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La crise économique actuelle est due en partie à la croyance au dieu Argent et à d’autres idoles. Face à cette idolâtrie, la Bible nous invite sans cesse à faire de la résistance spirituelle au nom du vrai Dieu. Cela peut être le fait d’agir avec équité, ce qui ne va pas toujours de soi. Voici des pistes de réflexion et des passages bibliques qui permettent d’avancer sur le chemin avec Celui qui est.
La Bible, les pauvres et les idoles
Que veut Dieu qu’on fasse pour les autres et les pauvres en particulier ? Au fond, c’est simple. La réponse est dans la question. Dieu veut qu’on agisse. En l’occurrence, il veut qu’on agisse selon le principe bien établi dès Lévitique 19.18 : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Qu’est-ce que cela veut dire concrètement ? La Bible ne donne pas de conseils précis dans tous les domaines de la vie. Sinon nous ne serions pas vraiment libres. Mais on peut avancer sans crainte de se tromper que Dieu veut deux choses : 1. D’abord que nous ayons nous-mêmes une grande humilité – un « cœur de pauvre » - devant Lui, le Tout-autre et, bien sûr, devant les autres personnes. Un chrétien orgueilleux et donneur de leçons a mal lu la Bible. 2. Dieu veut, pour son royaume, la « justice sociale ». Son souci des pauvres est partout dans la Bible et un des sens même de l’Histoire : Dieu a lui-même choisi ou « élu » le petit peuple d’Israël, sans aucune importance politique ou économique. Puis Il s’est incarné en Jésus, né dans le dénuement total. En ce domaine, voici trois passages bibliques considérés comme très importants par beaucoup de chrétiens :
« Qu’est-ce que le SEIGNEUR réclame de toi, si ce n’est que tu agisses selon l’équité, que tu aimes la fidélité, et que tu marches modestement avec ton Dieu ? » (Michée 6.8)
« Alors, le roi dira à ceux qui seront à sa droite : ‘Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; héritez le royaume qui a été préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger et vous m’avez recueilli ; j’étais nu et vous m’avez vêtu ; j’étais malade et vous m’avez visité ; j’étais en prison et vous êtes venus me voir.’ » (Evangile de Matthieu 25.34-37)
« Il en est ainsi de la foi : si elle reste seule, sans se traduire en actes, elle est morte. » (Epître de Jacques 2.17)
La Bible est donc claire sur ce point. Michée et tous les autres prophètes, le psalmiste, conformément à la Loi (Lévitique 19.18, par exemple), rappelée et précisée par Jésus, insistent sur l’importance de « faire le bien ». En l’occurrence, agir avec équité, fidélité et humilité en faisant attention à ce que Dieu nous dit. A en croire la Bible, ce Dieu se préoccupe énormément de la justice sociale. Dans l’évangile de Matthieu 25, Jé sus affirme carrément que ce que l’on fait à l’égard des plus petits, des plus pauvres – pensons par exemple aux sans papiers et aux chômeurs aujourd’hui - c’est à Lui, Dieu, qu’on le fait. Nous serons même jugés en fonction de ce qu’on fait à l’égard de ces petits. Jacques, frère de Jésus et l’un des premiers responsables de l’Eglise à Jérusalem, insiste dans sa lettre sur une règle que tous les grands évangélisateurs historiques ont fait sienne : la foi implique des actes concrets. La plupart des Pères de l’Eglise, François d’Assise, Thomas Münzer, Ignace de Loyola, John Wesley… jusqu’à Martin Luther King Jr, Mère Teresa, Sœur Emmanuelle, Frère Roger et Abbé Pierre ont tous témoigné surtout par l’exemple. Aujourd’hui, on peut penser à des gens célèbres comme le pasteur Rick Warren aux Etats-Unis, ou à Ingrid Betancourt en France, mais aussi à votre voisin ou à cet ami chrétien qui vous a effectivement aidé un jour sans exiger quoi que ce soit en retour. Ces chrétiens-là sont probablement plus nombreux que vous ne le pensez.
