimer Dieu qu’il ne voit pas ». Si, par contre, quelqu’un aime de façon authentique et pratique ses frères et sœurs, bien qu’imparfaitement, c’est la preuve qu’il vit dans l’amour de Dieu.
Conclusion
• Pourquoi Dieu nous a-t-Il créés ?
• Pourquoi Dieu nous a-t-Il donnés la liberté ?
• Pourquoi Dieu nous soutient-Il encore ?
• Pourquoi Dieu nous a-t-Il sauvés ?
• Pourquoi y a-t-il un au-delà ?
La réponse à toutes ces questions, et à d’autres encore, c’est : « Dieu est amour ». Et l’amour de Dieu n’est pas du tout comme notre amour. L’amour de Dieu n’est éveillé par rien en dehors de lui-même : il aime, donc, ce qui n’est pas aimable ; il ne fait que donner. C’est pourquoi « Dieu nous a aimés le premier » (v.19).
Et c’est cet amour divin qui « se manifeste pleinement parmi nous », dit Jean. (v.17) Quand cela se produit, deux attitudes en sont changées : notre attitude envers Dieu et notre attitude envers nos frères et sœurs.
En ce qui concerne notre attitude envers Dieu, la confiance remplace la peur. Vêtus avec la justice de Jésus-Christ, nous pourrons « nous approcher du trône du Dieu de grâce avec une pleine assurance. » (Hébreux 5 : 16) et y avoir la liberté d’expression au jour du jugement. Et en plus, dès à présent, nous faisons les délices de Dieu le Père ; déjà, dans ce monde, Dieu nous regarde avec la même joie et le même amour dont Il regarde Jésus.
En ce qui concerne notre attitude envers nos frères et sœurs, l’amour remplace la haine. La preuve que j’aime Dieu et que j’ai été touché par son amour envers moi, c’est la façon dont je manifeste un amour authentique, pratique et tangible envers mes frères et sœurs.
Philippe Halliday, pasteur de la Fédération des Eglises évangéliques baptistes de France
La photo en "une" provient de Flickr Creative Commons.
Ce document a été mis en ligne le 15 juin 2008.

