




| Crise financière (2) : une solution providentielle en vue ? |
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Continuons d’abord notre suivi de l’actualité. Nous voici le 15 octobre. Après une semaine catastrophique, où les bourses ont chuté d’une façon spectaculaire (-22% à Paris), les chefs d’Etat et de gouvernement européens de la zone euro sont enfin tombés d'accord sur un programme d’action. Un plan a été finalisé à Paris le 12 octobre sous l’égide de Nicolas Sarkozy. Ce plan vise à aider les banques menacées de faillite. Les bourses ont ainsi fait un rebond spectaculaire les 13 et 14 octobre. A Paris, on a connu la hausse la plus importante jamais enregistrée en un seul jour le 13 octobre (+11,1%). C’est une sorte d’euphorie qui contrebalance le désespoir exagéré ces derniers temps. Mais elle ne dure pas. Le 15 octobre, l'indice à Paris a de nouveau chuté dramatiquement (-6,8%). C'est que le plan européen ne présente pas une solution providentielle pour nous sortir de la crise de l’économie réelle. La France, mais aussi les Etats-Unis et l’Allemagne sont pratiquement en récession. Cela veut dire que le Produit intérieur brut (PIB) baisse dans ces pays. Nos "valeurs ajoutées", comme disent les économistes, baissent. En français, on peut dire que la production baisse. Nous consommons moins. Notre pouvoir d'achat stagne ou diminue. Les entrepreneurs font moins de projets, investissent moins. Avec la crise financière, ces mêmes entrepreneurs et aussi les ménages ont du mal à trouver des crédits. Et beaucoup ont du mal à rembourser les prêts contractés dans une période où régnait la confiance. Cette folle croyance en un lendemain forcément plus riche, plus stable, a beaucoup moins d'adeptes que d'habitude. Le résultat de tout cela est une augmentation du chômage et une diminution du niveau de vie des classes moyennes et des classes dites "populaires".
Image : Caricature de la crise financière aux Etats-Unis : "L'Empire de la dette." Les soucis des financiers américains et la crise des sub-primes, jetant des centaines de milliers de ménages surendettés pratiqument dans la rue, donnent lieu, aux Etats-Unis, à des saines réactions ironiques et humoristiques comme celle-ci sur fond d'une conscientisation populaire. Les habitants des Etats-Unis, comme dans les pays européens, savent que leur système est mauvais. Leurs Etats prônent la rigueur pour les petites gens tout en gonflant le déficit budgétaire. En même temps, le nombre de milliardaires n'a jamais été aussi élevé. Il est probable que l'homme qui incarne tous les maux d'Amérique - George W. Bush - dans son incapacité de gérer les crises (11 septembre, guerre en Irak, catastrophe naturelle à la Nouvelle Orléans et maintenant krach de Wall Street) et dans sa politique économique injuste (on baisse les impôts pour les riches, les pauvres peuvent attendre) donne de très bonnes raisons pour voter en faveur d'un changement le 4 novembre : pour Barack Obama.
On peut noter que le « plan d'action » de l'eurogroupe (pays de la zone euro) s'inspire largement de l'initiative surprenante prise par le Premier ministre britannique Gordon Brown de renationaliser partiellement certaines banques. Il a reçu des réactions très positives de Dominique Strauss Kahn, directeur du FMI, et de Paul Krugman, économiste américain favorable à ce que l'Etat joue un plus grand rôle dans l'économie. Ce dernier va recevoir le prix Nobel d'économie 2008. Ces trois hommes cités ont la particularité de penser que les marchés ne sont pas suffisamment régulés. Les principales mesures du plan sont : Ce programme d'action autorise différents plans nationaux. L'Italie et l’Espagne, par exemple, ont choisi des voies différentes que la France et l'Allemagne (et le Royaume-Uni, qui ne fait pas partie de la zone euro). Ces derniers vont à la fois faire des recapitalisations et des garanties de prêts interbancaires. Même les Américains se sont inspirés du plan européen en intégrant l'idée qu'il faudrait une participation directe de l'Etat. Là-bas, l'Etat va entrer dans le capital de neuf grandes banques. Cette information, rendue publique le 15 octobre a été comprise comme la fin d'une ère par beaucoup d'économistes libéraux. Il y a cependant un gros problème : les pays européens, comme les Etats-Unis, vont mobiliser des sommes potentiellement astronomiques. Ainsi 360 milliards d'euros pour la France, 367 pour le Royaume-Uni et 480 pour l'Allemagne. Au total, l'Europe promet 1700 milliards pour sauver les banques et le système financier. Cette somme représente 17 fois le montant actuel de la dette publique en Afrique.
Wall Street, la rue où se trouve la Bourse de New York.
Que penser en tant que chrétien ? Que dire de plus si ce n’est de vous recommander de lire et relire la parabole du bon Samaritain dans l’évangile de Luc 10.25-37 ? Aurions-nous tous le même réflexe que le Samaritain ? C'est pourtant à cette radicalité-là que le Christ nous appelle. A bientôt !
Les photos sont de flickr.com Creative commons. Elles ont été prises, dans l'ordre, par Steve Wampler, Renegade 98 et Dennis Gerbeckx. Cet article a été mis en ligne le 15 octobre 2008.
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