« Faire le bien », une expression ambiguë
Mais la crise économique nous enseigne une chose capitale : elle montre d’une façon spectaculaire à quel point certains d’entre nous se sont éloignés de toute notion d’équité. Quant aux principes bibliques... L’idée même qu’un « bon chrétien » doit « faire le bien » a aujourd’hui un sens ironique. L’expression est ridicule pour certains. « Faire le bien » ce n’est pas, ce n’est plus, essayer de se soumettre à Dieu par les actes. Mais au contraire respecter des conventions sociales, des rites, sans réfléchir. Ainsi on peut s’enrichir matériellement autant que possible, suivant les valeurs matérialistes de notre société, puis donner quelques pièces lors de l’offrande le dimanche. Ou faire un petit chèque à Noël ou donner des vieux vêtements au Secours catholique pour se donner bonne conscience, tout en évitant soigneusement tout contact avec des personnes exclues. C’est cela, « faire le bien », au sens ironique.
Elargi à l’échelle globale, on peut penser à la façon dont des pays riches occidentaux, s’inspirant vaguement de la doctrine sociale des Eglises, accordent des aides à des pays moins riches tout en continuant à travailler avec des régimes dictatoriaux, exploiter les ressources naturelles de ces pays et en refusant des visas à leurs ressortissants. On peut aussi penser à la façon dont les gouvernements de certains pays riches, comme les Etats-Unis et la France, s’en prennent aux effets de la crise économique. Comme tout le monde ne sait pas (encore), celle-ci devrait toucher surtout les pauvres et les classes moyennes. Lors du dernier sommet de G20 (les vingt pays les plus riches au monde) à Washington le 15 novembre dernier, il fut décidé d’envisager une relance économique, pour le bien de nous tous et pour nos industriels. La future administration de Barack Obama qui se dessine semble vouloir aller très loin dans cette direction en créant des emplois, même si les déficits risquent d’augmenter. Cela pourrait être une bonne initiative. Il y a des exemples historiques positifs aux Etats-Unis, notamment la Nouvelle Donne (New Deal) dans les années 30. Mais ce qui est embêtant aujourd’hui, à une époque où nos économies sont « mondialisées », est qu’aucune initiative concrète n’a été prise lors de la réunion du G20. Les ministres des Finances des 20 pays doivent réfléchir pendant quatre mois avant de faire des propositions chiffrées. On va voir ce qu’on va voir. Mais une chose est sûre : pas question de toucher aux facteurs qui sont à l’origine de la crise. C'est-à-dire un système financier au-dessus de tout contrôle politique, un manque flagrant d’éthique, un endettement public et privé démesuré, un principe proprement religieux de « concurrence » et de « compétition » qui n’est rien d’autre que l’impitoyable loi des plus forts, le tout couronné par une facilité stupéfiante de dissimuler de l’argent, beaucoup d’argent, dans les paradis fiscaux (1). On pense peut-être « aider les gens » en donnant un peu aux pauvres, mais si le but est vraiment d’améliorer la vie pour nous tous à long terme, cela ne sert pas à grand-chose.
Nos idoles : le marché et l’argent
Pourquoi notre système économique est-il si injuste ? La question fera rire beaucoup d’entre vous. Et la réponse aussi ! Un des problèmes les plus manifestes, nous semble-t-il, est notre système de représentation et de repères. C'est-à-dire nos « croyances ». Actuellement, nous obéissons aveuglement à différents « dieux » : les marchés, l’argent, le « système » et l’ordre social. Mais ces dieux-là ne permettent pas une amélioration véritable du sort de l’humanité. Non parce que les marchés, l’argent, le « système » ou l’ordre soient forcément mauvais en eux-mêmes. Au contraire. Le système économique actuel dans nos pays occidentaux est libéral et capitaliste. Il a permis un développement économique positif indéniable. Mais il a aussi des effets pervers également indéniables, notamment une exclusion sociale massive. Or ce système, ces marchés, cet argent ne sont que des outils. Il n’y a pas, en eux, une mystérieuse « main de Dieu ». Ces outils sont neutres. L’argent n’a pas d’odeur. Ni la raison et encore moins Dieu n’interdit l’utilisation d’autres outils, comme la régulation étatique, les impôts progressifs, la baisse de la T.V.A, le protectionnisme, les nationalisations (c'est-à-dire la transformation d’entreprises privées en biens de l’Etat), l’économie sociale, la démocratie participative, la transparence. Et le tout en veillant à ce que l’environnement, la Création, puisse encore profiter aux générations futures. Ce n’est pas un, mais plusieurs paradigmes qu’il faudra changer dans notre conception même de « l’économie ». Or à partir du moment où l’on fait de ces outils-là et de l’économie en général des buts en soi, des « dieux », on prend le risque de commettre des erreurs extrêmement graves. C’est le principal enseignement à tirer des deux grands totalitarismes du XX siècle : le nazisme et le communisme d’Etat (à ne pas confondre avec nos partis communistes occidentaux d’aujourd’hui). Ces idéologies ont pour traits communs un mépris total de la vie humaine et de l’individu ainsi que des croyances radicalement hostiles au christianisme. Le communisme marxiste-léniniste est athée alors que le nazisme est une forme extrême de paganisme. Dans les deux cas, la relation personnelle avec Dieu est rejetée. Ces croyances érigent en « dieux » un certain système, une certaine race, une certaine classe sociale et un certain leader politique. Ces croyances, puisqu’elles rendent totalement fou, sont à l’origine des plus grands crimes de l’Histoire de l’humanité, notamment la Shoah.
Dieu déteste les idoles
Comme vous le savez peut-être, la Bible parle de nos faux dieux d’une façon particulièrement dure. Le premier commandement – ou « parole » - ne porte pas explicitement sur le devoir de solidarité, mais sur le rejet de l’idolâtrie : « Tu n’auras pas d’autres dieux face à moi. » (Exode 20.3) Le Dieu des chrétiens et aussi des juifs, c’est YHWH, un tétragramme imprononçable et en principe intraduisible. On pourrait le comprendre comme Je suis Celui qui suis, ou Je suis Celui qui serai. Au lieu d’essayer de prononcer YHWH, nous disons "Adonaï" ou "Seigneur", "L’Eternel" et "Dieu". Mais en réalité nous ne pouvons L’enfermer dans un mot ou une définition humaine. Dieu dépasse tout entendement. Et il ne peut logiquement tolérer aucun concurrent. Si on pense à des dieux d’autres religions qui nous semblent inoffensives, voire censées (l’hindouisme, par exemple), on peut trouver cette condamnation scandaleuse. Mais si vous pensez à la logique des dieux « race supérieure », « notre cher leader », ou tout simplement « mon salaire » ou, le pire de tout, « Moi », les dangers de l’idolâtrie sont évidents.
La Bible contient de très nombreux passages sur l’idolâtrie. Voici des exemples.
« C’est moi le SEIGNEUR (YHWH), ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte, de la maison de servitude. Tu n'auras pas d'autres dieux face à moi. Tu ne te feras pas d’idole, ni rien qui ait la forme de ce qui se trouve au ciel là-haut, sur terre ici-bas ou dans les eaux sous la terre. Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux et tu ne les serviras pas, car c’est moi le SEIGNEUR, ton Dieu, un Dieu jaloux, poursuivant la faute des pères chez les fils sur trois et quatre générations – s’ils me haïssent – mais prouvant sa fidélité à des milliers de générations – si elles m’aiment et gardent mes commandements. »
(Exode 20.2-6)
« Le SEIGNEUR adressa la parole à Moïse : ‘Descends donc, car ton peuple s’est corrompu, ce peuple que tu as fait monter du pays d’Egypte. Ils n’ont pas tardé à s’écarter du chemin que je leur avais prescrit ; ils se sont fait une statue de veau, ils se sont prosternés devant elle, ils lui ont sacrifié et ils ont dit : Voici tes dieux, Israël, ceux qui t’ont fait monter du pays d’Egypte.’ »
(Exode 32. 7-8)
« Ecoute Israël ! Le SEIGNEUR notre Dieu est le SEIGNEUR UN. Tu aimeras le SEIGNEUR ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton être, de toute ta force. »
(Deutéronome 6.4-5)
« Non pas à nous, SEIGNEUR, non pas à nous Mais à ton nom rends gloire, Pour ta fidélité, pour ta loyauté. Pourquoi les nations disent-elles : « Où donc est leur Dieu ? » Notre Dieu est dans les cieux ; Tout ce qu’il a voulu, il l’a fait.
Leurs idoles sont d’argent et d’or, faites de main d’homme : elles ont une bouche, et ne parlent pas ; elles ont des yeux, et ne voient pas ; elles ont des oreilles, et n’entendent pas ; elles ont un nez, et ne sentent pas ; des mais, et elles ne palpent pas ; des pieds, et elles ne marchent pas ; elles ne tirent aucun son de leur gosier. Que leurs auteurs leur ressemblent, et tous ceux qui comptent sur elles.
Fils d’Israël ! Comptez sur le SEIGNEUR. - leur aide et leur bouclier, c’est lui ! Maison d’Aaron ! Comptez sur le SEIGNEUR. - leur aide et leur bouclier, c’est lui ! Vous qui craignez le SEIGNEUR ! comptez sur le SEIGNEUR. - leur aide et leur bouclier, c’est lui ! »
Psaume 115 (113 B)
« Imitez Dieu, puisque vous êtes des enfants qu’il aime ; vivez dans l’amour, comme le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même à Dieu pour nous, en offrande et victime, comme un parfum d’agréable odeur. De débauche, d’impureté, quelle qu’elle soit, de cupidité, il ne doit même pas être question parmi vous ; cela va de soi pour des saints. (…) Car, sachez-le bien, le débauché, l’impur, l’accapareur – cet idolâtre – sont exclus de l’héritage dans le royaume du Christ et de Dieu. »
(Epître aux Ephésiens 5.1-5)
Dans le contexte de l’Ancien Testament, l’idolâtrie est l’adoration d’images, de statues et de dieux étrangers. Ainsi le fameux veau d’or, par exemple. En 2008, on peut traduire ces idoles par le culte des marchés ou des stars à la télé, par exemple. Dans le Nouveau Testament, surtout chez Paul, l’idolâtrie ouvre la voie à d’autres péchés, par exemple l’avidité, notamment la soif de l’argent. Si on suit le raisonnement de Paul en particulier, est idole tout ce qui rend esclave.
Mais n’est-il pas exagéré de considérer la confiance placée dans l’argent et les marchés comme une forme d’idolâtrie ? Non, parce qu’il s’agit justement d’une vraie confiance, cultivée de surcroît par de véritables rites, et qui rend relativement fou. Comment comprendre que certaines entreprises ont été valorisées jusqu’à 40 fois leur prix réel avant que la bulle de la spéculation n’explose ? Cette irresponsabilité vient forcément d’une confiance religieuse, aveugle. Pensez à ceux qui osaient contester, pendant des années, la « bien-pensance » néolibérale. Ils étaient considérés comme des personnes gentilles, mais naïves, gauchistes ou mal renseignées, par ceux qui avaient (et qui ont toujours) le pouvoir. Mais ces personnes-là, des économistes, des philosophes, et énormément de chrétiens qui confessent Jésus dans leur vie avaient tout simplement raison. A leur façon, certains ont eu une parole prophétique, notamment ceux qu’on appelle les « théologiens de la libération » en Amérique latine. Ou les Sojourners aux Etats-Unis. Et, bien sûr, beaucoup de chrétiens lambda qui ne cherchent pas à attirer l’attention vers eux. Ces gens ont fait et font toujours de la résistance spirituelle. Ils luttent contre les mœurs du temps, ils cherchent à convaincre leur entourage par un comportement juste, ils s’inspirent de la Bible et ils font tout cela grâce à leur foi reçue de Dieu.
La résistance spirituelle selon Paul
Au lieu de dire « résistance spirituelle », l’apôtre Paul et d’autres chrétiens après lui parlent de « combat spirituel », un terme souvent mal compris. Le « combat » évoque la guerre sainte, mais il n’est pas question de violence physique. Il s’agit au contraire d’une lutte spirituelle et personnelle contre le mal qui risque toujours de prendre le dessus. Ce mal, c’est « le diable » ou « Satan » dans le langage de la Bible. Pour mieux résister au mal, Dieu vous offre la foi et l’Esprit. Paul l’exprime ainsi dans sa lettre aux Ephésiens :
« Revêtez-vous de l'armure de Dieu afin de pouvoir tenir ferme contre toutes les ruses du diable. Car nous n'avons pas à lutter contre des êtres de chair et de sang, mais contre les Puissances, contre les Autorités, contre les Pouvoirs de ce monde des ténèbres, et contre les esprits du mal dans le monde céleste. C'est pourquoi, endossez l'armure que Dieu donne afin de pouvoir résister au mauvais jour et tenir jusqu'au bout après avoir fait tout ce qui était possible. Tenez donc ferme : ayez autour de la taille la vérité pour ceinture, et revêtez-vous de la droiture en guise de cuirasse. Ayez pour chaussures à vos pieds la disponibilité à servir la Bonne Nouvelle de la paix. En toute circonstance, saisissez-vous de la foi comme d'un bouclier avec lequel vous pourrez éteindre toutes les flèches enflammées du diable. Prenez le salut pour casque et l'épée de l'Esprit, c'est-à-dire la Parole de Dieu. » (Epître aux Ephésiens 6.11-17)
Dans l’Histoire de l’Humanité, tout progrès social vient de gens qui ont su mener ce combat spirituel. Ils connaissent évidemment cette célèbre vérité toute simple dite par Jésus :
« Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent. » (Evangile de Matthieu 6.24)
Au sujet de l’argent, sujet passionnant en ce moment, on peut noter que le raisonnement de Jésus n’est pas seulement « spirituel ». Il est fondé sur des profondes vérités psychologiques. L’argent est un dieu qui vous enferme dans la prison de l’égoïsme et du matérialisme. Jésus lui-même n’avait pas d’argent et il ne cherchait pas à en avoir, confiant la gestion à un de ces disciples, probablement Judas. Mais, et c’est important, il montrait par son exemple comment on devrait se comporter dans l’idéal. Il ne cessait de fréquenter toutes les catégories de « pauvres » et de « pécheurs » : les exclus, les prostituées, les malades mais aussi les collecteurs d’impôts (qui avaient beaucoup trop d’argent). Il demandait explicitement aux riches de donner aux pauvres, puis de Le suivre. Certains le faisaient, d’autres non. S’il est difficile parfois de « faire comme Jésus », notre aspiration chrétienne est pourtant d’essayer honnêtement ! Il ne s’agit pas de donner aux pauvres par obligation rituelle ou parce qu’il faut absolument souffrir pour les autres. Le dolorisme n’est pas chrétien. Il s’agit de donner par un réel souci d’autrui et même par plaisir. Dans une perspective chrétienne, l’acte de donner, de soi et de ses biens, à autrui, au nom de notre Seigneur, qui, Lui, a tout donné pour nous pour que nous ayons la vie éternelle, fait précisément partie du sens de la vie. Jésus dit dans l’Evangile de Matthieu :
« Ne vous amassez pas de trésors sur la terre, où les vers et la rouille détruisent et où les voleurs fracturent pour voler. Amassez-vous plutôt des trésors dans le ciel, là où ni vers ni rouille ne détruisent et où les voleurs ne fracturent ni ne volent. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. »
(Matthieu 6.19-21)
Dans l’évangile de Luc, Jésus donne un aperçu d’une philosophie de vie qui nous semble bien plus saine que la course à l’argent et à la prochaine promotion :
« Et vous, ne cherchez pas ce que vous mangerez ni ce que boirez, et ne vous tourmentez pas. Tout cela, les païens de ce monde le recherchent sans répit, mais vous, votre Père sait que vous en avez besoin. Cherchez plutôt son royaume, et cela vous sera donné par surcroît. Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le royaume. » (Evangile de Luc 12.29-32)
Que faire de plus sinon chercher le royaume de Dieu ?
Henrik Lindell
1. L’hebdomadaire très catholique Pèlerin, qui n’est pas connu pour son caractère révolutionnaire, a lancé un appel au chef de l’Etat pour « en finir avec les paradis fiscaux » dans son numéro du 20 novembre. C’est suffisamment rare pour être souligné et encouragé : www.pelerin.info
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Jetez aussi un coup d'oeil dans notre agenda.
Pour aller plus loin, lisez le dernier numéro d’Horizons évangéliques (n° 4), consacré à "l’Argent fou", et le numéro du 20 novembre de l’hebdomadaire Témoignage chrétien (n°3323), qui contient un dossier sur l’idolâtrie et l’argent.
Pour aller beaucoup plus loin, procurez-vous l’excellentissime livre Les pauvres avec nous du théologien Jacques Blandenier (Ed LLB, 2006, 144 pages, 7 euros).
Les photos sont de flickr.com. Elles ont été prises par, dans l'ordre, wa.ti, swamysk, a.drian, eurokiki99, neogabox, obo-bobolina.
Cet article a été mis en ligne le 26 novembre 2008.
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